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[Chronique RH] C'est officiel : il faut (se) coucher pour être augmenté

Christophe Bys

Publié le

[Chronique RH] C'est officiel : il faut (se) coucher pour être augmenté
Cette femme est en train de négocier le montant de sa prochaine prime
© Pixabay

Ne riez pas, c'est moderne donc forcément bien. En plein été, la presse recevait un merveilleux communiqué informant d'une initiative extraordinaire, qui cumulait toutes les scories de la modernité. Une start-up venait de révolutionner les RH avec une idée fabuleuse : faites du sport, dormez bien et vous serez augmenté.

Et pas qu'un peu, puisque précisait la zélée attachée de presse "en fonction de leur nombre d’heures de sommeil ou de leur nombre de séances de sport, les employés pourront gagner près de 190 dollars par mois". De quoi déprimer le président Macron et son adresse aux fainéants et son anté-prédecesseur Nicolas Sarkozy : dans la nouvelle économie, pour gagner plus... il suffit de dormir plus. C'est pas comme ça qu'on va redresser un pays ! 

Bien sûr, tout cela est basé sur la volontariat. Mais bon, les gens étant ce qu'ils sont, leurs temps de sport et de repos sera mesuré grâce à une application. 69 % des salariés de l'entreprise auraient d'ores et déjà accepté cette proposition si on en croît certains de nos confrères. 

Tout cela part de bonnes intentions, dont on sait depuis longtemps qu'elles pavent les rues de l'enfer. Figurez-vous, que la récompense monétaire est le meilleur levier pour motiver les salariés à faire du sport, à bien dormir et sûrement à manger cinq fruits et légumes par jour (mais on n'a pas encore trouvé l'appli pour vérifier la bonne alimentation). 

"L’entreprise disrupte alors totalement le rapport au travail et surtout à l’importance accordée à la santé des employés" conclut le communiqué (il faudrait que la lecture de sornettes soit un jour considéré comme un facteur de pénibilité du métier de journaliste, mais c'est une autre histoire). 

Derrière toute cette opération bien menée, se posent pourtant la question de la séparation entre la vie privée et la vie professionnelle. On sentait bien que la frontière était de plus en plus poreuse, depuis que certaines firmes se sont mises en tête de rendre leurs salariés heureux. C'est la vitesse à laquelle arrive la collision entre les deux mondes qui étonne. De quel droit un employeur se mêle-t-il du temps de sommeil ? De quel droit vient-il indexer l'attribution d'une prime à un comportement strictement privé ? On imagine les dépressions des insomniaques de la dite start-up, qui non content de mal dormir, devront désormais supporter les rictus de leurs collègues qui dorment. 

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