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Christophe Agnus invite les patrons du CAC 40 à venir faire un stage dans sa petite entreprise

Christophe Bys

Publié le

Entretien Président fondateur de Sopixi.fr (service de création de site internet gratuit) l’entrepreneur Christophe Agnus a envoyé aux 40 dirigeants des plus grandes entreprises françaises une offre de stage. Pour lui, les uns et les autres vivent dans des mondes étanches. Il rêve que ceux d’en haut viennent voir comment il travaille, espérant que cela changera leurs pratiques. Il a accepté de répondre à nos questions.

Christophe Agnus invite les patrons du CAC 40 à venir faire un stage dans sa petite entreprise

L'Usine Nouvelle - Pourquoi avez-vous décidé de lancer cette offre de stage pour le moins étonnante ?

Christophe Agnus - J’ai été frappé par les propos de Louis Gallois dans le livre d’Hervé Hamon (*). Sa description du métier de dirigeant de PME m’a semblé particulièrement juste, pleine de bon sens. J’ai travaillé dans des grands groupes, j’ai fréquenté des dirigeants de grands groupes dans ma vie professionnelle. Et aujourd’hui, comme dirigeant d’une entreprise de 14 personnes, je vois la différence. D’un côté, vous avez des dirigeants qui ont une armée de gars ultra compétents autour d’eux et qui prennent des décisions stratégiques. Les responsabilités sont énormes, je ne le nie pas. De l’autre, vous avez le dirigeant d’une petite entreprise qui doit être multitâche, passer en permanence du coq à l’âne. C’est un métier beaucoup plus difficile.

Soit. Mais en quoi cela serait-il utile aux patrons d’entreprises du CAC 40 de faire un stage chez vous ?

Ils ne se rendent pas compte. Faire un stage dans une entreprise comme la mienne les ramènerait aux basiques nécessaires pour comprendre comment fonctionnent leurs clients, leurs fournisseurs, leurs partenaires. Quand ils tardent à payer, ils ne se rendent pas toujours compte de la fragilité de nos trésoreries. De même, quand une petite entreprise veut travailler avec un grand groupe, ce sont des réunions à n’en plus finir avant chaque décision. Nous avons besoin de partenaires qui peuvent décider rapidement.

A qui avec-vous envoyé cette lettre ouverte ?

Aux patrons du Cac 40 et à quelques hommes politiques, Jean-François Copé, Jean-Louis Borloo, Fleur Pellerin et Harlem Désir. Si la Poste a fait son boulot, ils ont normalement reçu mon offre de stage. J’attends maintenant de voir qui aura le courage de passer une demie journée dans mon entreprise.

Et s’ils vous envoient un de leurs cadres dirigeants ?

Cela n’aurait pas de sens. Ce sont les dirigeants qui ont le pouvoir de faire bouger les choses. Un cadre supérieur viendra, il verra... et je crains que cela ne changera rien. A l’inverse, les personnes à qui je propose ce stage ont tous des idées sur la manière de gérer l’économie, sur ce qu’il faut faire. Je les invite à venir voir comment ça marche vraiment. Savent-ils, par exemple, que si chaque petite entreprise créait un emploi, le problème du chômage serait résolu. J’ai l’impression qu’il y a deux mondes qui se côtoient et qui se connaissent vraiment très mal.

Finalement, vous attendez le choc de simplification promis par le président de la République ?

J’aimerais beaucoup qu’il envoie quelques hauts fonctionnaires qui viennent voir comment marche une petite entreprise. J’en ai fréquenté qui disent "mais je sais comment fonctionne une entreprise, j’y ai travaillé", en évoquant un stage de six mois chez Péchiney il y a 20 ans. S’ils pouvaient seulement se rendre compte de l’effet des changements permanents de législation ! Les grandes entreprises s’en moquent, elles ont des armées de juristes. Les petites entreprises non. Elles planifient des projets en anticipant un environnement juridique que le législateur change sans crier gare. J’ai envie de leur dire, je me moque que la réglementation me plaise ou non, pourvu qu’elle ne change plus.

Avez-vous eu de premières réactions de chefs d’entreprises ?

Pour l’instant ce sont essentiellement des copains qui m’ont appelé pour me soutenir, me remercier. Les courriers viennent seulement de partir, il faut attendre un peu.

Vous citez Louis Gallois. L’avez-vous rencontré ?

Pas pour l’instant, mais j’espère y arriver. C’est sa phrase qui m’a fait réagir. Lui au moins a conscience de vivre dans un milieu privilégié. Pour le citer encore, il dit "je dois faire un effort. Oui pour garder les pieds sur terre", car il sait qu’il évolue dans un monde où des gens sont payés pour lui faciliter le travail et que c’est exceptionnel. J’ai une vraie admiration pour lui.

Une différence entre les grands groupes et vous, c’est quand même qu’ils sont dans la mondialisation. Ils portent le pavillon France, vous êtes plus local non ?

Je travaille au développement international. Nous allons nous lancer très prochainement au Royaume-Uni et en Irlande. En juin, ce sera l’Inde et en octobre, je pense qu’on pourra ouvrir notre site au Brésil. Les PME, notamment dans le numérique, sont aussi très présentes à l’international.  

Propos recueillis par Christophe Bys

(*) Ceux d’en haut, Hervé Hamon, Editions du seuil

130411-LettreOuverte by L'Usine Nouvelle

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