L'Usine Maroc

Christine Lagarde loue les progrès économiques du Maroc et encourage la poursuite des réformes

Vincent Souchon , ,

Publié le

En visite au Maroc du 7 au 9 mai, la directrice générale du Fond Monétaire International (FMI) s'est exprimée hier à Rabat devant le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) pour faire part de ses encouragements mais aussi de ses inquiétudes. Si elle se félicite des progrès accomplis par l'économie marocaine lors des trois dernières années, Christine Lagarde met également en garde contre l'appauvrissement de la classe moyenne et l'accroissement du chômage.

Christine Lagarde loue les progrès économiques du Maroc et encourage la poursuite des réformes
Christine Lagarde, directice générale du FMI, est en visite au Maroc du 7 au 9 Mai

"La bonne nouvelle est que sur le front économique, la situation s'améliore comme en témoignent la poussée des exportations, l'augmentation de l'investissement public et les signes précurseurs d'une reprise de l'investissement privé ", a déclaré Christine Lagarde, directrice générale du FMI, en parlant du Maroc dans son discours adressé au CESE à Rabat (disponible sur le site du FMI).

Le FMI entretient une relation particulière avec le Maroc, à qui il a accordé en 2012 une Ligne de précaution et de liquidités (LPL). Un mécanisme financier "d'assurance" pour aider à son développement, que le gouvernement n'a pas encore eu besoin d'utiliser, comme l'a rappelé le minsitre de l'Economie et des Finances Mohamed Boussaïd à la fin de la conférence (voir vidéo ci-dessous).

L'economie marocaine plus dynamique

Devant le CESE, Christine Lagarde s'est félicitée du regain de santé de l'économie marocaine, estimant que le pays a bénéficié des " fruits de [ses] efforts de diversification et de promotion des exportations et de l'investissement public". Le meilleur indicateur de ces changements étant selon elle le dynamisme des "secteurs à forte valeur ajoutée comme les industries automobile, aéronautique et électronique".

Au niveau des différents pays arabes en transition, elle a cependant regretté que cette évolution positive se soit accompagnée d'une forte augmentation du taux de chômage, en particulier chez les jeunes où il atteint désormais 29% au niveau global. Christine Lagarde a également appelé les pays de la région à concentrer leurs efforts sur la classe moyenne et la situation des femmes.

"Dans beaucoup de pays, tels que l’Égypte, la Jordanie ou le Maroc, la part de la classe moyenne dans la richesse sociale est plus faible aujourd’hui qu’elle ne l’était durant les années 1960, et la position relative de la classe moyenne ne s’est pas améliorée depuis les années 1990, alors même que la croissance pendant au moins une dizaine d’années était nettement supérieure à celle observée aujourd’hui", a rappelé la directrice générale du FMI.

Du côté des entreprises, Christine Lagarde a pointé du doigt la disparité du secteur industrielle actuel, partagé selon elle entre "un petit nombre de grandes entreprises dans le secteur formel, et une multitude de petites unités dans le secteur informel". Une situation qui favoriserait  les monopoles étatiques d'un côté et le manque d'investissement de l'autre, entrainant "une moindre productivité et une perte de compétitivité".

La directrice générale du FMI a cité le Maroc en exemple pour sa politique de réduction des subventions : "Ces deux dernières années, il a réussi à réduire les subventions tout en augmentant les dépenses en faveur des programmes destinés à faciliter l'accès des populations les plus pauvres aux services de santé et à l'éducation".

Pour améliorer la situation économique, le FMI préconise un allègement de la réglementation, un abaissement des barrières tarifaires  et un système de financement plus efficace de favoriser le climat des affaires et le développement des infrastructures. Christine Lagarde a également invité les Etats et les entreprises à agir en faveur de l'emploi des jeunes et à appliquer les règles et les législations avec plus de rigueur et d'impartialité, sans quoi "elles perdront de leur efficacité et de leur légitimité"

En route pour  la grande conférence régionale d'Aman en Jordanie, la patronne du FMI a profité de trois jours de halte à Rabat pour rencontrer différents responsables marocains, dont le chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane, le ministre de l'Economie et des Finances Mohamed Boussaïd, le président du CESE et le Gouverneur de la banque centrale Bank al-Maghrib.

Vincent Souchon

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