Economie

Christian Streiff bouscule la culture PSA

, , , ,

Publié le

Le patron du constructeur français doit dévoiler demain matin sa stratégie à l'horizon 2015. A la tête du groupe depuis neuf mois, il a déjà fait évoluer les mentalités.

Christian Streiff bouscule la culture PSA

A quelle sauce, Christian Streiff va-t-il manger PSA ? Les 200 000 salariés de Peugeot et de Citroën le sauront demain matin quand leur P-DG lèvera le voile sur la stratégie du groupe à l'horizon 2010-2015. Une chose est sûre : l'ex-patron d'Airbus ne devrait pas les ménager outre-mesure. Depuis son arrivée à la tête du constructeur en janvier, Christian Streiff a largement bousculé la culture PSA.

Premier fait d'armes du turbulent patron ? Il lance, dès son arrivée, dix équipes transversales chargées d'identifier les gisements de progrès. A partir de leurs travaux, Christian Streiff bâtit son plan de relance qu'il présente en mai dernier sous le nom de Cap 2010. Objectif numéro un : développer les synergies entre les deux marques pour faire de PSA un seul et même groupe. « Tout ce que le client final ne voit pas entre les deux marques : ressources humaines, commercial etc » sera mis en commun, précise-t-il alors.

"Amener la voiture de l'idée à la rue"

Deuxième potentiel à explorer : le développement des nouveaux modèles. Le temps et les coûts dédiés à cette activité devront être réduits d'un tiers d'ici à 2010. Sur cette même période, PSA prévoit de lancer 41 modèles dont 21 rien qu'en Europe. Pour tenir cet objectif, le constructeur travaillerait actuellement « sur un projet pilote de développement de 144 semaines pour amener la voiture de l'idée à la rue », selon son PDG.

Dernier gisement identifié, la réduction des coûts devrait toucher toutes les strates du groupe. Les frais fixes devront ainsi baisser de 30% d'ici à 2010. Un plan de départs volontaires a été programmé en ce sens et devrait permettre au groupe de se délester de 4 800 emplois en France d'ici à la fin de l'année.

Côté achats, les efforts de productivité devraient permettre d'abaisser les coûts de 6% par an (contre 4% jusqu'ici). Christian Streiff a également annoncé un changement dans la relation avec les fournisseurs. PSA sera plus intrusif en cas de dérive de la qualité avec des « ripostes graduées en fonction des dérives constatées par les commandos qui seront mis en place ». L'objectif étant de diviser par deux le nombre d'incidents qualité sur la première année de vie du véhicule et les coûts de garantie d'ici à 2010.

La méthode, jugée parfois brutale par ses collaborateurs, épargne cependant les usines françaises. Un temps redoutées, les fermetures de site sont loin d'être un objectif en soi pour le patron de PSA. « Chaque usine est passée au crible pour que les frais fixes de chaque entité corresponde à son niveau de production. Ça me paraît plus efficace que de fermer une usine. »

Thibaut De Jaegher, avec Pierre-Yves Bocquet

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte