Christian Estrosi: "Le droit de grève n'est pas un droit de blocage"

A l'occasion des Assises de l'industrie, Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, évoque les clefs pour que la France retrouve sa stature de puissance industrielle, sur fond de grève et de blocages des raffineries.

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Christian Estrosi:

Ce matin, Christian Estrosi a ouvert les Assises de l'industrie. Pressé par le temps, par peur de ne pas parvenir à l'aéroport à temps du fait de blocages routier, le ministre est lui aussi touché par les grèves. Elles sont dans tous les esprits. Actuellement, sur 13 200 stations services, 3 200 ne sont pas approvisionées alors que les vacances de la Toussaint arrivent. Et "100 millions d'euros par jour sont perdus dans l'industrie de la chimie", ajoute le ministre. Pour lutter contre la pénurie, le gouvernement a opté pour le déblocage des dépôts des raffineries. Pas question de céder à la pression sociale. "Cette nuit encore, nous avons débloqué des dépôts importants. Je tiens à rappeler que le droit de grève n'est pas un droit de blocage" assène Christian Estrosi.

Malgré cette grève qui ralentit la France, le ministre se veut tourné vers l'avenir. Un avenir prometteur dans son esprit : « Je crois que nous pouvons permettre à la France de redevenir une grande puissance industrielle », a affirmé Christian Estrosi en s’adressant aux patrons présents. Il promet un « Etat protecteur » et « non protectionniste ». L’Etat se ferait alors accompagnateur des décideurs pour développer l’esprit d’une équipe de France industrielle.

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Voici les quelques pistes qu’il a décliné pour y parvenir :

Culture du résultat. En créant le premier observatoire du « Produit en France », Christian Estrosi entend imposer « une culture du résultat au gouvernement actuel et ceux à venir. » Tous les six mois, cet observatoire rendra public un rapport. Le gouvernement aura donc des comptes à rendre.

Coût du travail. « Cet observatoire nous a appris que les produits français avaient 75% de composants produits en France en 1999. Nous n’en avons plus que 69%. La perte de 6 point correspond à la destruction de 550 00 emplois dans le secteur industriel », dénonce le ministre. Pour lui, cette perte est due à un recul de la compétitivité française en matière de coût du travail. Selon lui, le coût du travail en 1999 était 10% inférieur en France par rapport à son voisin outre-Rhin. « Mais cet avantage compétitif a été perdu avec les 35 heures. »

Filières industrielles. Autre talon d’Achille de l’industrie française : l’absence de filière complète. « Par exemple, dans la santé, on ne trouve plus de machines-outils françaises », critique le ministre. Sa solution ? La création des comités stratégiques de filières.

Bataille de l’innovation. « J’étais plus inquiet de la sortie de crise que de la crise elle-même. Si nous perdions la bataille de l’innovation, cela serait terrible », confie Christian Estrosi. Il s’estime vainqueur de cette bataille, même si le combat continue. Il cite l’exemple de l’industrie automobile dont « le design ne faisait pas envie ». « Mais, en moins de deux ans, vous avez réussi à présenter [au mondial de l’automobile] des modèles un cran au-dessus de la compétition internationale », félicite le ministre.

Crédit impôt recherche. « Cette nuit, à l’Assemblée nationale, les parlementaires ont décidé de ne pas porter atteinte au crédit impôt recherche », annonce fièrement le ministre qui dit s’être « battu contre une suppression contre productive. »

Banques. « Les banques ne jouent pas le jeu du financement des entreprises industrielles», dénonce encore le ministre. Elles ne prennent pas le risque de financer des projets innovants. « L’Etat a accompagné les banques pendant la crise, nous leur demandons en contre-partie de prendre ce risque, qui peut rapporter beaucoup », rassure-t-il devant un parterre d’industriels.

Morgane Remy

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