Christian Estrosi lance l'Observatoire du Fabriqué en France et s'en prend à Renault

Quelques semaines après l'installation de la Conférence nationale de l'Industrie, le ministre a jeté les bases d'un observatoire qui prétend jauger la santé de la production française à l'aune de plusieurs indicateurs. L'occasion, pour Christian Estrosi, de déplorer la perte de 600.000 emplois pendant la décennie écoulée et de décocher des flèches contre Renault, plus particulièrement le projet de la Zoé qui sera produite à Flins à partir de 2012.

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Christian Estrosi lance l'Observatoire du Fabriqué en France et s'en prend à Renault

Un «Observatoire du Fabriqué en France», avec son lot de statistiques et de comparaisons renouvelées scrupuleusement chaque année : n’est-ce pas la dernière marotte du ministre de l’Industrie toujours prompt à faire des annonces à haute teneur médiatique?

L’Observatoire en question a été présenté, officiellement, le 31 août 2010. Et la polémique a soufflé dans les voiles des propos de Christian Estrosi quand il a admis - lors d’une conférence de presse - «revendiquer une dose de protectionnisme » dans sa croisade pour le redéploiement des usines françaises.
Toujours est-il que la création de l’Observatoire du Fabriqué en France répond au diagnostic d’une désindustrialisation de la France qui taraude le ministre : «La perte dramatique de parts de marché de notre industrie au cours des dix dernières années.» Voilà pourquoi, a souligné Christian Estrosi, une telle initiative se concrétise quelques semaines après l’installation de la Conférence nationale de l’Industrie.

Onze filières stratégiques

Les onze filières stratégiques au sein l’industrie française feront l’objet d’une veille constante au sein même de l’Observatoire : automobile, aéronautique, ferroviaire, construction navale, technologies et services de l’information et de la communication, mode et luxe, biens de consommation, chimie et matériaux, santé, agroalimentaire. Il s’agira de suivre, année après année, l’évolution de la situation à travers l’élaboration de trois graphiques, ou plutôt des «indicateurs». D’abord, la part française des produits fabriqués en France. Ensuite, le positionnement des filières françaises dans les échanges mondiaux. Enfin, la vision des consommateurs.

Le mardi 31 août, le ministre a pointé du doigt les trois indicateurs initiaux qui comparent chacun la trajectoire décrite par les onze filières entre 1999 et 2009. Il suffit d’y jeter un coup d’œil pour se convaincre d’une régression quasi générale de la position française, ainsi décrite par Christian Estrosi : «Un recul global des exportations des produits français se conjugue à l’augmentation des importations de produits étrangers dans notre consommation nationale.» Et le ministre de s’indigner : «Exporter moins, importer davantage, c’est le signe d’une économie qui s’était progressivement détournée du «Fabriqué en France». Selon Christian Estrosi, la conséquence a été la destruction de 600 000 emplois dans les sites de production en dix ans ! Or, la stratégie industrielle défendue par le gouvernement Sarkozy vise à accroître de 25 % la production hexagonale à l'horizon 2015.

Part de composants français insuffisante

Rares sont les filières qui parviennent à trouver un juste équilibre entre les importations et les exportations : aéronautique, industries santé, ferroviaire et l’agroalimentaire tirent leur épingle du jeu de la mondialisation.

Le ministre s’en est pris au secteur automobile, qui figure au nombre des filières globalement importatrices. Et il a décoché d’insistantes flèches contre Renault, évoquant la nécessité absolue de réduire le décalage qui peut exister entre le comportement d’une filière et celui de certains acteurs œuvrant en son sein. «A la lecture de ces tableaux, vous comprendrez sans doute pourquoi j’ai tant insisté pour que Renault revoie la part de composants français dans la Zoé électrique qui sera produite à Flins.» (Ce véhicule électrique sera assemblé à l’usine de Flins à partir de 2012.) Comment comprendre, en effet, que lorsque la filière automobile française consomme, en moyenne, 64% de composants français, on puisse imaginer un véhicule dit « Fabriqué en France » avec seulement 40% de composants produits sur notre territoire?»

A la fin de son discours, le ministre a fait miroiter l’un des outils figurant dans cette trousse de sauveteur au chevet de l’industrie française : le dispositif des aides à la réindustrialisation permet de co-financer jusqu’à 60% de l’investissement des PME et des ETI (entreprises de taille intermédiaire) lorsqu’elles décident de réinvestir en France et d'y créer des emplois. «Grâce aux 200 millions d’euros qui lui ont été consacrés, ce dispositif devrait permettre de soutenir une quarantaine de projets de réindustrialisation avec la création de 2 000 emplois d’ici trois ans.»

Malgré les belles paroles prononcées et les efforts louables ainsi affichés, on sera encore loin des 600.000 emplois industriels qu’il faudrait, logiquement, recréer afin d’annuler les effets de la désindustrialisation survenue pendant la décennie écoulée…

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