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Choisy, Dieppe, Flins… Renault va-t-il fermer des usines en France ?

Julie Thoin-Bousquié , , ,

Publié le

Dans le cadre de son plan d’économies, Renault pourrait annoncer plusieurs fermetures d’usines en France, à Caudan (Morbihan), Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) et Dieppe (Seine-Maritime). L’usine de Flins (Yvelines), qui produit la Zoé, cesserait la production de véhicules.

Choisy, Dieppe, Flins… Renault va-t-il fermer des usines en France ?
L'usine de Dieppe, qui fabrique l'Alpine A110, va-t-elle fermer ses portes ?
© Pascal Guittet

Renault va-t-il bel et bien fermer des usines en France, comme l’avait suggéré sa directrice générale par intérim, Clotilde Delbos, lors de l’annonce des résultats financiers en février ? C’est ce qu’affirment plusieurs articles parus dans la presse mardi 19 et mercredi 20 mai, dont ceux du Canard Enchaîné et des Echos. Dans le cadre du plan d’économies de deux milliards dont les détails doivent être révélés la semaine prochaine, le constructeur automobile français pourrait annoncer la fermeture d’au moins trois usines tricolores.

L’usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) dont les 260 salariés sont spécialisés dans la rénovation d’organes mécaniques serait concernée par cette décision, ainsi que les fonderies de Bretagne à Caudan (Morbihan) et leurs 390 employés. Sans oublier la célèbre usine d’assemblage haut de gamme de Dieppe (Seine-Maritime, 400 salariés), qui avait pu repartir grâce à la renaissance de la marque Alpine et de son nouveau modèle phare… Mais pas assez, semble-t-il, pour la sauver d’un arrêt d’activité "dans un horizon assez proche", selon les informations des Echos.

Fin de l’assemblage à Flins ?

La dernière usine concernée serait celle de Flins (Yvelines), qui produit rien de moins que la Renault Zoé, le modèle électrique phare du constructeur au Losange. Celle-ci ne devrait pas fermer, mais cesser son activité d’assemblage de véhicules finis pour se voir confier d'autres activités. Certain journaux évoquent la possibilité d’un transfert des activités de Choisy-le-Roi. Pas sûr que cela suffise toutefois à occuper la totalité des 2 600 salariés de l’usine, inquiets de l’avenir de l’usine depuis le transfert des dernières Renault Clio made in France dans les usines turque et slovène.

En 2019, l’usine affichait un taux d’utilisation de l’ordre de 66 % pour une production d’un peu plus de 160 000 véhicules sur la période, d’après les estimations du cabinet Inovev. "Le niveau de Flins reste encore bon en 2019. Mais le départ de la Clio en Turquie et en Slovénie va faire baisser les volumes de production. Par ailleurs, les ventes de la Nissan Micra ne sont pas celles attendues. Même avec une forte croissance des ventes, la Zoé ne comblera pas l’écart", relevait en février dernier pour L’Usine Nouvelle Jean-Michel Prillieux, directeur du marché automobile chez Inovev.

Des "rumeurs" pour Renault et Pénicaud

Une baisse de production d’autant plus préoccupante pour l’usine de Flins que de lourds investissements sont réalisés pour assurer la production des futurs véhicules électriques dans une autre usine française en sous-régime, dans le Nord à Douai (43 % de taux d’utilisation en 2019 selon Inovev). Renault pourrait aussi couper dans son ingénierie, réunie notamment en France sur le site de Guyancourt (Yvelines), et qui pourrait "représenter jusqu'à un tiers des économies à trouver", d’après une source interrogée par Les Echos.

Interrogée par L’Usine Nouvelle, une porte-parole se refuse à commenter "des rumeurs" et indique que des "précisions seront apportées la semaine prochaine", lors des présentations des plans de l’Alliance et de Renault. Et de mettre en avant la création d’une unité de production de masques à Flins, qui peut concevoir jusqu’à 1,5 million de masques "de type chirurgical par semaine" pour subvenir aux besoins des sites industriels, concessions et bureaux en France et en Europe. Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a également déclaré qu'il ne fallait pas "se précipiter sur les rumeurs"

Prêt garanti de 5 milliards d’euros

Des décisions qui interviendraient alors que Renault doit bénéficier d’un prêt garanti par l’Etat de cinq milliards d’euros. Fin avril, Clotilde Delbos avait déjà prévenu précisé que ce "filet de sécurité" n'était pas lié aux deux milliards d'euros d'économies prévues et des décisions qui pourraient donc en découler. Avec ce plan d’économies dont les conséquences pourraient être très lourdes pour le tissu industriel français, Renault cherche à redresser ses mauvaises performances. En 2019, le groupe a accusé sa première perte nette en dix ans et ses résultats du premier trimestre ont pâti du Covid-19.

Pour le gouvernement, ces décisions de fermetures interviendraient au pire moment. Depuis plusieurs mois, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire demande à l’industrie automobile de relocaliser sa production. Le responsable politique souhaite notamment assortir les mesures de soutien au secteur, qui devraient bientôt être dévoilées, à des contreparties en matière de localisation en France de la production. Dans un rapport remis au gouvernement, l’ancien responsable de la stratégie de Faurecia, Hervé Guyot, estime que la France a ses chances dans l’assemblage de véhicules électriques.

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