Economie

Chine: "Il n'y a pas de honte à être le VRP de l'industrie française"

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Entretien

Chine: Il n'y a pas de honte à être le VRP de l'industrie française © AFP /CHARLES PLATIAU

Le président français, Nicolas Sarkozy, a affirmé que la Chine ne devait " pas être vécue comme un risque mais comme une opportunité", aujourd'hui, à quelques heures du début d'une visite d'Etat du président chinois Hu Jintao en France. Avec le président chinois, " nous allons signer des contrats très importants, nous allons engager des discussions très importantes à la veille de la prise par la France de la présidence du G20" a-t-il ajouté. Et de conclure : " C'est très lourd ce qui se prépare".

Le VRP Sarkozy a parlé. Et en amont de cette visite présidentielle, une préparation de l'association du Medef Comité France-Chine va faciliter les contacts entre industriels des deux pays. En période de crise, cette rencontre politique au sommet est présentée comme une opportunité économique et industrielle. Xavier Fels, vice-président du Comité France-Chine nous explique les rouages d'un tel évènement.

Le comité France Chine mène-t-il une action de lobbying ?
«Oui. Aux côtés de l’ambassade de France en Chine, du Medef international, de Ubifrance, nous travaillons en permanence avec les autorités et les industriels chinois pour y développer notre présence. Le Comité France Chine fait un travail de longue haleine. Par exemple, tous les ans, nous publions une analyse des instances gouvernementales et locales chinoises pour aider les entreprises françaises à s’y retrouver.»

Vous êtes le vice-président le Comité France-Chine. Comment cette association du Medef vit-elle la visite officielle de Hu Jintao ?


Nous sommes satisfaits. Les deux pays sont en train d’opérer un rapprochement et cette rencontre dissipe les derniers malentendus entre la France et la Chine. Maintenant, nous espérons à la fois la signature de contrats majeurs et un petit coup de pouce dans les projets en cours. La présence de Hu Jintao en France permet aux industriels de lever la difficulté de l’échelon intermédiaire de l’administration chinoise et de traiter directement avec leurs interlocuteurs.


Quel est l’action du Comité lors de cette visite de Hu Jintao ?


Nous avons préparé les étapes préalables du voyage en travaillant directement avec la Chine. Et l’action du Comité continue pendant le séjour du président de la République populaire de Chine. Par exemple, samedi matin, à Carros, un rendez-vous a été organisé pour lui présenter une voiture hybride diesel  rechargeable et une borne de recharge. Seront présents Philipe Varin, le PDG de PSA, et Jean-pascal Tricoire, le PDG de Schneider Electric et Président du Comité France Chine.


Donc le secteur automobile sera également bénéficiaire de cette visite ?


La Chine est le premier marché automobile du monde, et également, le premier producteur. En termes de marchés, il faut y vendre nos produits. En termes de production, c’est un acteur majeur avec lequel on peut collaborer dans des joint ventures. Cela permet une synergie entre nos technologies et leur connaissance du marché chinois. La voiture individuelle se développe rapidement. Il faut anticiper les besoins du marché en comprenant, voire en anticipant, les besoins des consommateurs chinois. Leurs représentation de la consommation est en train de se former. Dans le monde de l’automobile, c’est fascinant.


On comprend l’intérêt des Français à travailler avec les Chinois mais quel est l’intérêt pour la Chine de travailler avec les Français ?


S’ils travaillent avec nous, c’est qu’ils y trouvent leur intérêt. Dans le secteur automobile, il y a beaucoup de technologie et, même s’ils ne le disent pas, les chinois sont contents d’avoir un partenaire plus avancé. Il faut noter que  les Chinois ont progressé dans le domaine de la défense de la propriété intellectuelle et la protection des technologies.


Dans ce genre de sommet entre chefs d’Etat, quelle est la marge de manœuvre des industriels ? Et Nicolas Sarkozy est-il un VRP de notre industrie ?


Ce sont les industriels qui signent les contrats en présence des chefs d’Etats et pas l’inverse. Dans le secteur nucléaire, parce qu’il est stratégique, la puissance publique a bien sûr son mot à dire. Ensuite, oui, l’Etat encourage ces transactions. Il n’y a pas de honte à être le VRP de l’industrie française. L’Etat facilite les contacts, fait connaître les pôles de compétences de la France. C’est une façon de valoriser les actifs industriels de la France. Nous en avons besoin. Nous importons trois fois plus que nous exportons avec la Chine : 7,9 milliards d’euros de produits exportés contre 29,8 milliards à l’importation. Il faut améliorer nos exportations pour rééquilibrer cette balance des échanges et ce voyage diplomatique y est très favorable.


Propos recueillis par Morgane Remy
 

Hu Jintao, l'homme le plus puissant du monde.

Le président chinois Hu Jintao se place désormais en tête du classement du magazine Forbes des personnalités les plus puissantes de la planète. Il détrône son homologue américain Barack Obama, victime de la victoire du camp républicain aux élections législatives de mardi.
Forbes indique que le président Hu "exerce un contrôle quasi-dictatorial sur 1,3 milliard de personnes, un cinquième de la population mondiale". "Contrairement à ses homologues occidentaux, Hu peut détourner des rivières, construire des villes, mettre en prison des dissidents et censurer internet sans ingérence des bureaucrates agaçants ou des tribunaux", assure le magazine.

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