CHIMIERHÔNE-POULENC ET DU PONT PRIS DE COURT PAR BRUXELLESDe nouvelles exigences de la Commission ont conduit Rhône-Poulenc et Du Pont à abandonner leur projet d'investissement commun d'acide adipique.

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RHÔNE-POULENC ET DU PONT PRIS DE COURT PAR BRUXELLES

De nouvelles exigences de la Commission ont conduit Rhône-Poulenc et Du Pont à abandonner leur projet d'investissement commun d'acide adipique.



Chalampé sera la première victime du refus de la Commission de l'Union européenne de donner son feu vert à la création d'une société commune à 50-50 entre Du Pont et Rhône-Poulenc pour la production d'acide adipique sur le site alsacien du groupe chimique français. Une coopérative de production pour cet intermédiaire dans la chaîne de fabrication du polyamide 66 (le nylon) était, pour les deux groupes, complémentaire de l'association qu'ils avaient conclue en 1974 en créant Butachimie, leur filiale commune qui produit également à Chalampé le HDM (hexaméthylénediamine), l'autre constituant indispensable. La nouvelle société commune aurait, selon les deux promoteurs du projet, "conforté les mille emplois existants sur le site de Chalampé", qui produit l'acide acétique de Rhône-Poulenc (200000tonnes de capacité). Les 600millions de francs qui devaient y être investis, à parité entre les deux partenaires, et qui leur auraient permis de détenir la moitié de la capacité mondiale devaient entraîner la création, d'ici à la fin de 1996, de 200 à 300emplois dans l'industrie régionale pour la construction d'une capacité additionnelle de quelque 100000tonnes. Rhône-Poulenc sera, dans l'immédiat, le moins touché par la mauvaise volonté de Bruxelles d'entériner cette alliance franco-américaine en posant in fine de nouvelles conditions jugées irrecevables le 23juin par les deux entreprises (une quinzaine avaient déjà été accepté depuis six mois). Une centaine de millions de francs vont être consacrés par le leader de la chimie française, ces prochains mois, à la poursuite de la modernisation du site du Haut-Rhin. Du Pont, en revanche, va devoir redéfinir d'urgence sa stratégie. La solution qui semble la plus propable: de massifs investissements sur le site de Wilton, en Grande-Bretagne, que le leader de la chimie américaine a racheté en 1993 à ICI et qu'il devait fermer avant la fin de 1997, pour cause "de coûts substantiellement désavantageux" avec 700suppressions d'emplois à la clé. Du Pont, s'il juge trop coûteuse la reconversion du site britannique, pourra aussi faire appel à ses autres unités de production d'acide adipique à Victoria et à Orange au Texas, à Maitland au Canada ou à Singapour. A moins que le géant de Wilmington, Delaware, ne décide au bout du compte de s'approvisionner auprès des autres producteurs européens. Parmi ceux-ci, BASF, le leader dans ce domaine. Ou Rhône-Poulenc, son outsider. La Commission fera de toutes façons, un heureux: l'américain Monsanto, numéro 2 mondial de l'acide acétique qui -paradoxe- n'est pas implanté en Europe. Alain Jemain

USINE NOUVELLE N°2509

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