ChimieHoechst accélère sa restructurationRoussel-Uclaf pourrait en profiter pour étendre son périmètre d'activité dans la pharmacie.

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Hoechst accélère sa restructuration

Roussel-Uclaf pourrait en profiter pour étendre son périmètre d'activité dans la pharmacie.

Le groupe allemand Hoechst et sa filiale française Roussel-Uclaf vont restructurer en commun leurs activités pharmaceutiques en Europe. Objectif: regrouper leurs deux organisations, pays par pays, sous la houlette de l'un ou de l'autre. A l'évidence, Hoechst gardera la haute main sur l'Italie, où il est fortement implanté. Mais il pourrait céder le leadership à Roussel en Grande-Bretagne et dans d'autres pays européens. Les deux groupes envisagent une redistribution des cartes. Mieux intégré dans Hoechst, et allégé de son agrochimie (qui rejoint la nouvelle alliance Hoechst-Schering), Roussel-Uclaf pourrait voir exaucer son voeu d'élargir son périmètre d'activité dans la pharmacie. Cette réorganisation - qui s'accompagne d'une rationalisation de la production en cinq sites (trois Roussel, deux Hoechst) et d'un partage des tâches accru dans la recherche (les travaux sur les antibiotiques revenant en totalité à Roussel-Uclaf) - est significative de la volonté de l'allemand de donner un coup d'accélérateur à ses efforts de restructuration. L'an dernier, il a regroupé ses forces dans la PVC avec sa filiale Wacker et s'est allié dans l'agrochimie avec Schering. Dans les fibres - où il a supprimé 2000emplois sur 7000 -, il se prépare à s'associer avec le britannique Courtaulds dans les fibres acryliques et la viscose. Cette restructuration, qui a entraîné des dépenses de 3,4milliards de francs l'an dernier, n'a pas encore porté ses fruits. Des trois grands chimistes allemands, Hoechst est celui qui a le plus mal passé 1993. Bayer continue de bénéficier de la moindre vulnérabilité de son portefeuille d'activités aux aléas conjoncturels. BASF, au prix d'une sévère rationalisation (qui a amputé de 9% ses effectifs), est sur la voie du redressement. Le groupe Hoechst voit son résultat net reculer de 36% et enregistre même une perte d'exploitation au niveau de sa maison mère. La faiblesse de la demande européenne dans les fibres et les matières plastiques a pesé sur ces résultats. Désagréable surprise pour Hoechst: les polymères de grande diffusion (polyéthylène, polypropylène) n'ont pas été les seuls à perdre de l'argent, les plastiques techniques, censés mieux résister à la crise, en ont fait autant. Les difficultés de l'industrie automobile et la pression à la baisse des prix qu'elle exerce sur ses fournisseurs en sont responsables. C'est donc sur une baisse des profits (et un nouvel accident sur la plate-forme de Francfort) que Wolfgang Hilger cède à Jürgen Dormann la présidence du directoire du groupe chimique. Mais il lui lègue une situation financière saine, un cash-flow (18milliards de francs) qui couvre largement les besoins d'investissement et un carnet de commandes en amélioration. Un bilan qui n'est pas si négatif.



USINE NOUVELLE - N°2450 -

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