Chimex : une usine L’Oréal "100 % eaux propres"

Le 19 octobre, un « jardin de phytorestauration » était inauguré sur l’usine pyrénéenne de chimie fine de Mourenx de Chimex. Cette technologie, signée Phytorestore combinée à un système de prétraitement de l’eau, permettra à cette usine de restaurer 100 % de ses effluents au milieu naturel.

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Chimex : une usine L’Oréal
Doc. Chimex - Usine de Mourenx.

Après ses usines française de Vichy et belge de Libramont (lire encadré), L’Oréal vient d’inaugurer à Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques, un programme de protection de l’environnement "sur-mesure" pour son site Chimex.

En 2009, Mourenx lance donc l’opération "100 % eaux propres". Dans cette usine, en plus de l’utilisation du ferroutage, qui diminue de 82 % les émissions de C02 pour l’activité de transport des marchandises, on décide d’expérimenter une combinaison d’un prétraitement de l’eau, couplé à un traitement final en "jardin de phytorestauration".

Pour Jean-Philippe Blanpain, directeur général des opérations du groupe L’Oréal, "avoir un vrai jardin dans une entreprise de chimie fine, doit aussi contribuer à modifier l’image du monde de ces industries que l’on oppose souvent au respect environnemental".

L’unique sous-traitant interne de chimie fine de L’Oréal, qui compte 220 salariés sur trois sites (dont 140 à Mourenx) produit 72 molécules chimiques actives, utilisées dans la fabrication de cosmétiques, comme par exemple des filtres solaires. Sur ce site, les matières premières sont transformées pour fournir 42 références différentes.

Le process utilise toutefois 22 000 mètres cubes d’eau par an et en rejette tout autant. "Seule une très faible partie des eaux consommées par l’usine rentre dans la composition des produits finis", précise Philippe Lemaire, directeur du site depuis décembre 2010. 15 000 mètres cubes finissent dans une station d’épuration biologique. Les 30 % des effluents non-biodégradables et contenant des molécules complexes sortant des unités 1 et 2 étaient jusque-là difficilement traités ou incinérés.

Un nouveau processus de traitement combiné en deux phases

Deux acteurs participent au challenge. Orège, une PME française de 42 salariés spécialisée en traitements des mélanges aqueux industriels, met en place un prétraitement pour les 30 % des effluents les plus complexes. Elle utilise des technologies de ruptures : électrolyse, stripping et oxydation. Une fois sortie de ce dispositif, l’eau usée libérée d’une partie de ses déchets chimiques entre dans le "jardin de phytorestauration" installé par la société française Phytorestore.

La première étape du process consiste au passage des effluents dans deux filtres composés de substrats (pouzzolane, galets et graviers fins) et de plantes. Sur ces dernières, des bactéries situées en surface vont alors ingérer les traces de produit chimique restantes. Au total, 94 % de la demande chimique en oxygène total est absorbée.

Enfin, ce processus s’achève par l’étape du taillis à courte rotation où des aulnes, frênes et saules qui détiennent des fortes propriétés d’évapotranspiration assureront l’évacuation de l’eau devenue pure, dans l’air. "Cette démarche a déjà été appliquée sur 150 références, notamment chez Merck et Rhodia", explique Frédéric Baudrier, patron de Phytorestore, très sollicité sur ces sujets.

Désormais, "trois mois de fiabilisation des installations seront nécessaires avant d’améliorer les procédés", pour reprendre les termes de Karine Melloul, directrice de Chimex, qui compte deux autres sites, au Thillay (Val-d’Oise) et à Tours (Indre-et-Loire). A terme, la phase d’évapotranspiration devrait être substituée par un tuyau qui emmènerait l’eau propre à l’intérieur de l’usine afin d’être réutilisée dans le processus de transformation des matières premières, en circuit fermé. Si tout cela fonctionne, la dirigeante imagine déjà que "cette solution innovante pourrait être dupliquée dans d’autres usines".

L’Oréal : un bilan environnemental à mi-parcours
Le site belge de Libramont a été le premier à devenir neutre en émissions de carbone, grâce à l’utilisation de la biométhanisation. A l’horizon 2012, le même objectif est fixé au site de Burgos (Espagne) avec, pour y parvenir, l’installation de panneaux solaires, l’utilisation des biocarburants ou de la biomasse. Au Mexique, 2 600 mètres carrés de panneaux photovoltaïques sont installés. En Inde, à Poune, on applique la vermiculture...
Le numéro un mondial de la cosmétique en est à la moitié du chemin ! « Pour parvenir à ses gageures éco-responsables, à savoir la réduction de 50 %, au niveau mondial, des gaz à effet de serre, des déchets générés et de la consommation d’eau par unité de produit fini entre 2005 et 2015, nous adaptons localement différentes solutions », rappelle Miguel Castellanos, directeur mondial Environnement-Hygiène-Sécurité de L’Oréal. Pour l’instant, le groupe affiche 27,8 % d’émissions de CO² en moins, 19,2 % d’eau utilisées en moins et 17,2 % de déchets par unité produite, des performances réalisées depuis 2005.
"Notre but est de devenir indépendant des énergies fossiles fortement carbonées et compenser avec des énergies renouvelables" [hydro, solaire et nucléaire], rappelle Ariane Thomas, la directrice Environnement de L’Oréal. "Aux Etats-Unis, où l’on produit 1,2 milliard de produits finis sur nos 5 milliards totaux en raison de l’utilisation massive d’énergies fossiles, on table plutôt sur une diminution de 30 % des émissions de gaz à effet de serre, que l’on compensera par 70 % de réduction en Europe".


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