Quotidien des Usines

Chez Veninov et Photowatt, deux ministres s’engagent...

, , , ,

Publié le

Chez Veninov et Photowatt, deux ministres s’engagent...
Xavier Bertrand, ministre du Travail lors de sa visite à Photowatt.

« Veninov vivra ! ». C’est le leitmotiv des 87 salariés de Veninov, le fabricant français de toile cirée, liquidé en juillet dernier. Ils occupent leur usine depuis plus de quatre mois. Mais, c’est aussi ce qu’a déclaré en substance le ministre de la Ville, Maurice Leroy en visite à Vénissieux (Rhône).

Venu pour s’exprimer sur les thèmes de la rénovation urbaine et de la cohésion sociale, le ministre en a profité pour rencontrer les salariés de l’usine, au cours d’une table ronde qui a duré « un bon quart d’heure » déclare-t-on au cabinet ministériel. Maurice Leroy s’est dit déterminé à sauver une entreprise perçue comme un « fleuron dans son domaine industriel ». Il s’est de même engagé à intervenir auprès du ministre de l’Industrie Eric Besson.
« Pour l’instant, cela reste un discours, même si cela met un bon coup de projecteur sur l’usine », souligne Stéphane Navarro, délégué CGT chez Veninov. Mercredi, le tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) a désigné un expert comptable pour l’aider à fixer la date de cessation de paiement de Veninov.

De leurs côtés, les salariés restent confiants : « Nous avons eu hier soir un rendez-vous en préfecture où nous avons appris qu’un projet d’accord existait entre Gordon Brothers [le fond de pension américain créancier du groupe Alkor Venilia, détenteur de Veninov, ndlr] et Windhager, le repreneur autrichien éventuel ». Seraient en négociations, le prix de cession, ainsi que les statuts juridiques.
« Eventuellement, reprend Stéphane Navarro, nous pourrions être dissociés du groupe pour être repris».
Les salariés attendent un signe symptomatique d’un projet de rachat : un redémarrage du chauffage, par exemple. « Ça serait la preuve que l’outil de production est conservé, et donc celle d’un espoir de reprise de l’activité ».

Xavier Bertrand se saisira du dossier Photowatt

Un jour plus tôt et à quelques kilomètres de là, c’est dans le département de l’Isère, à Bourgoin-Jallieu, que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, effectuait une visite à l’usine de la société Photowatt, placée en redressement judiciaire en novembre.
« C’est le collectif « SuperWatt », formé par les salariés du fabricant de panneaux solaires qui a invité de manière impromptue le ministre, lors d’une réunion publique, plus tôt dans la semaine », rapporte un porte-parole du collectif.
Xavier Bertrand s’est donc rendu chez Photowatt, accompagné par le comité d’entreprise et de SuperWatt. Selon les dires du collectif, le ministre a pu constater la technologie déployée sur le site et pris « conscience qu’il existait une véritable structure industrielle ». Informé de l’état de la filière, Xavier Bertrand a fait preuve d’une « véritable écoute ». Pris à parti par la direction de Photowatt et par les salariés, il a déclaré vouloir « discuter de la situation » avec le ministre de l’Industrie, Eric Besson, mais aussi Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie.

Chez Photowatt, on espère vraiment « que les politiques se saisissent de l’avenir de la filière en général » pour laquelle on souligne qu’il est inutile de financer de la recherche à l’Institut National de l’Energie Solaire (Ines) à Chambéry en Savoie, si le projet de soutenir l’industrie dans le secteur n’existe pas...
Vincent Bès, directeur général de Photowatt, a déclaré : « La visite d'un ministre, qui plus est en charge du travail et de l'emploi, est un signe fort adressé à Photowatt ».
Un signe vu comme un moyen de mettre en lumière la situation de l’entreprise : le numéro un de la filière photovoltaïque française qui attend un repreneur, verra l’un de ses deux sites de Bourgoin-Jallieu vendu à Hermès, et a déjà essuyé un plan social de près de 250 personnes.

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte