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L'Usine Aéro

Chez Boeing et Airbus, la production marque le pas

Olivier James , , , ,

Publié le

L’année 2016 pourrait être marquée par une baisse significative de la production chez Boeing. Malgré la baisse des commandes, Airbus et Boeing maintiennent coûte que coûte leur optimisme.

Chez Boeing et Airbus, la production marque le pas © Boeing

La baisse était attendue. Au début de l’année, Boeing avait prévenu : l’avionneur visait une production comprise entre 740 et 745 appareils, contre 762 avions livrés en 2015. Mais le géant américain est-il seulement capable d’atteindre cette contre-performance ? La question se pose alors que le magazine américain Aviation Week, repris par Reuters, brandit un document interne qui ferait état d'un objectif de vente de seulement 535 appareils pour cette année 2016...

Sur tous ses segments, Boeing encaisse les coups. Toujours selon Aviation Week, Boeing tablerait en 2016 sur la vente de 324 B737, à comparer aux 495 livraisons en 2015. Côté gros porteurs, faute de commandes suffisantes, Boeing pourrait décider dans les prochains mois de ralentir encore la production du pourtant très rentable 777, censée pour le moment passer de 8,3 appareils par mois à 7 en 2017. Voir remettre en question les hausses de cadences prévues pour le 787, devant passer de 12 appareils par mois aujourd’hui à 14 en 2020), comme le rapporte le Wall Street Journal. Quant au 747, commandé à deux exemplaires l’an dernier, sa production devrait être bientôt abandonnée. Pour l'heure, Boeing maintient ses prévisions de production dévoilées en début d'année.

Reports de commandes

Son compère européen n’a pas de quoi plastronner. Airbus vise plus de 650 livraisons en 2016, soit au moins quinze de plus qu’en 2015. Mais les retards accumulés cette année dans les programmes phares tels que l’A350 – 15 appareils produits au 31 juillet contre un objectif de 50 cette année – et l’A320neo dont les exemplaires s’entassent sur les tarmacs de Toulouse et d’Hambourg fautes de moteurs, laissent augurer la possibilité de voir la production d’appareils en retrait pour cette année ou tout du moins en faible progression après des années de forte croissance. Sans oublier la baisse des cadences de l’A380 annoncée lors du salon de Farnborough, qui passeront de 2,5 avions par mois l’an dernier à 1 en 2018. Quant à l’A330, la production va baisser de 103 exemplaires en 2015 à 65 en 2016.

Comment expliquer une telle baisse de production, encore hypothétique ? Les avionneurs opèrent, avec un peu d’avance pour Airbus, une transition industrielle historique de leurs monocouloirs : en moins de cinq ans, les A320neo et les 737MAX, vont remplacer leurs illustres prédécesseurs. Une période délicate, source de couacs, même si grâce aux succès de ces monocouloirs, les carnets de commandes des avionneurs sont loin de s'effondrer. De surcroît, avec un prix du pétrole qui se maintient à des niveaux très bas, les compagnies aériennes y regardent à deux fois avant de bourse délier pour de rutilants appareils remotorisés dont le principal argument de vente réside dans leur moindre consommation de carburant.

Un épais matelas de commandes

Ajouté à cela une bonne dose d’instabilité géopolitique mondiale, l’engouement pour les avions de seconde main et un coup de frein de l’économie chinoise, ce sont tous les segments de l’aéronautique qui sont touchés. Preuve la plus évidente de cette baisse de la demande dans le secteur ? Les commandes en 2015 des deux avionneurs étaient très en deçà de leur niveau de 2014 : 1036 commandes nettes pour Airbus (contre 1456 en 2014) et 768 commandes nettes pour Boeing (contre 1432 en 2014).

2016, simple année de transition, avant l’arrivée de nouveaux appareils capables de relancer les commandes d’ici la fin de la décennie (comme l'A330neo ou la possible nouvelle version de 400 sièges de l’A350 côté Airbus, le lancement des deux versions du 777X pour Boeing), ou début d’un cycle industriel baissier comme le secteur en a déjà connu ? Le dernier relevé des compteurs fait état de carnets de commandes toujours astronomiques, 6815 appareils pour Airbus et 5697 pour Boeing. Sur un matelas aussi épais, les avionneurs peuvent toujours dormir sur leurs deux oreilles.

Olivier James

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