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CHAUVIN-ARNOUXLE MILLIAMPÈRE À PORTÉE DE MAINCette pince ampèremétrique mesure les courants à partir d'un milliampère avec une précision de 2%. Pour la créer, Chauvin-Arnoux a repris l'idée d'un inventeur américain.

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CHAUVIN-ARNOUX

LE MILLIAMPÈRE À PORTÉE DE MAIN

Cette pince ampèremétrique mesure les courants à partir d'un milliampère avec une précision de 2%. Pour la créer, Chauvin-Arnoux a repris l'idée d'un inventeur américain.



En instrumentation analogique, le "4-20milliampères" est la norme. Contrôler ce type de liaison a tout du casse-tête: il faut en général y introduire un micro-ampèremètre, ce qui a pour conséquence d'influer sur le courant et donc de modifier la mesure. K1, la pince ampèremétrique conçue par Chauvin-Arnoux, règle le problème: "Elle a été conçue pour mesurer des courants de l'ordre du milliampère avec une précision de 2% entre 1 et 10milliampères. Par gammes successives, elle effectue des mesures jusqu'à 4,5ampères, expose Didier Piaud, directeur des études. Son utilisation est des plus simple. Il suffit de pincer le câble avec sa gaine, et l'ampérage s'affiche sur n'importe quel multimètre standard. Inventeur du multimètre en 1927 et de la pince ampèremétrique huit ans plus tard, Chauvin-Arnoux réalise la totalité de son activité en instrumentation électrique. La société, qui consacre 11% de son chiffre d'affaires à la recherche, connaissait bien ce problème de mesure des très faibles intensités. "Notre pince à effet Hall ne travaille qu'à partir de 30milliampères. Un seuil trop élevé pour de véritables applications microcourants", explique Didier Piaud. Aussi, quand la filiale américaine signale les performances de la pince ampèremétrique d'un inventeur indépendant, Dave Stadelli, l'intérêt est immédiat au siège parisien de Chauvin-Arnoux. Invité à Paris, celui-ci démontre avec succès ces performances. Prudent, il ne dévoile pas le principe de mesure qu'il emploie. Séduit, Chauvin-Arnoux étudie de son côté le marché potentiel de ce type de produit. "A priori, le marché potentiel d'une nouvelle technologie qui répond à un besoin industriel jusque-là insatisfait paraît extraordinaire, raconte Eric Mertz, chargé du marketing stratégique. En fouillant, on s'aperçoit qu'il y a loin des désirs de progrès à l'acte concret d'achat." En fait, sur un marché mondial de plusieurs centaines de milliers d'appareils, tous types de mesure confondus, celui de la pince K1 serait "de plusieurs milliers". Mais Eric Mertz garde soigneusement par devers lui les estimations précises auxquelles il est parvenu. Il indique toutefois qu'un autre motif explique la décision de Chauvin-Arnoux de s'engager sur ce produit : le potentiel d'amélioration de la technologie. "Nous espérons que les générations successives de pinces de plus en plus perfor-mantes ouvriront de nouvelles applications et donc de nouveaux marchés", confie-t-il. La décision du développement est prise début 1994, et un accord conclu avec Dave Stadelli. Celui-ci révèle le principe de son prototype: celui des "portes de flux", "flux gates" en anglais (voir encadré). Une équipe de développement comprenant un ingénieur et un technicien en électronique ainsi qu'un ingénieur mécanicien et son des-sinateur se lance. Dave Stadelli, que la filiale américaine a entre-temps embauché, y est intégré pendant les six mois nécessaires au transfert de technologie. Le développement durera un an et demi et coûtera la coquette somme de 6millions de francs à Chauvin-Arnoux. Dessin et mise au point d'un circuit multicouche, création des moules pour pièces mécaniques, tests, l'équipe,

qui travaille à 50% sur le projet, prend en charge l'intégralité des développements. "La seule vraie difficulté a été de canaliser Dave Stadelli. Son tempérament de chercheur l'inclinait à améliorer sans fin le principe. Si on l'avait laissé faire, le produit ne serait jamais sorti!", commente Didier Piaud. Introduite depuis un mois sur le marché, la K1 a reçu un bon accueil. "Nous dépassons l'objectif, mais nous avons déjà trois concurrents qui, de leur côté, ont développé un produit comparable au même moment", constate Eric Mertz. Qui sont les utilisateurs de K1? Des électroniciens qui vérifient des circuits, des techniciens ferroviaires pour la vérification des signaux de commande des relais de signalisation,

des électriciens à la recherche de courants de fuite, par exemple dans un disjoncteur. Ou encore le service automatisme d'une centrale nucléaire, qui l'utilise pour vérifier les boucles 4-20milliampères des dispositifs de sécurité. A la grande satisfac-tion des agents. Le contrôle par pince ampèremétrique les affranchit du fastidieux travail de remplissage de formulaires admi-nistratifs qui s'impose dès lors qu'une boucle de courant a dû être déconnectée. François SAVATIER



L'avis de l'expert

Patrick Leduc, responsable du service instrumentation-régulation de la centrale de Dunkerque d'Air liquide. "La pince K1 m'inté-resse pour faire du diagnostic d'état de boucles 4-20milliampères sur le site. Elle a l'avantage de permettre le diagnostic sans interrompre le fonctionnement du système. Toutefois, ce n'est qu'un instrument de diagnostic. Sa précision ne suffit pas pour étalonner des transmetteurs. Mais, à cette réserve près, elle tient ses promesses. Elle fonctionne avec n'importe quel multimètre, et sa taille de pince à linge la rend pratique à utiliser."

Le principe des "flux gates"

Pour piéger les lignes de champ induites par le courant mesuré, un circuit magnétique est formé par deux ferrites et deux lames de fer. Mais les lames sont entourées par des bobines alimentées en courant alternatif. La présence dans les lames du champ induit par le courant mesuré provoque l'ap-parition de pics dans le signal traversant les bobines et dans ses harmoniques. Or une étude des équa-tions du problème révèle que l'amplitude de la deuxième harmonique est proportionelle au courant mesuré. Le tour est joué. Il suffit de connaître avec précision l'amplitude de cette harmonique pour en déduire le courant mesuré.

USINE NOUVELLE N°2541

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