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CHAUSSURESMCV peine pour tourner la page BallyEn redressement judiciaire depuis le 18 août, la Manufacture de chaussures de Villeurbanne, ex-Bally, a souffert d'un manque de trésorerie. Son sort sera connu le 30 septembre.

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CHAUSSURES

MCV peine pour tourner la page Bally

En redressement judiciaire depuis le 18 août, la Manufacture de chaussures de Villeurbanne, ex-Bally, a souffert d'un manque de trésorerie. Son sort sera connu le 30 septembre.



Le 30 septembre, le tribunal de commerce de Lyon décidera de l'arrêt ou de la poursuite de l'activité de MCV. En redressement judiciaire depuis le 18 août, la Manufacture de chaussures de Villeurbanne a été créée pour reprendre les actifs de Bally Villeurbanne en janvier. Déclarée en cessation de paiement le 1er août, la jeune société affiche un passif supérieur à 3 millions de francs. Comment en est-on arrivé là en moins de huit mois ? A cause d'un manque cruel de fonds propres. Avec 921 000 francs de capital, détenu à près de 80 % par les salariés, et une subvention de 1,15 million de francs du conseil régional de Rhône-Alpes, MCV n'a pas supporté les refus bancaires.

Une accumulation de déboires

Tout a commencé avec la Sofaris, qui a refusé de couvrir un emprunt à hauteur de 1 million de francs au motif que l'entreprise n'était pas une création, mais une reprise après liquidation judiciaire. Revenant sur sa décision, l'organisme d'Etat spécialisé dans la couverture de prêts bancaires exige aujourd'hui que MCV soit recapitalisée de 2 millions de francs. Car, entre-temps, la société a engendré des pertes. " Ce prêt devait nous permettre d'acquérir les actifs de Bally. Il conditionnait aussi l'accord de la Direction départementale du travail concernant le financement de notre plan de formation. Sans lui, nous avons dû puiser dans nos fonds propres, puis stopper tout le processus ", résume Albert Van Lierde, le P-DG et associé de MCV. Dans son plan de reprise, l'industriel prévoyait de réorganiser la production pour passer à une organisation en ateliers autonomes. Pour former le personnel et mettre en place la GPAO, la société espérait récolter 3,3 millions de francs du FNE, du conseil régional et des fonds sociaux européens. Dans le même temps, la société projetait d'élaborer une mini-collection pour l'hiver 1998-1999. D'autre part, MCV a dû faire face à un printemps difficile. " La période de soudure entre les collections a été plus longue que prévu, en raison des méventes et de la frilosité des distributeurs ", explique Pierre-Yves Gonzalez, secrétaire général du C.E. et représentant des salariés dans le dossier du redressement judiciaire. La direction reconnaît aussi des faiblesses internes. " Nous avons manqué de compétences industrielles, d'une personne à la fois chef d'atelier et négociateur auprès des clients ", confie le P-DG. De plus, le personnel, pourtant très motivé (il a occupé durant six mois, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les locaux de l'ex-Bally Villeurbanne) et impliqué financièrement dans l'affaire, peine pour modifier ses méthodes de travail. " Nous aurions dû déménager, mais nous n'en avions pas les moyens ", regrette Albert Van Lierde. " La motivation est toujours là, mais nous connaissons bien sûr des coups de blues ", confie Pierre-Yves Gonzalez.

Des choix stratégiques hasardeux

On peut s'interroger aussi sur la stratégie de l'entreprise. Pour démarrer, MCV a choisi de devenir sous-traitant de marques de haut de gamme, en misant sur la qualité, la réactivité et la proximité. Un choix qui s'est révélé dangereux. " Les sous-traitants s'assurent des marges trop faibles pour passer sans mal les accidents conjoncturels. Travailler dans ces conditions exige de pouvoir s'appuyer sur un grand groupe ", estime Denis Morisset, P-DG du groupe de chaussures choletais Sac & Thierry. Les professionnels du secteur doutent également du projet de MCV de créer sa marque, prévue pour concurrencer à terme l'activité de sous-traitance. " Lancer une marque exige d'importants moyens et une démarche marketing quasi scientifique que même les groupes ont du mal à mettre en oeuvre. Je souhaite bonne chance à MCV ", déclare Rolf Konrad, secrétaire général du chausseur lorrain Méphisto. Albert Van Lierde, lui, maintient le cap. " Nos donneurs d'ordres nous ont renouvelé leur confiance. Nous comptons à ce jour 50 000 paires de chaussures en promesse. Quant au lancement d'une marque, je ne l'envisage pas avant deux ans. Tout va dépendre à présent de l'investisseur qui voudra bien prendre part à l'affaire. " A ce jour, trois plans de continuation sont à l'étude. Le premier projette de poursuivre l'activité de sous-traitance en réduisant la voilure. Le deuxième scinderait en deux la société, avec une unité de fabrication et une autre dédiée à l'élaboration et à la commercialisation d'une marque propre. Enfin, le troisième plan prévoit d'affecter une partie du personnel à la fabrication et une autre à la formation. Une solution proposée par les salariés de MCV eux-mêmes, qui recueille l'assentiment du P-DG, mais qui requiert l'intervention des Pouvoirs publics. Réponse du tribunal à la fin du mois.



Les causes

Problème de trésorerie. Carence d'encadrement de la production et difficultés d'adaptation du personnel.

La situation actuelle

Redressement judiciaire avec période d'observation prolongée jusqu'au 30 septembre.

Les perspectives

Trois plans de continuation sont à l'étude.



MCV en bref

Activité Fabrication de chaussures

Siège social Villeurbanne (Rhône)

P-DG Albert Van Lierde

Actionnaires 63 salariés détiennent 78,3% du capital, Albert Van Lierde (5,4 %), Christian Soler (5, 4 %), Fernand Renaud (10,9 %)

Chiffre d'affaires au 31 août 1998 (huit mois d'activité) 3 millions de francs

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