Chasse au soufre imposée pour le fret maritime

Le 1er janvier 2020 est entrée en vigueur la réglementation de l'OMI abaissant de 3,5% à 0,5% les émissions de soufre du secteur maritime. Une mesure drastique qui marque une accélération dans la transition énergétique et technologique du secteur.

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Chasse au soufre imposée pour le fret maritime

Le 1er janvier 2020 marque une étape majeure pour le fret maritime et son impact environnemental. La nouvelle réglementation de l’Organisation maritime internationale (OMI) visant à réduire significativement les émissions d’oxydes de soufre (SOx) des navires est entrée en vigueur. La mesure est drastique : la teneur limite en soufre dans les carburants marins est ainsi abaissée de 3,5% à 0,5% au niveau mondial, à l’exception des zones spéciales ECA (Emission Controled Area) dans lesquelles la limite est de 0,1%.

Responsable de 5 à 10 % des émissions de SOx dans le monde - des composés nocifs pour la santé et à l’origine des pluies acides -, mais également de 17 à 31% des émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de 2,6 % des gaz à effet de serre, le transport maritime a été pointé du doigt ces dernières années pour son impact sur l’environnement et la santé publique. Si la réduction du taux de soufre est engagée depuis 2008, la nouvelle réglementation marque une accélération de l’OMI.

Pour certaines compagnies maritimes, la nouvelle réglementation sur les émissions de SOx peut avoir l’effet d’un électrochoc. Si certaines ont choisi d’anticiper la réglementation soit en s’équipant de scrubbers, systèmes de filtrages permettant de neutraliser la majeure partie des émissions de SOx, ce qui autorise le navire à continuer d’utiliser du Fuel à 3,5% de soufre, soit en passant à des motorisation hybrides utilisant du gaz naturel liquéfié (GNL), la majeure partie des navires doivent désormais se ravitailler en carburant à faible teneur en soufre.

Le risque de devoir se tourner vers du fuel 40 à 70% plus cher

Lors d’un entretien accordé en juin à Industrie & Technologies , Jean-Marc Roué Président des Armateurs de France, estimait que la disponibilité de ce type de carburant était incertaine à l’échelle mondiale, les pétroliers n’ayant pas réalisés les investissements nécessaires sur leurs raffineries pour approvisionner l’ensemble de la filière avec un fuel à 0,5%. Les compagnies maritimes doivent donc s’arranger avec le gasoil marin, contenant 0,1% de soufre mais 40 à 70 % plus cher que le carburant classique (HFO, heavy fuel oil).

Une semaine après l’entrée en vigueur de la réglementation Jean-Marc Lacave, délégué général d’Armateurs de France dresse un premier constat : « A ce jour nous n’avons eu aucune remontée sur des d’éventuelles difficultés d’approvisionnement. Mais nous manquons encore de visibilité tant sur l’impact technique du passage à de nouveaux blends de carburant, que sur les répercussions économiques. »

Intégrer tous les objectifs environnementaux

Reste que si la réduction des SOx est aujourd’hui au cœur des préoccupations, la transition doit également intégrer les objectifs de diminution des NOx et des gaz à effets de serre (GES). L’OMI a fixé pour objectif une réduction de moitié des GES du secteur d’ici 2050. « La transition du secteur maritime s’inscrit sur le temps long », explique Jean-Marc Lacave, « Nous avons des solutions technologiques intermédiaires, comme le GNL, qui règle le problème de SOx et NOx, mais pas entièrement celui des GES. La solution pour atteindre les objectifs de 2050 n’existe pas encore. Il faudra tabler sur un mix de technologies adaptées aux différents métiers du maritime. »

Dans un communiqué publié le 2 janvier, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, s’est félicitée de l’entrée en vigueur de la réduction des émissions de SOx et des engagements du secteur maritime. Elle a rappelé que le gouvernement a adopté un dispositif de suramortissement en loi de finances 2019 pour soutenir les investissements « verts » dans le domaine maritime, notamment pour adopter des propulsions propres comme l’hydrogène, ou le GNL. « Une mesure qui va dans le bon sens » selon Jean-Marc Lacave, « Le secteur la réclamait depuis longtemps. Nous aurions aimé en bénéficier plus tôt pour préparer plus efficacement cette transition ».

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