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Changer de métier avec le big data

Marine Protais ,

Publié le

Afin d’ajouter de la valeur à ses équipements pour l’industrie agroalimentaire, le chaudronnier Shick Esteve s’est lancé dans l’analyse de données. 

Changer de métier avec le big data
Shick Esteve a intégré des capteurs aux équipements de boulangerie, permettant la récupération de données de production.

Lindustrie du futur n’existe pas seulement dans les usines aéronautiques. Elle se cache aussi derrière les portes de Shick Esteve, une entreprise du Berry spécialiste des équipements de stockage et de dosage de matière première pour la boulangerie. Cette société née dans les années 1950 à Rians (Cher) a entrepris depuis quatre ans une transformation numérique d’ampleur, impliquant une évolution de son métier et de ses méthodes de travail. De simple chaudronnier, l’entreprise est devenue fournisseur de solutions d’ingénierie informatisées.

Ses silos, doseurs, tuyaux et autres équipements intègrent désormais des capteurs qui récoltent les données de production : température, poids, taux d’hydratation… Ces informations sont ensuite analysées par un logiciel développé en interne, puis fournies au client via une plate-forme numérique. Ces données permettent aux industriels de tracer leur production et d’atteindre toujours la même qualité en ajustant leurs paramètres de production.

Ce virement stratégique vers le big data a pour point de départ une période difficile pour Shick Esteve. Dans les années 2010, l’entreprise qui peine à faire évoluer ses produits voit son chiffre d’affaires baisser. « Les équipements de stockage ou de dosage classiques n’ont pas de valeur ajoutée pour les boulangers et pâtissiers artisanaux et industriels. La valeur ajoutée se trouve dans leur recette. Nous avions beau améliorer notre technologie, cela ne les intéressait pas. Il fallait trouver de la valeur ailleurs », précise Jean-François Marette, président de Shick Esteve. À cette même période – en 2011 exactement –, la PME est vendue à Linxis Group, qui donnera l’impulsion vers la nouvelle stratégie.

Renouvellement des équipes

Ce passage vers un nouveau métier, qui a permis une hausse de 50 % du chiffre d’affaires en cinq ans (il s’élève aujourd’hui à 16,5 millions d’euros), ne s’est pas fait sans échecs. « Nous nous sommes d’abord rêvés éditeur de logiciels. Nos grands clients industriels nous ont fait comprendre qu’ils n’investiraient jamais dans un logiciel développé par un industriel du Berry », raconte Jean-François Marette.

L’organisation de l’entreprise a, elle aussi, été transformée. « D’une structure très hiérarchisée, nous sommes passés à une organisation plus collaborative, qui a notamment été possible grâce au déploiement d’un logiciel de PLM (product lifecycle management) en 2016 permettant à chaque département de collaborer via la même plate-forme. » L’équipe aussi a beaucoup changé. « Depuis deux ans, nous avons davantage de personnels en bureau d’études qu’en production. Lorsque certains de nos opérateurs sont partis à la retraite, nous les avons remplacés par des chefs de projets et des ingénieurs informaticiens », note Jean-François Marette. Quelque 90 % de l’équipe commerciale ont été renouvelés. « Auparavant, nous avions des commerciaux habitués à vendre des équipements, ils ne sentaient plus à leur place dans l’entreprise. Nous avons donc recruté une équipe commerciale plus habituée à vendre des solutions d’ingénierie », explique le président. Shick Esteve a également dû abandonner certaines de ces activités comme la fabrication de câblages et d’armoires électriques, qui est désormais sous-traitée.

Pour prévenir d’éventuelles résistances au changement, Shick Esteve a formé l’ensemble de ses salariés au nouveau métier et a mis en place des écrans dans les bureaux et ateliers pour communiquer sur les ventes, la R & D… pour que tous se sentent impliqués dans la mutation de l’entreprise. Le chaudronnier ne compte pas s’arrêter là. L’entreprise songe à développer des outils d’intelligence artificielle pour pouvoir un jour contrôler automatiquement certains paramètres des machines de ses clients. Mais pour cela, Jean-François Marette est conscient qu’il faudra convaincre les industriels de l’agroalimentaire. Ces derniers ne sont pas encore prêts à laisser leur fournisseur d’équipements prendre le contrôle d’une partie de leurs usines. 

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