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L'Usine Matières premières

Changement de braquet chez Eramet

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le

Le groupe minier et métallurgique français Eramet a présenté le 24 février des résultats en net redressement et annoncé un changement de direction en 2017. Le remplacement de Patrick Buffet par Christel Bories doit accompagner l’entrée dans une nouvelle phase de croissance, après trois années de disette.

Changement de braquet chez Eramet © Eramet

"Au cours des dernières années, Eramet a fait face à une crise mondiale d'une ampleur sans précédent dans le secteur des minerais et métaux", affirme Patrick Buffet, qui cèdera son siège de PDG à Christel Bories à l’issue de l’Assemblée générale du groupe en mai 2017. "Nous avons été très proches de connaître un problème de survie pour la SLN, mais les résultats économiques et financiers témoignent de la réussite de ces plans d’économie et de redressement."

Evoquant la nomination prochaine de sa successeure, Patrick Buffet évoque "une nouvelle phase de développement en cycle long. Dans cette phase de sortie de crise, il va falloir prendre des décisions d’investissement et de croissance", ajoute le PDG d’Eramet. "Dans ce contexte, deux grands actionnaires de concert d'Eramet [l’Etat avec 25,65% et la famille Duval avec 37,05%, Ndlr] ont souhaité ouvrir une phase de transition managériale."

"Christel Bories a toutes les qualités pour être un excellent patron d'Eramet. Je suis heureux de partir sur de bons chiffres. Mais il y a encore beaucoup à faire, dans cet univers incertain, il faudra s'adapter à des variations géopolitiques parfois brutales, en n’ayant qu'un seul but: l'intérêt social d'Eramet et des actionnaires."

La branche nickel, qui a réduit son cash cost de 6 à 5,1 dollars la livre et vise les 4,5 dollars à fin 2017, n’en a pas fini pour autant avec les efforts. D’autant que l’amélioration est due en bonne partie à la baisse du coût des facteurs de production, comme les prix du fret, du charbon et du fioul qui alimente encore la centrale électrique. De son remplacement prochain par une centrale au gaz, Eramet espère une baisse du coût énergétique de 35 à 40%. Un plan d’économies étendu (hors coût de l’énergie) devrait donc courir jusqu’à 2020 pour protéger la branche calédonienne des prochaines crises.

Retour à Weda Bay

Parmi les projets porteurs de croissance, deux retiennent l’attention. Le premier n’est pas nouveau, mais le fait que le gisement de nickel de Weda Bay soit en cours de dégel  - sous la forme d’un accord-cadre avec le chinois Tsingshan - est une excellente nouvelle pour Eramet. Le groupe français n’a pas les moyens de développer seul un grand projet métallurgique pour ce gisement géant (9 millions de tonnes de nickel contenu) sur lequel il s’est retrouvé seul depuis que Mitsubishi a fait valoir son droit de retrait en avril 2016, alourdissant au passage la dette d’Eramet de 100 millions d’euros. "Nous ne voulions pas mettre beaucoup de cash dans ce projet", confirme Patrick Buffet, qui se félicite de la "sortie par le haut" du gel du projet depuis 2014 que représente la discussion actuelle avec Tsingshan. L’accord en discussion aboutirait à une dilution d’Eramet à 43% du capital de Strand Minerals Pte Ltd., qu’il contrôle à 100% depuis la sortie de Mitsubishi. Les deux partenaires produiraient ensemble un ferroalliage pour 30 000 tonnes de nickel contenu au démarrage par un procédé pyrométallurgique. "Nous n’apportons pas de cash [mais le minerai, Ndlr]", rassure Patrick Buffet.

Le second projet d’intérêt est d’une ampleur plus réduite. Il concerne le développement, en R&D, d’un process de traitement rapide (sans évaporation) des saumures contenant du lithium. Conçu pour un gisement détenu sur un salar en Argentine, il pourrait être décliné dans le traitement des saumures de géothermie en Europe. Le capex n’est que de 300 à 400 millions, et Eramet devrait chercher un partenaire pour développer cette activité une fois le procédé abouti. "C’est l’avenir, avec l’émergence des véhicules hybrides et électriques, des batteries lithium-ion, etc", croit Patrick Buffet.

2017 est également l’année du démarrage de MKAD (pièces usinées en titane) et d’Ecotitanium, le projet de recyclage du titane aéronautique, et du recyclage des piles et batteries sur le site de Commentry (Allier) qui devrait selon le PDG "donner un sacré coup de boost à Erasteel", en grande difficulté financière après une perte de 21 millions d’euros. Un résultat "absolument pas satisfaisant", reconnaît Patrick Buffet.

Des résultats mitigés

C’est avec un peu de fierté, mais également beaucoup de prudence que Patrick Buffet et Thomas Devedjian, le directeur financier d’Eramet, ont présenté les résultats 2016 et les perspectives 2017. Du côté des satisfactions, le retour à l’équilibre opérationnel, avec un résultat opérationnel courant passé de -207 millions d’euros en 2015 à 84 millions en 2016. "Nous avions très mal commencé l’année, mais nous avons assisté à un fort redressement au second semestre 2016 grâce à l’atteinte de  nos objectifs de redressement opérationnel", a expliqué Patrick Buffet aux analystes et à la presse le 24 février.

Mais contrairement à Glencore, ArcelorMittal, Rio Tinto, BHP Billiton qui ont profité du rebond des cours des matières et de la baisse des coûts des facteurs pour renouer avec les bénéfices, Eramet reste dans le rouge. Si la perte a été divisée par quatre, son résultat net part du groupe s’établit à -179 millions d’euros, et l’endettement reste colossal, à 836 millions d’euros (contre 878 millions en 2015), soit un ratio d’endettement net sur capitaux propres de 47% (49% en 2015). Le ratio dette nette / EBITDA se porte tout de même beaucoup mieux, tombé de 9,5 fin 2015 à 2,2 fin 2016 (en passant par des sommets à peine avouables mi-2016).

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