Changement climatique : Qu'en dit votre boss ?

" Au moment où le gotha de l'économie mondiale prend acte du changement climatique, la question mérite d'être abordée à tous les niveaux de l'industrie. Et sous toutes ses facettes. "

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Votre entreprise a-t-elle inscrit le changement climatique à l'ordre du jour d'un de ses séminaires de réflexion, voire même d'un de ses comités de direction ? Vous n'en avez pas connaissance ? Informez-vous. Vous serez étonné de constater qu'il ne s'agit plus d'un de ces vagues sujets de spéculation que nourrissent les grandes peurs millénaristes. Depuis plusieurs années déjà, quelques grands noms de l'industrie - EdF en tête - s'efforcent d'envisager, sous toutes les facettes, les conséquences que le phénomène pourrait avoir sur leur stratégie. Alors, que dit votre boss du changement climatique ? Au-delà des quotas d'émissions de gaz à effet de serre à l'ordre du jour dans les usines, le moment n'a jamais été aussi opportun d'en faire un thème de réflexion. En ce début d'été, le sujet monte. D'abord, plusieurs mois de sécheresse et leurs conséquences - les restrictions d'eau dans plusieurs départements - ont ancré dans l'opinion la peur diffuse que le dévastateur tsunami avait contribué à installer. Ensuite, à tort ou à raison, les alertes à la canicule réactivent les craintes. Enfin et surtout, le gotha de l'économie mondiale prend acte du problème. Et invite à passer à l'action.
Le sommet des huit pays les plus développés de la planète, le G8, qui se tient jeudi et vendredi en Ecosse, a, en effet, inscrit le sujet en bonne place dans son ordre du jour. Rien ne dit que les huit chefs d'état arriveront, dans le communiqué final, à rédiger un paragraphe qui satisfasse tout le monde, et, en particulier, le président américain, toujours hostile aux réductions chiffrées de gaz à effet de serre. Mais tout indique qu'on n'est pas si loin d'un consensus. Selon l'un des diplomates de haut rang d'un des huit pays membres du G8, dont le " Financial Times " rapportait les propos le lundi 4 juillet, le projet de communiqué final " reconnaît que les connaissances scientifiques nous obligent à agir et que l'activité humaine contribue au changement climatique ".
Certes, George Bush, tout en admettant que c'est un problème important, à long terme, face auquel il faut agir, continuait de refuser toute allusion au protocole de Kyoto dans le communiqué final du G8. Il estime que la meilleure façon de réagir est d'investir dans les nouvelles technologies et vante un programme de 20 milliards de dollars lancé par les Etats-Unis pour maintenir prisonniers les gaz à effet de serre émis par l'industrie, développer des centrales n'émettant pas de tels gaz ou des véhicules fonctionnant à l'hydrogène. Mais, justement, voilà qui donne la mesure des marchés que le phénomène ouvre à l'industrie. Sans compter l'impact des adaptations nécessaires en matière de consommation et de mode de vie. De fait, la question mérite d'être abordée sous toutes ses facettes.
Par Jean-Louis Marrou, rédacteur en chef

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