Economie

Chacun cherche son Airbus

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Analyse Les annonces se suivent et se ressemblent. Pour donner corps à l'idée d'une politique industrielle européenne et faire émerger quelques champions à l'échelle du continent, politiques et industriels brandissent l'idée de bâtir de nouveaux Airbus. Une envie pas évidente à traduire en actes.

Chacun cherche son Airbus © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Airbus of chips, Airbus des télécoms, Airbus du naval, Airbus du ferroviaire et, dernièrement Airbus de l’énergie ! Le succès du groupe aéronautique -l’un des rares industriels réellement européens- fait des émules et réveille la créativité des décideurs en Europe. Politiques, grands patrons ou commissaires européens, tous, à un moment ou à un autre, sortent en effet de leur chapeau ce mantra pour donner corps à leurs ambitions industrielles en Europe. Pour eux, il suffirait finalement de copier-coller le modèle Airbus pour créer de nouveaux champions industriels et faire émerger une stratégie industrielle cohérente sur notre Vieux Continent.

 

Cette vision, qui peut-être pertinente dans certains secteurs, se heurte cependant à certains obstacles très concrets. Si l’on se penche sur les facteurs clés de succès de l’entreprise Airbus, on se rend compte qu’il faut réunir au moins quatre conditions pour que le succès soit au rendez-vous :

 

1. Une volonté politique forte. Airbus a vu le jour d’abord parce que la France et l’Allemagne, mais aussi l’Espagne et l’Italie, y ont vu leur intérêt bien compris.

 

2. Un faible nombre d’acteurs. On ne peut fabriquer un Airbus en multipliant le nombre d’intervenants. Pour que l’entreprise fonctionne, il faut deux "mâles dominants" aptes à imposer aux autres leur vue… ce qui n’interdit pas de manier aussi la diplomatie avec les parties prenantes minoritaires.

 

3. Des marchés publics. Cela permet de garantir une certaine tranquillité financière en fléchant vers le groupe un certain nombre de commandes.

 

4. Un marché pas trop concurrentiel. Que ce soit dans la défense et surtout dans l’aéronautique civil, Airbus n’avait à affronter qu’un seul concurrent quand il a vu le jour : Boeing.

 

Pour toutes ces raisons, bâtir un autre Airbus en Europe risque d’être compliqué, très compliqué. Quel que soit le secteur, les acteurs pressentis pour s’embarquer dans ces meccanos industriels n’ont d’ailleurs pas montré un enthousiasme démesuré…

Thibaut De Jaegher

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