CETIA/RADSTONE TECHNOLOGYUN ACCORD FRANCO-ANGLAIS POUR AGIR PLUS VITEProposer plus rapidement sur le marché une offre élargie, telle est la motivation de l'alliance entre Cetia et le britannique Radstone. Avec le risque, calculé, de se retrouver en concurrence.

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CETIA/RADSTONE TECHNOLOGY

UN ACCORD FRANCO-ANGLAIS POUR AGIR PLUS VITE

Proposer plus rapidement sur le marché une offre élargie, telle est la motivation de l'alliance entre Cetia et le britannique Radstone. Avec le risque, calculé, de se retrouver en concurrence.

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Le français Cetia, filiale de Thomson-CSF, et l'anglais Radstone Technology font le même métier. Ils conçoivent et réalisent des cartes et des sous-ensembles électroniques pour les marchés du temps réel. Commercialement, tout semblerait, a priori, les opposer. A contrario, ils ont décidé de s'allier. Désormais, ils mettent en commun leurs compétences pour le développement de nouvelles cartes. "Le développement d'unités centrales et le portage de logiciels sont de plus en plus coûteux, remarque Pierre Ravot, vice-président marketing de Cetia. Il vaut mieux partager les efforts et disposer d'un produit fini avec de meilleures caractéristiques." Tout le monde s'y retrouve: les constructeurs, qui mettent leurs moyens en commun; les sociétés de logiciels, qui n'ont qu'un seul portage à faire pour les deux gammes; et les utilisateurs. Ils ont à leur disposition une offre (matérielle et logicielle) double autour du produit, et,de plus, bénéficient d'une réelle deuxième source d'approvisionnement. Le point de départ de la collaboration entre les deux sociétés date en fait de 1993. Un des clients américains de Radstone, dans le domaine militaire, demande à cette dernière des cartes électroniques: "militarisées", d'une part, et à base de PowerPC (la puce Risc d'IBM, Apple et Motorola), d'autre part. Or, le français est le seul à l'époque à pouvoir répondre à la seconde exigence. Tel a été le point de départ d'une coopération technique, avec, pour premier résultat, le développement d'une gamme de cartes militarisées que les deux sociétés ont mises à leurs catalogues respectifs en 1994. Ce premier accord a été riche d'enseignements. "Nous pouvons ainsi être présent très rapidement sur le marché avec un ensemble d'outils et de solutions complémentaires", commente Michel Beaumont, P-DG de Radstone France. Radstone est en effet plus "matériel", avec ses gammes de cartes complémentaires, tandis que Cetia est davantage orienté "logiciel". Ce premier accord vient d'être suivi, en ce début d'année, d'un deuxième, plus large. Il s'agit maintenant de définir une véritable stratégie technique, toujours autour de l'architecture PowerPC. Chacun des partenaires garde cependant la politique industrielle qui lui est propre. Par exemple, Radstone va mettre sur le marché très prochainement des cartes basées sur le PowerPC604, alors que son partenaire a décidé d'attendre la fin de l'année. Fort de cette association, aucun des deux partenaires n'exclut la concurrence. "Sur le terrain, la concurrence est de bonne guerre, il suffit de regarder les alliances entre les grands...", relève Pierre Ravot.

Jean-Pierre Vernay



Cetia

Compagnie européenne des techniques de l'ingénierie assistée, filiale de Thomson-CSF

Chiffre d'affaires : 137millions de francs.

Effectif : 140personnes.

Spécialités : Cartes et sous-systèmes électroniques.

Implantation : Toulon (Var).

Radstone Technology ex-Plessey Microsystems

Chiffre d'affaires : 200millions de dollars environ.

Effectif : 350 personnes.

Spécialités : Cartes et sous-systèmes électroniques.

Implantation : Towcester (Angleterre).



Le PowerPC, également le fruit d'une collaboration

En matière de microprocesseurs, l'alliance fait plus que jamais la force. Pour preuve, la gamme PowerPC, fruit de la collaboration entre trois grosses pointures de l'informatique : Motorola, IBM et Apple. Un des buts est de créer un microprocesseur Risc de très grande diffusion. Pari réussi, puisque Apple vient d'annoncer son millionième ordinateur basé sur ce processeur. Cet effet de volume profite à d'autres sociétés, aux ambitions plus modestes, comme les constructeurs de cartes électroniques destinées aux applications industrielles. Plusieurs d'entre eux ont d'ores et déjà

adopté ces processeurs comme coeur de leurs systèmes. Si l'on en croit la société d'études Venture Development, ce marché devrait croître de 28,1millions de dollars en 1995 à 132,4millions en 1998.

USINE NOUVELLE N°2495

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