Cessions de participations ou dividendes ? Le dilemme de l’Etat actionnaire

Le chef du gouvernement a laissé entendre que l’Etat pourrait céder certaines participations dans des entreprises pour financer des projets d’investissement. Même si le cours de Bourse de certaines sociétés n’est pas au plus haut, un désengagement partiel pourrait rapporter environ 10 milliards d’euros. Mais l’Etat perdrait du même coup plus de 600 millions d’euros de dividendes.

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Cessions de participations ou dividendes ? Le dilemme de l’Etat actionnaire

Pour financer des investissements, le Premier ministre a indiqué dimanche 5 mai sur TF1 que le gouvernement envisageait de céder les titres "d'un certain nombre d'entreprises publiques où le taux de participation de l'Etat en tant qu'actionnaire est très important", sans préciser quelles entreprises étaient concernées.

Un portefeuille de plus de 60 milliards d'euros

Au total, le portefeuille des participations de l'Etat est estimé à un peu plus de 60 milliards d'euros, les cours des sociétés cotées variant au jour le jour. Au cours de clôture du lundi 6 mai, il s'élevait ainsi à 63,267 milliards exactement. Il s'agit des actions détenues via l'Agence des participations de l'Etat (APE). L'Etat dispose également de participations dans des entreprises à travers le Fonds stratégique d'investissements (FSI) et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) mais celles-ci ne sont pas concernées par d'éventuelles cessions.

Que peut vendre l'Etat ?

Mais l'Etat ne peut pas tout vendre. Excluant un "retour des privatisations", le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a précisé que l'idée pouvait être par exemple de "vendre des participations non stratégiques".

A la suite des propos d'Arnaud Montebourg évoquant d'éventuels changements dans le portefeuille de l'Etat en avril dernier, Bercy avait ainsi rappelé au Figaro que "la doc­trine de l'État actionnaire" était "de ne pas s'interdire de céder certaines participations, dès lors que la puissance publique reste au-dessus des seuils parfois fixés par la loi (comme chez EDF ou GDF Suez par exemple) et que cela ne remet pas en cause sa présence, ni son influence sur les entreprises stratégiques".

Pertes de dividendes et mauvais timing

Si financer des projets d'investissement peut inciter l'Etat à céder certaines participations, il renoncerait cependant du même coup à une partie des dividendes qu'il perçoit chaque année. En prenant comme hypothèses une vente de certaines actions dans six entreprises potentiellement concernées (EDF, GDF Suez, France Télécom, Thalès, Safran et ADP) qui rapporterait environ 10 milliards d'euros, l'Etat pourrait donc perdre un revenu annuel de plus de 600 millions d'euros (sur la base des dividendes versés au titre de l'année 2012).

Autre argument allant à l'encontre de cette stratégie, l'Etat réaliserait une mauvaise opération boursière, les cours de Bourse de certaines entreprises comme EDF et GDF Suez étant bien éloignés de leurs plus hauts niveaux. Reste qu'avec un montant estimé de 10 milliards d'euros récupérés grâce à ces cessions, il s'agirait du plus important mouvement de désengagement de l'Etat depuis 2006, année de la privatisation des autoroutes.

Julien Bonnet

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