Ces six laboratoires qui vont profiter de l’affaire des pilules

Entre le report de prescriptions en faveur des pilules de 2e génération, et le déremboursement des pilules de 3e génération, des groupes pharmaceutiques devraient voir leur activité regonflée.

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Ces six laboratoires qui vont profiter de l’affaire des pilules

Sur les dix premiers jours de janvier, les ventes de pilules de 2e génération ont bondi de 20% par rapport à la même période en 2012, a indiqué vendredi dernier le ministère de la Santé. Tandis que les ventes de pilules de 3e génération reculaient de 6%. Un phénomène qui s'explique par l’inquiétude qui s’est propagée depuis la mi-décembre sur ces pilules, et la demande de Marisol Touraine de restreindre leurs prescriptions aux seules femmes ne supportant pas les pilules de 2e génération.

Cette affaire pèse évidemment à nouveau sur l’image de l’industrie pharmaceutique. Mais elle devrait profiter économiquement à quelques laboratoires : les fabricants de pilule de 1e et 2e génération. Ainsi, six laboratoires vont désormais se partager quasiment l’intégralité du marché des pilules contraceptives ! Car seul un type de pilule existe en 1e génération (commercialisé par Janssen Cilag), et six - délivrées chacune sous une à quatre marques différentes- en 2e génération. Le grand gagnant ? Codepharma, laboratoire français spécialisé dans la gynécologie, qui exploite sept marques de pilules de Pfizer et Janssen-Cilag de 2e génération. Viennent ensuite les laboratoires français Pierre Fabre et Biogaran (filiale de médicaments génériques de Servier) avec deux marques, tandis que les génériqueurs Mylan et Teva n’en commercialisent qu’une chacun.

Des reports massifs de prescription

En 2012, 2,5 millions de femmes prenaient des pilules de 3e et 4e générations, soit la moitié des femmes sous pilule en France. Le report de prescriptions va donc peser lourdement sur les comptes de ces fabricants. Tout comme la décision de la ministre de la Santé d'avancer leur déremboursement, prévu fin septembre, au 31 mars... Même si les industriels n'avaient pas tous opté pour la même stratégie. "Certains exploitants de pilules de 3e génération avaient fait le choix de se soumettre au remboursement, afin de s’assurer un marché, explique Alain Gorny, avocat associé en charge des industries & produits de santé chez Lexcase. D’autres non. Voyant le développement de la médication familiale (entièrement non remboursée) ces dernières années, ils pensaient qu'il existait quand même un marché, car les femmes seraient prêtes à payer de leur poche des montants somme toute comparables au coût du traitement d'un rhume ou d'une plaie."

Les pilules de 3e génération remboursables, principalement des génériques, disposaient d'un taux de remboursement de 65%, pour un prix de 7,12€ la boite de 3 plaquettes. Elles sont commercialisées par de nombreux laboratoires. Mais à part Biogaran, Mylan et Teva Santé, également présents dans les pilules de 2e génération, Arrow Generique, Effik, MSD France, Ranbaxy Pharmacie Generique, Sandoz et Sanofi, devraient donc voir leurs ventes de contraceptifs s'effondrer très rapidement. Tout comme les fabricants de pilules de 3e génération non remboursées, qui souffriront du report de prescription: Bayer Santé, Effik, Janssen Cilag, MSD France, Pfizer, Actavis, EG Laboratoire, Théranex et Zydus France. A eux de trouver rapidement comment rester sur le juteux marché des pilules contraceptives...

Gaëlle Fleitour

Des économies minimes pour la Sécurité sociale

Malgré le déremboursement annoncé, "il n'y aura quasiment pas de bénéfice pour la Sécurité sociale, estime Alain Gorny, car les prescriptions vont se reporter sur les pilules de 2e génération qui sont toutes remboursables, alors que celles de 3e génération ne l’étaient pas toutes !" Selon les calculs de son cabinet, les transferts de prescriptions devraient lui faire économiser entre 869 505 et 918 554 euros par an seulement.

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