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Ces réseaux décentralisés qui relancent l’impression 3D d’armes à feu

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Vu sur le web Le site Wired a réalisé une enquête sur les réseaux décentralisés qui relancent l’impression 3D d’armes à feu aux Etats-Unis. Anonymes, ces activistes partagent des modèles d’impression d’armes à feu, invoquant la défense des deux premiers amendements de la constitution américaine : la liberté d’expression et la liberté de posséder une arme.  

Ces réseaux décentralisés qui relancent l’impression 3D d’armes à feu
Les armes imprimées en 3D existent depuis 2012 et ont déjà été interdites, notamment par l'Etat américain de New-York
© CC

La fabrication additive d’armes à feux, aux Etats-Unis, n’a rien de nouveau. Mais l’apparition de réseaux de partage de modèles d’impression, décentralisés et anonymes, change la donne. Une enquête menée par le site spécialisé Wired présente un de ces réseaux d’armuriers activistes, à la fois concepteurs d'armes et défenseurs de la liberté d’expression et du droit de posséder une arme.

"Vivre libre ou mourir"

Sans quartier général et sans marque officielle, les membres de ce groupe se disent inarrêtables : "Si le gouvernement voulait m’arrêter, il devrait d’abord trouver mon identité, estime l’anonyme Ivan le Troll interrogé par Wired. Je ne suis qu’un parmi beaucoup, beaucoup d’individus comme moi qui font ce genre de choses."

D’après cet Américain, qui dit être de l’Illinois et en âge de faire des études supérieures, ils seraient plus de 100 personnes à développer des technologies d’impression 3D d’armes à feu et des milliers, dans le monde entier, à participer au réseau de diffusion. Twitter, IRC, Discord et Signal sont, d’après lui, leurs canaux de communication : s’y échangent des conseils de conception et, surtout, les fichiers CAD qui servent de plan à l’impression.

L’anonymat d’Ivan le Troll ne l’empêche pas de mettre en scène ses produits fraîchement imprimés : il présente sur YouTube les pièces qu’il a fabriquées dans son garage. Sa dernière vidéo, vite supprimée par la plateforme, est la démonstration d’un Glock 17, créé en fabrication additive. Ses tirs sont ponctués de phrases comme "Tout le monde peut le faire", "Vivre libre ou mourir" ou encore "Essayez de stopper ça, bande de sales étatistes"…

La blockchain pour échanger en sécurité

La provocation fait partie intégrante de l’activisme de ce groupe. Ivan le Troll a par exemple mis à disposition le fichier CAD du fusil d’assaut AR-15, qui a été utilisé dans de nombreuses tueries de masse aux Etats-Unis. Leur nom même, "Deterrence Dispensed", fait référence à une société d’impression 3D d’armes à feu créée en 2012 par l’anarchiste Cody Wilson : Defence Distributed.

Cette société est sous le coup de procès visant à interdire la vente de ses armes dans 20 Etats américains. L’année dernière, l’Etat de New-York a fait passer une loi interdisant les armes à feu imprimées. Mais l’association d’Ivan le Troll passe outre cet interdit : utilisant des services basés sur la blockchain, comme Spee.ch, ils se transmettent les fichiers virtuels en toute discrétion. Ils mettent à disposition les modèles qu’ils ont créés ; ceux que vendait Defense Distributed sont accessibles gratuitement.

Se défendre… de la police

Ivan le Troll se présente comme un amateur, pour qui créer des armes sur ordinateur est une passion comme une autre. Selon lui, d’ailleurs, le scandale politique et judiciaire n’a pas lieu d’être. "Fabriquer un fusil à pompe est 100 fois plus simple, 100 fois plus rapide et près de 100 fois moins cher que d’imprimer un pistolet, compare-t-il. Pour 8 dollars, je peux faire un tour à Home Dépôt et fabriquer un fusil à pompe."

Pour ces personnes attachées au droit de posséder une arme, le fait de transmettre librement celle-ci est un acte activiste. Dans un pays comme les Etats-Unis, où les morts par arme à feu sont quotidiens et souvent provoqués par la police, la position d’Ivan le Troll est tranchée : "Tu devrais avoir le droit d’avoir les mêmes forces légales que les policiers utilisent pour te maîtriser."

Libertés constitutionnelles

Sa participation au réseau d’échanges d’armes imprimées est motivée par son "amour de la liberté" et sa croyance "radicale" en les deux premiers amendements de la constitution américaine : la liberté d’expression et de porter une arme.

Deterrence Dispensed n’est pas le seul réseau décentralisé de partage de plans d’impression d’armes à feux. Il en existe déjà partout dans le monde et, grâce en partie à la blockchain, l’anonymat de leurs membres n’est pas prêt d’être levé. Une bonne chose pour la liberté d’expression ; un désastre pour la réglementation de vente d’armes.

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