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Ces petites entreprises qui veulent croire à l'électronique Made in France

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Made in France Au salon Made In France Expo, qui s'est tenu à Paris porte de Versailles, plusieurs sociétés d'électronique sont venues défendre la conception et la fabrication française. Besoin de proximité, qualité médiocre de la production asiatique : elles ne manquent pas d'arguments pour prouver que l'électronique a toute sa place dans l'Hexagone.

Ces petites entreprises qui veulent croire à l'électronique Made in France © L'Usine Nouvelle - Timothée l'Angevin

"En France on a le meilleur personnel et on est capable de fabriquer des produits technologiques de très haute valeur ajoutée". Pour Joël Monnier, PDG de la société de micro-informatique Kalray, le message est clair : l'électronique a toute sa place en France. A condition de se démarquer de concurrents féroces. Quel positionnement les champions français de l'électronique adoptent-ils ? Réponse avec trois entreprises présentes dans le pavillon "innovation" du salon "Made in France Expo", qui s'est tenu du 9 au 11 novembre à Paris Porte de Versailles.

Micromega, un cahier des charges très sévère

Deux haut-parleurs gigantesques à la forme d’un gramophone libèrent une musique limpide. La source de cette clarté ? Un amplificateur très discret de la société Micromega, qui permet d’écouter de la musique en très haute-définition, (en format 24 bits et 192khz). "Nous avons créé trois modèles, destinés au grand public mélomane", explique Didier Hamdi, PDG de la société basée à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne).

Créée en 1986 et reprise il y a cinq ans, cette PME fabrique la totalité de ses produits en France : "Toute la partie hard est fabriquée à Lille (Nord) et le reste dans nos ateliers. Même les boîtes sont faites en France, à Nantes (Loire-Atlantique)". Mais le PDG de la société de 10 salariés et 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires le concède, produire en Chine lui aurait coûté "60% moins cher". Pour rien au monde il ne l’aurait fait : "Beaucoup de produits fabriqués là-bas n’ont aucun sens technologique. Le nôtre répond à un cahier des charges très sévère. Nous visons la très haute qualité".

Kalray, des puces qui pourraient être rapatriées en France

Née en 2008, l’entreprise Kalray, située à Orsay (Essonne), a créé un processeur embarqué ultra-performant, composé de près de 3 milliards de transistors. "Avec cette puce, la puissance de calculs est augmentée et la consommation énergétique est réduite", assure Joël Monnier. Si la société de 65 salariés ne se concentre pour l'instant que sur la R&D, elle envisage de fabriquer elle-même ses processeurs. Pour l'instant produits à Taïwan, ils pourraient être rapatriés dans l'Hexagone. La carte sur laquelle ils sont fixés est sous-traitée à Angers (Maine-et-Loire) et Laval (Mayenne).

Avec une prévision de 100 à 300 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les prochaines années, contre un seul pour 2013, Kalray souhaite se positionner comme un des leaders français sur le marché de la micro-puce. "Malgré ce secteur très porteur, nous avons de grandes difficultés à trouver des fonds", regrette le PDG. "L'innovation à risque est très difficilement finançable en France". Depuis sa création, la société a investi 50 millions d’euros, venant de fonds privés ou d’Oséo, dans sa R&D.

Nomadic Solution, une proximité avec sa production

Fabricant de boîtiers de géolocalisation pour véhicules, la société Nomadic Solutions créée en 2003 surfe sur la thématique de l’environnement en proposant au consommateur des moyens de faire des économies et de réduire son empreinte carbone. "Notre dernier modèle, EcoGyser, permet aux entreprises de taxis ou de camions d'évaluer la consommation d’énergie de leur flotte", explique Philippe Orvain, PDG de l’entreprise de 5 salariés et 1 million d’euros de chiffre d’affaires.

Le boîtier, qui peut être accompagné d'une application qui donne des conseils en temps réel ou différé sur l’éco-conduite, est conçu au siège de la société à Melun (Seine-et-Marne). Sa fabrication est sous-traitée à la Chapelle-la-Reine, à une trentaine de kilomètres. "Avec une telle proximité nous gardons un œil sur notre production", assure le PDG.

Arnaud Montebourg l’a d’ailleurs dit : “Tous les jours avec sa Carte Bleue, on peut décider de voter chinois, de voter européen ou de voter pour la PME d’à côté.” Si la PME d'à côté produit de l'électronique, plus raison de voter chinois.

Timothée L’Angevin
 

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