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Ces groupes français prêts à détruire les armes chimiques de la Syrie

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Quatorze entreprises du monde entier sont candidates à la destruction d’une partie du stock syrien d'armes chimiques. Parmi eux, deux français : Airbus Defense & Space, et Séché Environnement. L’Usine Nouvelle est allée à leur rencontre.

Ces groupes français prêts à détruire les armes chimiques de la Syrie © Flickr - MichaelLaMartin - C.C.

Ils font partie des quatorze entreprises européennes, américaines et chinoises présélectionnées, lundi 20 janvier, par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OAIC), afin de détruire une partie du stock syrien d'armes chimiques. Les français Airbus Defense & Space (le nouvel ensemble regroupant Airbus Military, Astrium et Cassidian) et Séché Environnement, le spécialiste de la valorisation et du traitement des déchets, espèrent être retenus début février par cet organisme chargé de faire appliquer les dispositions de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.

A la clé, un contrat de 400 millions d'euros, affirme un des candidats, pour détruire 500 tonnes de produits chimiques et plusieurs millions de litres de déchets toxiques. Un chiffre difficile à confirmer, l’OAIC se bornant à préciser que les coûts supportés par les entreprises pour réaliser cette activité, en dehors de Syrie, ont été estimés entre 35 et 40 millions d’euros. Les toxines les plus dangereuses étant détruites à bord d'un bateau spécialement équipé par les Etats-Unis.

Des gaz bien identifiés, selon Séché

"C’est l’armée américaine qui jouera le rôle de décideur, confie-t-on chez Séché Environnement, car c’est elle qui va retirer les bombes désamorcées de Syrie, et en assurer le transport sécurisé jusqu’au lieu de l’élimination. À l’intérieur des bombes se trouvent des gaz bien identifiés, qui ne présentent pas de dangerosité particulière par rapport à d’autres produits beaucoup plus sensibles que nous avons l’habitude d’éliminer, comme des produits halogénés ou chlorés…"

Avec son compatriote Astrium, Séché participe déjà à la destruction des bombes de la Première Guerre mondiale sur le camp militaire de Mailly, dans l’Aube. Depuis le rachat en 2007 d’UTM, un spécialiste allemand du traitement des gaz, il dispose d’un procédé de conditionnement original : un système de "sarcophages" placés à côté de ses incinérateurs, permettant d’aspirer les gaz et de les reconditionner dans des bouteilles neuves. Une opération réalisée sur son site de Saint Vulbas, dans l’Ain, spécialisé dans le traitement des déchets industriels dangereux. "Nous travaillons en toute sécurité pour les manipulateurs et les riverains, car notre outil de traitement fonctionne quasiment sans manipulation humaine", précise son porte-parole. Si Séché est retenu par l’OAIC, il lui faudra encore une autorisation gouvernementale pour importer ces déchets en France. Le processus de destruction s’étendrait ensuite probablement jusqu’à la fin de l’année.

Airbus joue la carte de la discrétion

Chez Airbus Defense & Space, consigne a été donnée de ne pas dévoiler quoi que ce soit à ce stade de la compétition. Une dépollution de ce type appelle à une technologie de pointe, or il est évident qu’Airbus, à travers ses recherches sur la sécurité en aéronautique ou sur les matériaux composites, a acquis un savoir-faire en chimie et sait, par nature, détruire les déchets, explique-t-on en interne.

Sans compter le savoir-faire industriel lié au développement des satellites, des drones, ou encore des fusées Ariane, et dans la protection des individus. Hasard du calendrier? François Hollande rendait justement visite, ce 20 janvier, aux dirigeants de l’OAIC, accompagné du ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici. Sans doute auront-ils plaidé la cause de leurs deux champions…

Gaëlle Fleitour

Veolia également candidat auprès de l’OAIC


Seuls deux français figurent dans la short-list des 14 sociétés retenues par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, qui doit rendre sa réponse finale début février. Mais un troisième groupe hexagonal, Veolia est également représenté via une filiale étrangère, Veolia Environmental Services USA, ainsi qu’une candidature commune avec l'entreprise allemande Verein, le groupe belge Indaver et le britannique Remondis. Au Royaume-Uni, une usine d’incinération de Veolia vient déjà de se voir confier la destruction des précurseurs d’armes neurotoxiques syriennes. Un atout dans la compétition ?

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