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L'Usine de l'Energie

Ces 10 années qui ont abimé Areva

Ludovic Dupin , , ,

Publié le , mis à jour le 19/11/2014 À 10H48

[Actualisé] - Mardi 18 novembre, Areva a annoncé qu'il suspendait ses perspectives financières pour les années 2015 et 2016. Cette décision met en évidence une trop forte accumulation de problèmes ces dernières années. A tel point que même les performances d'activités historiqiuement rentables se voient de plus en plus affectées. Fort d'une nouvelle direction et d'une volonté de l'Etat actionnaire de renflouer le fleuron français, Areva doit rapidement solder le passé.

Ces 10 années qui ont abimé Areva © D.R.

Areva est un champion du nucléaire. Le groupe est présent sur plus de la moitié des 435 réacteurs nucléaires existants dans le monde. Il est l'un des premiers fournisseurs d'uranium de la planète. Il a conçu et construit les premiers réacteurs nucléaires de 3e génération qui entreront en service. Le groupe a également su se diversifier en créant une branche énergies renouvelables. Pourtant ce groupe, né en 2001 de la fusion de Cogema et Framatome, semble depuis dix ans se heurter à des obstacles qui pénalisent sa croissance. Enchainanat les résultats négatifs depuis 2011, le groupe affiche même 694 millions d'euros de pertes au premier semestre 2014. Retour sur dix ans de choix stratégiques et d'événements externes qui ont abimé l'entreprise.

2004 - L'EPR finlandais

Areva décroche la construction du premier réacteur de 3e génération : l'EPR, à Olkiluoto en Finlande. Mais le chantier tourne à la catastrophe. Le groupe a du provisionné plus de 4 milliards d'euros sur ce chantier et est engagé dans un contentieux avec son client TVO. La mise en service prévue à l'origine en 2009 et attendue désormais pour 2018. Areva appelle l'électricien finlandais à s'engager sur un calendrier partagé.

2005 - L'EPR français

EDF lance la construction d'un EPR à Flamanville (Manche). Là encore, le chantier multiplie les difficultés. Le budget et le calendrier sont dépassés. Le chantier sera même arrêté plusieurs mois pour malfaçon par l'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN). Ce mardi 18 novembre, EDF a annoncé un nouveau retard d'un an sur le chantier pour une mise en service en 2017. Dans son communiqué, l'électricien pointe du doigt des retards imputables à Areva.

2007 - Le rachat d'Uramin au prix fort

Alors que les cours mondiaux de l'Uranium sont très élevés, Areva souhaite sécuriser ses sources de matière première. Elle rachète la société canadienne Uramin qui détient des actifs en Namibie, Centrafrique et Afrique du Sud. Le prix de 1,8 milliard d'euros se révélera prohibitif, d'autant plus que le cour de l'uranium s'effondre par la suite.

2008 - Des transferts de technologies vers la Chine

EDF vend deux EPR d'Areva en Chine à Taishan. Ces chantiers exemplaires sauvent l'image du réacteur français après les déboires européens. Mais cette collaboration franco-chinoise passe par des transferts de technologies critiquées dans l'Hexagone.

2009  - La perte de sa branche T&D

Areva, en besoin de financement, est contraint de vendre sa très rentable filiale Areva T&D (transmission et distribution) à Alstom et Schneider Electric pour 4,1 milliards d'euros. Au delà de T&D, Areva s'est séparé de près de 7 milliards d'euros d'actifs ces dernières années et d'autres opérations sont attendues.

2009 - La guerre Areva-EDF

L'arrivée d'Henri Proglio à la tête d'EDF ouvre une période de guerre entre l'électricien et Areva. Le gouvernement devra intervenir pour remettre en place une forme de dialogue entre Anne Lauvergeon et son homologue d'EDF. Patrick Kron, le PDG d'Alstom, participera aussi au travail de dénigrement d'Atomic Anne. Aujourd'hui, la mise en place par le gouvernement de Jean-Marc Lévy à la tête d'EDF et de Philippe Varin à la tête d'Areva marque une volonté de rapprochement des deux groupes. A tel point qu'EDF sera largement mis à contribution pour redresser Areva.

2009 - Le traumatisme d'Abu Dhabi

L'offre française de construire 4 EPR à Abu Dhabi est rejetée à la faveur de celle d'un concurrent sud-coréen, Kepco, proposant une technologie plus ancienne. C'est un véritable traumatisme pour la filière française. Rapidement, politiques et industriels pointent du doigt Anne Lauvergeon. Dans les faits, c'est l'ensemble de la filière qui sera réorganisée, guidée en particulier par le rapport Roussely rendu en 2010.

2009 - Le divorce Franco-allemand

Siemens, déçu de son alliance avec Areva dans la filiale commune Areva NP, divorce du français. Il se tournera par la suite vers le russe Rosatom avant d'abandonner le nucléaire après la décision allemande de sortir de l'atome.

2010 - L'augmentation de capital ratée

L'augmentation de Capital d'Areva attendue entre 1,5 milliard et 3 milliards d'euros tourne court après des négociations avortées avec le Qatar et MHI. Au final, ne sont levés que 900 millions d'euros auprès du fonds souverain du Koweït et de l'Etat français.Ce manque de fonds a pénalisé l'entreprise. Le gouvernement entend désormais injecter environ 2 milliards d'euros dans le groupe nucléaire grâce à des cessions d'actifs chez d'autres acteurs de la filière nucléaire française.

2011 - la catastrophe de Fukushima

L'accident de Fukushima freine la relance mondiale du nucléaire mondiale, en particulier au Japon marché clé d'Areva. Le redémarrage des réacteurs est sans cesse repoussé. Les premières remises en service sont attendues pour début 2015.

2011 - La déstabilisation répétée

Après plusieurs années de tentatives de putsch sur Anne Lauvergeon, cette dernière est finalement remerciée au terme de son second mandat. Cette période de rumeurs de remplacement affectera durement l'image de l'entreprise. Luc Oursel prendra la tête du groupe avant de se retirer en 2014 pour des raisons de santé. Fin 2014, le groupe change de système de gouvernance pour devenir une société classique à Conseil d'administration. Il sera présidé par Philippe Varin, avec Philippe Knoche pour directeur général.

2011  - Le scandale Uramin

Le nouveau patron d'Areva annonce les premières pertes de l'histoire du groupe Areva à -1,4 milliard d'euros. Le fleuron français a du passer 2,4 milliards d'euros de provisions dont 1,46 milliard pour Uramin.

Ludovic Dupin

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