Centrale Hambrégie de Hambach : les opposants marquent un point dans le bras de fer juridique

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Annoncée mercredi 15 février au soir, la décision du tribunal administratif de Strasbourg (Bas-Rhin), qui annule l’autorisation préfectorale d’exploiter la centrale à cycle combiné gaz porté par Hambrégie à Hambach (Moselle) alimente des réactions diamétralement opposées. Député-maire (UMP) de Sarreguemines et vice-président de la Communauté d’agglomération Sarreguemines-Confluences (Casc), Céleste Lett ne cache pas sa consternation de voir ce projet d’un montant de 800 millions d’euros fortement compromis. Les opposants marquent un nouveau point contre un projet combattu à la fois pour ses nuisances et dans son principe même.

La décision annule une autorisation préfectorale accordée à Direct Energie en janvier 2010 en dépit de l’avis défavorable du commissaire enquêteur. Le tribunal souligne qu’à la date de la délivrance de l’autorisation, Hambrégie n’a pas démontré sa capacité financière et technique à construire, faire fonctionner et maintenir l’installation en cause. « Que dirait un citoyen à un maire qui refuserait un permis de construire sous prétexte qu’il ne connaîtrait ni le nom de son banquier ni celui de son maçon ? » rétorque Céleste Lett, soulignant que les centrales EDF et les éoliennes sont développées selon des montages similaires. Le tribunal estime par ailleurs que l’arrêté du préfet de la Moselle du 25 juin 2010 est intervenu en méconnaissance des dispositions précitées du code de l’environnement. Hambrégie paraît décidée à faire appel de la décision, assurée du plein soutien de la Casc.

Réunis au sein de l’ADPSE (Association de défense contre la pollution de Sarreguemines et environs), les opposants se réjouissent de cette deuxième victoire, trois semaines après l’annulation, le 25 janvier, du permis de construire accordé par la préfecture. Cette fois, c’est le document d’urbanisme de la commune de Hambach qui a été jugé illégal. Un document d’urbanisme illégal. Les opposants contestent à la fois les nuisances environnementales et le principe même du remplacement des centrales à charbon par des équipements de nouvelle technologie, estimant qu’elles pénalisent le développement des énergies renouvelables. Le projet suscite depuis son annonce en 2009 des manifestations fortement suivies. L’ancien bassin houiller, qui subit les lourdes séquelles des industries minières et chimiques, se mobilise pour la première fois contre une implantation jugée dangereuse et qui ne générerait qu’une trentaine d’emplois.

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