Technos et Innovations

Cellial accélère les tests de médicaments ciblant le système nerveux central

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Le modèle in vitro développé par le professeur Roméo Cecchelli simule la barrière entre le sang et les neurones. Il a donné naissance à un kit pour tester les candidats médicaments neurologiques.

Le cerveau humain est bien protégé. Seules quelques substances peuvent passer du sang au système nerveux central. Les spécialistes parlent de barrière hémato-encéphalique (BHE).  Après onze ans de recherche, le professeur Roméo Cecchelli de l'université de Lens a réussi à en modéliser le fonctionnement. Et il a mis au point un test in vitro pour le reproduire, qui, dans sa dernière version, nécessite quatre jours au lieu de 21 précédemment.

Pour le diffuser, il a créé Cellial Technologies en  2001. L'entreprise a tout naturellement trouvé refuge au sein même de l'université des sciences et techniques d'Artois, installée dans les bâtiments de l'ancienne Compagnie des mines, au cœur de Lens (Pas-de-Calais). Elle partage ses laboratoires avec ceux du professeur Cecchelli, aujourd'hui conseillé scientifique de l'entreprise. Il en a en effet confié la direction à Yves Wendzinski, en 2003. Cet ingénieur en microélectronique de 40 ans a suivi un parcours atypique qui lui a fait découvrir le marketing et la gestion de projet. «Nous sommes en train de négocier pour rester trois ans de plus dans ces locaux. L'entreprise n'est pas encore prête à partir», reconnaît le dirigeant. Elle profite encore beaucoup des synergies que lui procure la proximité du laboratoire académique.

Des liens privilégiés avec des industriels

Cellial a commencé par commercialiser sa technologie sous forme de services pour les laboratoires pharmaceutiques qui souhaitaient tester des molécules ciblant le système nerveux central pour vérifier qu'elle pouvait bien franchir la barrière hémato-encéphalique. Elle a ainsi pu valider son modèle et nouer des liens privilégiés avec des industriels comme Sanofi-Synthelabo, Servier ou Astra Zeneca. La technologie a même permis la création, en 2003, d'une strat-up québécoise, Angiochem, spécialisée dans le développement de médicaments pour le cerveau. des modèles spécifiques par pathologie Grâce à une première levée de fonds de 600 000 euros en 2002, Cellial a développé un kit pour les laboratoires afin qu'ils utilisent eux-mêmes le système.

Cette avancée  technologique a permis à l'entreprise de se développer au Canada, au Japon et aux Etats-Unis. De 40% de son chiffre d'affaires réalisé à l'export, Cellial compte passer à 60% en 2007, pour atteindre à plus long terme 70 à 75%. La part du service devrait passer de 50% aujourd'hui à moins de 35% au profit de la vente de kits. Et la recherche continue, notamment avec un modèle adapté aux souris transgéniques, très utilisées dans les laboratoires de biotechnologies. L'entreprise spécialise aussi ses recherches pour accompagner le développement de médicaments contre la maladie d'Alzheimer ou les accidents cardiovasculaires (AVC). Un nouveau tour de table (mi-2007) devrait permettre de financer un important programme de recherche, encore confidentiel. Un dépôt de brevet est en cours.

Aurélie Barbaux


L'innovation
Cellial a développé un modèle in vitro qui simule la barrière hémato-encéphalique, protection naturelle du système nerveux central par un filtrage très sélectif des substances pouvant passer du sang aux neurones. Il est basé sur la culture de cellules endothéliales de capillaires de boeuf et de neurones corticaux de rongeurs. La plate-forme de test pour les candidats médicaments ciblant le système nerveux central a été déclinée sous la forme d'un kit, utilisable directement par les laboratoires.

L'entreprise

Siège : Lens (Pas-de-Calais)
Création : Janvier 2001
Dirigeant  : Yves Wendzinski
Statut : SA
Capital : 48 000 euros
Actionnaires : Institut Pasteur, université d'Artois, business angels
Effectif : 9 personnes
Chiffre d'affaires 2005 : 650 000 euros

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