Céline Bourdin [CGMP] : « Nous devons tous nous mobiliser pour produire en France »

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Céline Bourdin, dirigeante de l’entreprise familiale CGMP, fait du made in France et de l’écoresponsabilité les valeurs fondamentales de son entreprise. Elle espère les voir adoptées rapidement par toute l’industrie pour faire face à la crise sanitaire.

 

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Céline Bourdin [CGMP] : « Nous devons tous nous mobiliser pour produire en France »

Vers un renouveau pour l’industrie en 2021 ? C’est, en tout cas, ce qu’espère Céline Bourdin, dirigeante de l’entreprise spécialisée en arts de la table éphémère CGMP. Depuis sa création il y a plus de soixante ans, l’industriel conçoit ses produits, notamment ses nappes en papier – produits phares de CGMP –, en France et de façon écologique. Pour la dirigeante, la crise sanitaire conforte l’idée que c’est vers cela que toute l’industrie doit tendre pour réussir à se relever cette année.

Pourquoi définissez-vous votre activité comme écocitoyenne ?

L’entreprise a été créée en 1964 par ma mère, qui a toujours été précurseur sur l’hygiène et l’écologie… C’est dans l’ADN de l’entreprise. On achète le papier, on le transforme, et on le vend en France. Notre filière est courte. C’est important pour nous dans le contexte actuel. Je suis étonnée que malgré la période durant laquelle l’hygiène devient notre principale préoccupation, on ne se tourne davantage pas vers les nappes à usages uniques, qui sont une solution.

J’aimerais qu’il y ait une prise de conscience sur ce sujet. Quand les bars et restaurants rouvriront, il faudra de plus en plus qu’ils aient ce souci d’hygiène à côté de la rentabilité. La nappe en papier est un produit d’avenir, qui peut être une très bonne solution. Les essuie-mains à usage unique dans les WC aussi, et non plus de l’air chaud qui accélère la propagation des virus.

Il y a beaucoup de choses qui peuvent avancer grâce à l’effort de tous. Dans l’industrie, on sent qu’il y a un désir de plus en plus fort de s’engager pour l’écologie, donc je suis assez optimiste.

Vous essayez de sensibiliser à ces valeurs en tant qu’ambassadrice de La French Fab ?

Ce qui est étonnant avec le mouvement de La French Fab, c’est le rassemblement de tous ces industriels dont je fais partie qui ont dit : « nous devons tous nous mobiliser pour produire en France ». La crise montre que les secteurs automobile et aéronautique sont clés en France, et qu’il y a un danger quand ces industries s’arrêtent. Mais il faut montrer qu’il y a d’autres industries made in France à mettre en avant, des industries qui comptent tout autant et c’est ce que fait La French Fab. Je suis fière d’en faire partie.

Quelles sont les ambitions de CGMP pour l’avenir ?

Devenir un acteur incontournable des arts de la table. Maintenant, le temps devient long, notre secteur est impacté par l’arrêt de l’événementiel et de la restauration depuis un an. Le moral commence à chuter, et je n’aurais jamais pensé avoir à dire que travailler est un droit. D’ailleurs, je suis super fière de mes collaborateurs qui clament leur envie de travailler.

Quel est votre regard sur l’année qui se profile pour l’industrie ?

Je suis plutôt optimiste pour les usines. On s’est rendu compte qu’on ne pouvait plus se permettre certaines choses. Avec la crise des containers bloqués aux USA, les prix de l’importation en France se sont envolés, par conséquent certaines choses sont à nouveau produites en France et en Europe. Si on veut être fort, il faut parler Europe. Individuellement, notre pays n’est peut-être pas aussi puissant que les États-Unis ou la Russie, c’est la raison pour laquelle nous devons nous unir. Il faut vraiment nous entraider, comme le fait France Relance pour que nos jeunes se tournent de plus en plus vers l’industrie. Et j’espère que l’été nous reboostera.

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