Cédric Gautier PDG de Stelia Aerospace : "Nous avons pris du retard sur notre projet d'usine au Maroc mais il reste d'actualité"

L'Usine Nouvelle a rencontré au salon du Bourget, Cédric Gautier président de Stelia Aerospace, groupe issu début 2015 de la fusion entre les filiales d'Airbus, Sogerma et Aérolia. Il revient sur le projet d'Aerolia d'implanter une usine de composants aéronautiques à Casablanca dévoilé il y a un an et. Un projet chiffré à 40 millions d'euros et 400 emplois qui a pris du retard mais reste d'actualité selon lui en dépit de la présence antérieure d'une usine Sogerma à Casablanca.

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Cédric Gautier PDG de Stelia Aerospace :
Cédric Gautier président de Stelia Aerospace

L'Usine Nouvelle : Où en est votre projet de construction d'une usine dans la zone franche Midparc de Casablanca, annoncé au moment du salon de Farnborough, voilà un an alors que vous étiez dirigeant d'Aerolia?

Cédric Gautier : Nous n'avons pas décidé encore d'une manière formelle notre implantation au Maroc. Nous sommes en train de finaliser un accord avec les autorités marocaines. J'ai bon espoir d'y arriver prochainement. D'ailleurs, nous avons lancé notre activité dans une petite usine temporaire. Sur ce projet, j'espère ne pas être déçu à l'arrivée car ce serait une perte pour les deux parties. Je crois que le bon sens finit toujours par gagner. Nous attendons l'aboutissement du dossier avec les autorités marocaines, sans doute durant l'été, pour boucler complètement le projet. On le fera savoir à ce moment-là.

Que s'est-il passé ?

Nos négociations avec les autorités n'ont pas été aussi vite qu'espérées. Nous avons aussi pris du retard dans l'achat du terrain sur Midparc et dans la construction du bâtiment. Pour ne pas perdre de temps, comme je vous l'a indiqué nous avons déjà démarré une activité de production dans un bâtiment transitoire sur une autre zone proche de l'aéroport en attendant un transfrt sur Midparc dès que le bâtiment sera fin prêt.

Que change la création de Stelia?

A la suite de la fusion entre Sogerma et Aérolia, nous aurons donc deux usines. Celle de l'ex-Maroc Aviation qui appartenait à Sogerma et une usine à venir dans la zone franche de Midparc avec une activité différente de la première.

Comment va évoluer cet usine ex Maroc Aviation ?

Par rapport au schéma initial, nous faisons évoluer l'activité de ce site qui va monter en gamme en termes de composites. Actuellement, nous y fabriquons du composite classe 3 et dans les années à venir l'ex Maroc Aviation va monter en gamme et faire de la classe 2 et pourquoi pas de la classe 1.

Et dans l'usine transitoire ?

Nous y disposons d'un effectif d'une cinquantaine de personnes. Progressivement avec les sorties de promotion de notre personnel en fromation à l'Institut des métiers de l'éronautique (IMA), la montée en puissance ira crescendo. Nous atteindrons notre vitesse de croisière entre 2016 et 2017.

Qu'allez-vous faire concrètement dans votre future usine sur Midparc ?

Essentiellement des activités d'assemblage pour l'Airbus 320 qui sont actuellement réalisées en France. Nous aurons aussi une activité de cintrage de tuyauterie, là aussi fabriquée en France ou chez nos sous-traitants et de l'usinage de longues pièces de profilés, une nouvelle activité au Maroc.

Vous aviez annoncé l'an dernier pour l'usine Stelia Aerospace un projet de 40 millions d'euros et 400 emplois à créer. Ces chiffres ont-ils évolué depuis ?

Nous restons sur ces objectifs.

Vous avez également un site en Tunisie où devait se réaliser une extension que vous avez préféré conduire au Maroc, allez-vous mettre en stand-by le développement de ce site tunisien ?

J'ai été très clair à ce sujet et ce depuis le départ, je m'en suis d'ailleurs exprimé auprès du ministre de l'industrie tunisien, le projet initial d'Aérolia était effectivement de faire une tranche 2 en Tunisie. Les réflexions ont fait qu'on a décidé de diversifier nos investissements, de ne pas de tout faire en Tunisie et de réaliser aussi une usine au Maroc. Mais, nous sommes très contents du site tunisien qui va continuer à croitre.

Allez-vous mettre en synergie vos implantations au Maroc et en Tunisie ?

Il n'y aura pas de transfert d'activité de Tunisie au Maroc. Ce qui était initialement prévu comme gros investissement supplémentaire en Tunisie devrait se faire au Maroc. Les sites au Maroc et en Tunisie ne sont d'ailleurs pas en compétition l'un par rapport à l'autre. Ils ne feront pas les mêmes choses et seront complémentaires. Avec la fusion Sogerma-Aérolia, on a arrêté les duplications dans les usines françaises, ce n'est pas pour en créer entre la Tunisie et le Maroc.

Stelia achète 75% de ce qu'il produit. Comment va évoluer votre stratégie d'approvisionnement ?

Le chiffre d'affaires du groupe est de 1,8 milliard d'euros et on achète pour 1,3 milliard d'euros de produits et de services soit effectivement les trois quart de notre activité. Cela implique l'entrainement de tout un écosystème. Pour un emploi créé dans une usine de Stelia Aérospace, on peut avoir 2 ou 3 emplois créés dans la chaine des sous-traitants. Dans nos usines, le but n'est pas de faire venir des pièces d'ailleurs mais de les produire localement. Nous avons d'ailleurs incité nos sous-traitants soit à augmenter leur capacité au Maroc, soit à venir s'y installer. C'est un modèle qui a bien fonctionné en Tunisie et que nous voulons dupliquer au Maroc.

Cela implique-t-il un développement de l'écosystème aéronautique du Maroc ?

Quand on voit, l'implantation de Bombardier et la nôtre très probable, il faut que l'écosystème marocain grossisse de manière à accompagner justement ces Tier1 pour avoir un écosystème industriel capable d'alimenter les usines de cette taille.

Propos recueillis par Nasser Djama

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