Economie

"Ce qui se passe dans l'usine Goodyear Amiens-Nord ne me surprend pas", assure Pascale Boistard

Astrid Gouzik , ,

Publié le , mis à jour le 07/01/2014 À 16H52

Entretien Sur le site de l'usine Goodyear Amiens-Nord, dont le processus de fermeture a été lancé il y a un an, le ton monte. Depuis le lundi 6 janvier, deux cadres dirigeants sont séquestrés par la CGT. Ils ont finalement été libérés dans l'après-midi du mardi 7 janvier mais la CGT a annoncé l'occupation de l'usine. Le syndicat réclame de meilleures conditions financières de départ pour les salariés. L'Usine Nouvelle a interrogé Pascale Boistard, rapporteure de la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale relative aux causes du projet de fermeture de l’usine et à ses conséquences sociales et environnementales.

Ce qui se passe dans l'usine Goodyear Amiens-Nord ne me surprend pas, assure Pascale Boistard © casey.marshall - Flickr c.c.

L'Usine Nouvelle - Aviez-vous pressenti que la situation allait dégénérer à ce point entre les syndicats et la direction ?

Pascale Boistard - Je n’avais pas prévu que la situation dégénèrerait… mais ce qui se passe en ce moment ne me surprend pas. Nous l’avons pointé dans le rapport : depuis plusieurs années, le climat social est tendu. Si les syndicats sont durs, la direction l'est aussi. Ce n’est pas une nouveauté. Gilles de Robien (alors maire d’Amiens) qualifiait déjà la direction du site de "dure et hermétique" en 1999.

Et l’attitude de Michel Dheilly, le directeur de production de l’usine qui est séquestré, n’a pas contribué à apaiser la situation.

Qui est responsable de cette dégradation de la situation ?

Depuis plusieurs années, il y a eu un pourrissement de la situation. Après la dernière enquête de l’inspection du travail, relative aux risques psychosociaux, le substitut du procureur a été saisi au titre de l’article 40 du Code Pénal. La Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi), dans son courrier adressé à la direction de Goodyear, fait part d’une situation alarmante.

Par exemple, les salariés étaient convoqués pour 8h de travail et seules 2h étaient effectives. Sur le temps restant, aucune procédure de formation ou autre n’avait été mise en place. De quoi rendre la situation difficile pour les salariés qui savaient que leur usine allait fermer.
Il y a des responsabilités du côté de la direction qui a refusé de mettre en place un dialogue social transparent.

Comment sortir de cette situation de crise, selon vous ?

Dans le rapport, nous préconisions de réunir tout le monde autour de la table. Arnaud Montebourg a essayé de le faire avec Titan. Mais j’ai toujours été très dubitative quand à une reprise de l’usine avant fermeture par l’américain.

Désormais les salariés veulent être licenciés dans la dignité. J’espère qu’une solution sera trouvée pour sortir de cette impasse.

Propos recueillis par Astrid Gouzik

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1 commentaire

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07/01/2014 - 21h33 -

Une solution qui permet à tous les ouvriers de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord de s'engager pour leur avenir.
Points positifs:
-l'usine est déjà équipées avec les matériaux spécifiques à la fabrication de pneus
-les ouvriers sont qualifiés
-la logistique est déjà en place
Il faut que les ouvriers de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord créent un collectif (comme un COPE) et cherchent ensemble le capital-risque.
Avec ce budget, l'usine pourra vendre des pneus en France selon un modèle de B2B (business to business).
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