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L'Usine Santé

Ce qui se joue dans l’accord de compétitivité mené par Sanofi

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Mercredi 14 octobre se tenait une réunion tendue entre Sanofi et ses syndicats. A l’ordre du jour : l'"accord de compétitivité" proposé par la direction du groupe pharmaceutique pour rendre les usines françaises plus compétitives dans la compétition mondiale.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

 

Mercredi 14 octobre s’est tenue une réunion un peu musclée entre Sanofi et ses partenaires sociaux. En amorçant un mois plus tôt un échange sur les "orientations stratégiques" de SWI (son activité industrielle Pharmacie regroupant douze usines et 5 000 salariés, sur les 27 000 que compte le groupe en France), la direction de Sanofi ne s’attendait pas à une telle réaction.

L’objectif était de se montrer "plus détaillés à la demande de nos syndicats, afin que nos équipes comprennent mieux où l’on veut aller à trois ans", assure un porte-parole. Mais l’"accord de compétitivité" proposé a suscité l’inquiétude de plusieurs syndicats, la CFDT majoritaire au sein du groupe l’estimant "inacceptable".

Ne pas toucher au temps de travail

C’est le choix des termes qui a particulièrement crispé, rappelant les "accords compétitivité-emplois" proposés par Nicolas Sarkozy et mis en place par plusieurs groupes pour éviter des licenciements. "Des entreprises ont pu prendre ce type d’accord dans des situations négatives, mais il ne s’agit pas de ça, insiste le porte-parole. L’outil industriel français est stratégique pour Sanofi, tout le monde en est convaincu. Nous voulons négocier ensemble les conditions du succès pour l’avenir".

Comment ? En passant des accords sur différents volets: formation, polycompétence…  La direction assure ne pas vouloir toucher au temps de travail, simplement l’organiser pour être plus productif.

L’objectif serait de réduire au maximum les temps de non-production des équipements. Mais, les besoins et enjeux de chaque usine étant très différents a-t-il été rappelé aux syndicats ce 14 octobre, l’idée serait de laisser aux sites leur indépendance pour négocier ensuite des accords locaux. Cela inquiète les syndicats. Quelques sites, comme l’usine de Compiègne, semblant plus exposés. Elle avait déjà été évoquée dans le projet Phoenix envisagé par le précédent dirigeant de Sanofi, Chris Viehbacher pour "réduire l’empreinte industrielle du groupe en Europe". Un projet abandonné depuis.

"Un plan stratégique à l’échelle mondiale"

Mais le groupe souhaite "réduire les écarts de performance avec les sites de l'Europe de l'Est" et "améliorer la productivité de 20-25%", selon le document présenté en septembre. "Il y a des usine françaises plus compétitives que celles d’Europe de l’Est, assure un porte-parole. Ce n’est pas un problème de salaire, il y a d’autres leviers. Il ne s’agit pas d’opposer les uns aux autres, mais d’apprendre des sites les plus performants. Car nous sommes dans une compétition mondiale".

Le groupe pharmaceutique indique ainsi mener ce "plan stratégique à l’échelle mondiale et pour chacune des activités industrielles de Sanofi. Nous avons la même dynamique de compétitivité partout ! On se doit de préparer l’avenir de notre outil industriel en particulier la France, d’où SWI exporte à 80%".

La restructuration de la R&D dans les mémoires

Alors que sa base industrielle et ses effectifs sont encore très fortement implantés en France, Sanofi n’y réalise plus que 8% de ses ventes sur un marché pharmaceutique en petite forme. Le groupe a néanmoins investi depuis cinq ans "1,6 milliard d’euros dans nos usines françaises, dont 1,3 milliard dans les biotechnologies", rappelait son directeur industriel et patron France Philippe Luscan à L’Usine Nouvelle en janvier. Mais au sein de l’activité SWI, plusieurs usines sont dédiées à la production de vieilles molécules ayant déjà perdu leurs brevets.

Aucune suppression d’emploi n’est évoquée. Mais la douloureuse restructuration de l’activité R&D en 2012 est encore dans les mémoires. "Face à cette demande de négociation, la CFE-CGC voudrait obtenir des garanties sur le maintien de l'emploi de tous les sites en France, sur une période  qui reste à discuter", indique le syndicat. Chez Sanofi, on propose de se donner quelques mois pour discuter.  Prochain rendez-vous le 3 novembre.

 Gaëlle Fleitour   

 

 

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