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L'Usine Santé

"Ce qui manque à la valorisation, c’est l’amplification d’un écosystème"

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Entretien A l’occasion du forum organisé ce jeudi par l’incubateur Paris Biotech Santé, son président Axel Kahn s’est confié à L’Usine Nouvelle sur les grands enjeux à venir pour la recherche et ses liens avec l’industrie.

Ce qui manque à la valorisation, c’est l’amplification d’un écosystème © D.R.

L’Usine Nouvelle - Qu’est-ce qui vous a amené à changer de regard sur la valorisation de la recherche ?
Axel Khan - Ces dernières années, je me suis beaucoup intéressé aux conditions de réussite d’entreprises scientifiques issues de la recherche. En réalité, les échecs sont extrêmement nombreux. En travaillant sur la typologie de ces échecs, je me suis rendu compte qu’il manquait quelque chose pour obtenir une linéarité entre la recherche non finalisée, la recherche finalisée et le développement : les éléments d’une fusée à trois étages que je préconisais auparavant.

Ce qu’il manque, c’est un système amplificateur, comme il en existe dans les circuits électriques. C’est le rôle-clé de l’écosystème. Paris Biotech Santé est un des modèles possibles d’interface de cet écosystème sur lequel il faut se pencher.

Une proposition pour favoriser cet écosystème ?
Je me suis présenté aux élections législatives dans la 2e circonscription de Paris, mon adversaire était François Fillon. J’avais peu de chances de l’emporter, mais j’ai beaucoup réfléchi, si j’étais élu député, à ce que j’essaierais de faire pour dynamiser la création de richesses dans cette grande circonscription du savoir et du pouvoir en France. Sur huit IDEX, cinq se trouvent dans cette circonscription ! Sans compter Normale Sup, l’Ecole de physique-chimie, Necker, les universités Paris 5 et Paris 7…

Malheureusement, pour des raisons économiques, énormément de beaux lieux publics sont libérés dans le quartier, mis sur le marché et cédés à des investisseurs étrangers. Or dans le monde entier, comme au MIT par exemple, les entreprises s’installent à côté des centres universitaires. Il faut allouer ces espaces aux entreprises !

Que pensez-vous des outils de valorisation de la recherche comme les SATT ?
Il y a un problème majeur. On ne peut pas à la fois créer des outils de valorisation adossés aux Idex, les SATT, et essayer en même temps de créer une structure chapeau à laquelle collaborent toutes les agences de valorisation des organismes de recherche (CNRS, Inserm…). Lorsqu’on regarde le modèle de financement, la tendance a été de placer les organismes de recherche en aval des SATT.

Ces dernières sont chargées des premières étapes de la valorisation, qui coûtent de l’argent et n’en rapportent pas, alors que les étapes en aval peuvent éventuellement en rapporter. Les SATT ont été bien dotées, mais, dans le modèle proposé, ce sont des ensembles qui ne peuvent que consommer leur dotation et ne peuvent pas être pérennes. Il faut réussir à stabiliser le système.

Qu’attendez-vous des Etats généraux de la recherche, qui débutent la semaine prochaine ?
Il faut mettre de la simplicité. Le mouvement "Sauvons la recherche" est parti de l’université Paris Descartes. J’ai suivi ces enjeux de très près. Depuis 2004, les réformes ont toujours consisté à rajouter une couche, sans jamais retirer la couche antérieure. Conséquence, on arrive aujourd’hui à des millefeuilles d’une complexité incroyable !

La France n’est pas mauvaise pour ajouter de nouvelles structures, elle est absolument défectueuse pour en enlever. Malgré les conditions difficiles et la situation économique actuelle, il faudrait parvenir à voir tous les acquis des années passées, ce qui vaut la peine d’être conservé, et enlever tout ce qui fait double emploi.

Quelles priorités voyez-vous ?
J’en vois notamment deux. Lorsqu’on a créé les universités autonomes et les fondations universitaires, on s’est ingénié en même temps à favoriser la création de coopérations scientifiques internes aux universités. Ces dernières se sont positionnées comme des rivales des fondations universitaires pour essayer de récolter des fonds à injecter dans l’enseignement supérieur. C’est absurde ! Car cela rend dans le même temps impossible de fluidifier - or c’est extrêmement important - les relations avec le secteur privé et leurs investissements dans l’enseignement supérieur par l’intermédiaire des fondations.

Autre exemple : il faut s’entendre sur la place des Labex - créés dans le cadre des investissements d’avenir - et des unités mixtes de recherche. Aujourd’hui, tout est incertain, ce sont des éléments de tension à tous les niveaux.

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