Ce que proposent les fabricants de médicaments pour éviter les ruptures de stocks

Les Entreprises du médicament (Leem) estiment que plusieurs mesures de communication et d'uniformisation et la définition de priorités sont nécessaires pour éviter une rupture des stocks de médicaments. 

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Ce que proposent les fabricants de médicaments pour éviter les ruptures de stocks
Le nombre de signalements de risque de rupture et de rupture de stock est passé de 44 en 2008 à 538 en 2017.

Anti-infectieux, médicaments du système nerveux, anticancéreux ... Ces types de médicaments sont particulièrement touchés par les ruptures de stock, en augmentation ces dernières années, affirme Les entreprises du médicament (Leem), le syndicat professionnel. Le nombre de signalements de rupture et de risque de rupture de stock sur les médicaments majeurs (MITM) est passé de 44 en 2008 à 538 en 2017.

La première cause de rupture de stock, selon le Leem, est le rapport entre la demande et la capacité de production (25 %). La demande mondiale est en forte croissance dûe, par exemple, à des campagnes de vaccination en Chine et dans certains pays d’Afrique de l’ouest notamment.

Des cycles de production extrêmement longs

Les problèmes liés à la production des médicaments et à l’approvisionnement du principe actif représentent 20 % et 15 % des causes de rupture. La chaîne d’approvisionnement du médicament est particulièrement complexe car de très nombreux acteurs entrent en jeu. "La fragilité de la chaîne d’approvisionnement repose aussi sur le fait que 80 % des principes actifs sont fabriqués hors de l’Union européenne, en Chine, en Inde et en Asie du sud-est, explique Thomas Borel, directeur des affaires scientifiques du Leem. Certains cycles de production sont aussi extrêmement longs et peuvent atteindre deux ans pour certains vaccins."

Plusieurs plans de gestion de pénuries ont déjà été instaurés depuis 2011 comme la mise en place d’un appel d’urgence pour permettre aux pharmaciens de joindre les exploitants à tout moment. En 2016 ont été définis les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), une liste de médicaments dont la rupture "met en jeu le pronostic vital des patients à court ou moyen terme, ou représente une perte de chance importante pour les patients", selon les termes du code de la santé publique. Leurs stocks font l’objet d’une surveillance renforcée.

Une liste de médicaments prioritaires plus restreinte

Pour le Leem, la première mesure à prendre est de "limiter les MITM pour pouvoir être plus efficace", assure Thomas Borel. Les MITM sont choisis selon des critères très larges établis par les laboratoires eux-mêmes. La liste englobe de nos jours presque la moitié des médicaments. Le Leem propose de dresser une liste de médicaments plus restreinte pour accélérer le processus d'approvisionnement.

Ceux-ci seront choisis si leur rupture entraîne un risque vital ou immédiat pour les patients souffrant d’une pathologie grave en absence d’alternative thérapeutique. Cela représenterait par exemple 10 % des médicaments anticancéreux, le troisième type de médicament le plus touché par les ruptures de stocks.

Les recommandations du Leem

Autre source de frustration pour le Leem : le choix des médicaments hospitaliers est réalisé par appel d’offres uni-attributaire, seule une entreprise remporte le contrat. Le Leem propose de multiplier les attributions des appels d'offres afin de favoriser la disponibilité des médicaments en besoin urgent. La baisse des prix en ville a aussi un impact négatif. Le consommateur est plus enclin à acheter des médicaments à prix bas, créant ainsi un risque de rupture de stock, alors même que "les conditions d'exploitation et les molécules coûtent de plus en plus cher", souligne Thomas Borel.

Les autres préconisations du Leem sont de soutenir les sites européens et "idéalement rapatrier les sites de production de principes actifs en Europe", ajoute Philippe Lamoureux, directeur général du Leem. Mais aussi d’améliorer le suivi des ruptures à l’échelle européenne et la communication de l’état des stocks entre industriels, pharmaciens et médecins. Ces derniers n’ont aucune information sur ces données.

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