Ce que préconise la Stratégie nationale du transport aérien pour booster la compétitivité

Le ministère des Transports a présenté le 8 mars sa stratégie nationale du transport aérien en quatre axes. L'Usine Nouvelle a fait le point sur les objectifs de compétitivité du secteur.

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Ce que préconise la Stratégie nationale du transport aérien pour booster la compétitivité
La ministère des Transports a présenté un document concluant les Assises nationales du transport aérien

Après un an de travail et de discussions avec tous les acteurs de l'aviation civile, le ministère des Transports a présenté vendredi 8 mars sa stratégie nationale du transport aérien. Un document qui dresse le panorama du secteur.

Mise en place d'un observatoire des coûts de touchée

Selon des chiffres de la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande, un million de passagers supplémentaires crée 1 200 à 1 400 emplois pour une compagnie aérienne basée en France, contre 300 à 400 si elle se situe ailleurs. Un enjeu de taille, qui pousse le gouvernement à prendre des mesures.

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Cette année, la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) - l'administration centrale de l'aviation civile - mettra en place un "observatoire des coûts de touchée" des aéroports français afin de mesurer leur positionnement concurrentiel par rapport à leurs homologues européens. Il permettra également de mieux comprendre les facteurs compétitifs liés aux redevances et aux coûts de navigation, et d'agir en conséquence. L’analyse des données recueillies influencera les politiques d'ouvertures et de fermetures des lignes et des bases aériennes.

Les compagnies aériennes bénéficieront d'une baisse de charges de 68 millions d'euros, selon la loi de finances 2019 votée fin 2018, qui s'ajoute à une première réduction fiscale datant du 1er avril 2018 et représentant 50 millions d'euros. Soit un total de 118 millions d'euros, en partie pris en charge par les exploitants des plus grands aéroports (comme Paris-CDG, Paris-Orly, et Lyon Saint-Exupéry). Ceci réduira d’autant la charge pesant à terme sur le passager, estime le rapport.

Renforcement de l'Autorité de Supervision indépendante

Le document encourage également le gouvernement à renforcer l’indépendance et les pouvoirs de régulation de l’Autorité de Supervision indépendante (ASI). Régulatrice économique indépendante, l’ASI homologue les tarifs des redevances des aéroports accueillant plus de cinq millions de passagers par an, et donne son avis sur les projets de Contrats de régulation économique (CRE) conclus entre l’État et les exploitants. Elle est considérée comme "un maillon indispensable dans l’équilibre des relations entre les acteurs" qui "participe à préserver la compétitivité du transport aérien".

Autre objectif, faciliter les démarches et procédures des entreprises du transport aérien. Parmi les dernières mesures, la numérisation des services de la DGAC et la mise en place d’un service en ligne de paiement des taxes aéronautiques, plus de coopération entre les organismes en charge de la sécurité de l'aviation civile, et une refonte de la formation des agents de sûreté.

Une convention collective commune

A l’horizon 2030, 25% des effectifs du secteur aérien partiront en retraite, et le besoin de recrutement net sera de 22 000 emplois. Pour y répondre, l’État compte mettre en place un Engagement de développement de l’emploi et des compétences (EDEC) pour la branche du transport aérien. Il négociera également la création d’une convention collective pour tout le secteur avec les partenaires sociaux, afin d’inclure les 30 000 salariés (sur 100 000) actuellement non couverts. Une mesure qui devrait permettre de mieux lutter contre le dumping social et "d’aborder des sujets de fond qui ne peuvent se traiter que dans un ensemble commun tels que l’emploi, la prévoyance-santé ou le dialogue social".

Enfin, les effectifs de la DGAC seront renforcés afin d’améliorer sa capacité à repérer les fraudeurs et de renforcer la collaboration des services pour les contrôles.

Le rapport se penche également sur les défis environnementaux, sur les nouveaux enjeux d'aménagement du territoire incombant à l'aviation civile, et la préparation du transport aérien de demain.

Le secteur de l’aviation civile pèse lourd dans l’économie française. Il représente 3,8% du PIB et 1 142 000 emplois directs et indirects, et génère 90 milliards d’euros de chiffre d’affaires (dont 49 milliards d’euros pour la construction aéronautique), ce qui en fait le premier contributeur au solde positif du commerce extérieur français. L’aviation participe également au positionnement de la France comme première destination touristique mondiale (environ 90 millions de visiteurs en 2018), et est un outil économique indispensable pour le pays, 8ème exportateur mondial de 2017.

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