Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Santé

Ce que les industriels de la santé vont demander à Ayrault

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Conseil stratégique et premier contrat pour son comité de filière : l’industrie de la santé est à l’honneur, ce vendredi 5 juillet. Et compte bien profiter de ces espaces de dialogue avec le Premier ministre et trois membres de son gouvernement pour se faire entendre.

Ce que les industriels de la santé vont demander à Ayrault © Roche

Les entreprises citées

Enfin ! Ce vendredi 5 juillet, l’industrie de la santé - un des quatre secteurs d'avenir jugés prioritaires par le président de la République - l’attendait avec impatience. Car deux grands rendez-vous sont au programme : le Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) présidé par le Premier ministre, et la signature du premier contrat du Comité stratégique de filière des industries et technologies de santé (CSF), lancé en mars dernier par trois ministres (Arnaud Moutebourg pour le Redressement Productif bien sûr, mais aussi Marisol Touraine pour la Santé, et Geneviève Fioraso pour la Recherche).

En novembre 2012, Jean-Marc Ayrault avait dit vouloir sortir définitivement de "l'ère du soupçon" induite par l'affaire Mediator, et rétablir "un espace de dialogue stratégique à très haut niveau qui intègre les trois dimensions que sont la recherche, la santé et la politique industrielle". " Nous souhaitons ouvrir une nouvelle période d’offensive de relocalisation et de recherche dans notre pays ", avait complété Arnaud Montebourg en mars dernier. Les industriels les attendent donc au tournant, avec quelques priorités.

Simplifier les études cliniques

Lors de l’installation du CSF en mars dernier, le gouvernement s’était engagé à simplifier les procédures pour les essais cliniques de médicaments. Car ces phases de tests sur l’homme, indispensables dans la mise au point d’un médicament, ont été divisées par deux en moins de dix ans dans l'Hexagone. Rétrogradant la France du deuxième au cinquième rang européen pour la part de sa population incluse dans des essais, affirme l'Association française des sociétés de recherche sous contrat (AFCROs). Pour rétablir la compétitivité hexagonale, elle formule donc sept mesures "simples, rapides et chiffrées". Comme de créer un guichet réglementaire unique et dématérialisé pour l'approbation des essais cliniques, ou d’unifier le taux du Crédit d'impôt recherche (CIR) entre acteurs du public (qui bénéficiaient d’un CIR de 60%) et du privé (CIR limité à 30%).

Rattraper le retard en automédication

Les laboratoires le rappellent sans relâche : il faut combler le retard de la France dans l’automédication, ces médicaments – remboursables ou non – vendus sans ordonnance. En alignant notre pays sur ses voisins européens, on pourrait faire économiser 1,5 milliard d'euros par an à l'assurance-maladie, assurent-ils. Comment ? En "délistant" plus de médicaments. Selon l’observatoire européen sur l’automédication que vient de mettre en place l’Afipa (l’association des industriels de l’automédication) avec Celtipharm, "53 molécules actuellement commercialisées en France seraient potentiellement éligibles pour une utilisation en automédication".

Déployer la télémédecine à grande échelle

"Les médicaments, actes, diagnostics et dispositifs médicaux innovants, la télémédecine, permettent de développer par exemple la chirurgie ambulatoire et l'hospitalisation à domicile, domaines dans lesquels le retard français est considérable. Cette indispensable modernisation est aujourd'hui bloquée par les freins administratifs", dénonçait Marc de Garidel, le vice-président du CSF, dans une tribune publiée le 25 juin dans Les Echos.

En mars, le CSF a isolé trois caps technologiques sur lesquels porter les efforts de recherche et d’industrie dans les années à venir : la médecine cellulaire et régénératrice, la médecine personnalisée et la télémédecine. Le groupe de travail dédié à cette dernière préconise donc de créer un comité transverse associant acteurs institutionnels, industriels, professionnels de santé et patients. Il jouerait le rôle de guichet-unique pour aider des porteurs de "projets-champions" à déployer leurs solutions de télémédecine sur une plus grande échelle. Et trouver enfin un modèle économique.

Soutenir la filière des dispositifs médicaux

Alors que leurs produits ont des cycles de vie beaucoup plus courts que les médicaments, les fabricants de dispositifs médicaux appellent à raccourcir leurs délais d’évaluation et d’accès au marché. Stéphane Régnault, le nouveau dirigeant du Snitem, leur syndicat, n’exclut pas non plus de réfléchir à "comment l’achat public peut soutenir l’innovation des entreprises françaises. Sur ce sujet, nous partons de rien !" Mais il ne milite pas en faveur d’un fonds pour financer les pépites du secteur - à l’image d’Innobio dans les médicaments, cofinancé par le FSI et les big pharmas-, une mesure pourtant validée lors du précédent Csis, en janvier 2012. Car le tissu industriel des dispositifs médicaux est majoritairement composé de PME, qui auraient du mal à mettre au pot…

Limiter les baisses de prix

Le médicament ne totalise que 15 % des dépenses de santé… mais il représente une source d’économies idéale pour les gouvernements de droite comme de gauche. Baisses de prix, maîtrise des volumes et montée en puissance des génériques : le futur projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2014 devrait impacter les industries de santé à hauteur d’un milliard d’euros. Pas question. "Un match se joue en deux mi-temps. Pour nous, la seconde a lieu à l’automne avec le PLFSS. Des mesures court-termistes comme nous en avons connu ces deux dernières années, de baisses des prix et d’accroissement de la régulation, détruiraient les avancées du CSIS et du CSF", alertait Hervé Gisserot, le président du Leem, le syndicat de l’industrie pharmaceutique, dans une interview au Figaro le 1er juillet.

Gaëlle Fleitour

Les industries de santé en chiffres
En 2012, le marché français du médicament est entré en récession pour la première fois de son histoire, en chutant de 2,3%. Et devrait s’effondrer de 3 à 4% cette année. Signe des difficultés rencontrées par les laboratoires pharmaceutiques dans l’Hexagone, 27 plans de sauvegarde de l’emploi sont en cours. Cela n’empêche pas l’industrie française du médicament d’avoir enregistré 52,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires global en 2012, en croissance de 5,5%, grâce aux exportations, qui représentent près de la moitié de ses ventes. Et, plus globalement, les industries de santé de représenter plus de 100 000 emplois directs et indirects, dont près de 22 000 dédiés aux métiers de la recherche et développement. Secteur phare pour les différents gouvernements, la santé a aussi bénéficié de plus de 3 milliards d'euros dans le cadre du programme des investissements d'avenir.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle