Ce que les DRH pensent du sommet social

Le président de l'association nationale des DRH, Jean-Christophe Sciberras décortique pour L'Usine Nouvelle les pistes lancées à l'occasion du sommet social organisé ce 18 janvier, à l'Elysée. Pour lui, tout ce qui favorise le dialogue dans l'entreprise est un facteur de compétitivité.

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Ce que les DRH pensent du sommet social

L'Usine Nouvelle - Le sommet social devrait proposer des changements en matière de chômage partiel. Vous êtes à la tête de l'ANDRH. Quelle est la position des DRH sur ce sujet ?
Jean-Christophe Sciberras - D'après les informations dont on dispose, il serait question de réduire les durées de traitement des autorisations par l'administration. Cela va bien sûr dans le bon sens. Quand une entreprise va mal, elle a intérêt à ce que son cas soit traité en urgence. Je connais bien l'administration du travail pour y avoir travaillé : la célérité de traitement du chômage partiel n'est pas toujours LA priorité qu'elle devrait être.

La proposition de maintenir la rémunération du salarié en chômage partiel pendant la période de formation est aussi une bonne idée.

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Que pensez-vous des mesures en faveur des accords de compétitivité emploi, qui permettraient de réduire salaire et/ou temps de travail pendant une période donnée, en échange d'engagements de maintien de l'emploi ?
La situation actuelle où une fois un accord signé entre les partenaires sociaux, il faut en plus obtenir la signature de chaque salarié ou le licencier, n'est pas satisfaisante. L'entreprise qui veut réduire les salaires temporairement souhaite éviter de licencier les salariés concernés.

Pour le DRH, cette situation est une vraie complication. Il faut imaginer que le chef d'entreprise demande à son DRH de négocier un plan pour éviter un plan social. Le DRH propose un accord de compétitivité. Il négocie avec les syndicats, ce qui n'est pas facile. Imaginez qu'il arrive à un accord et finalement le refus de certains salariés oblige à les licencier. Bien des DRH peuvent être tentés, au vu de ces difficultés, à faire d'emblée un plan social. Tout ce qui contribue à mettre le dialogue social au cœur de la stratégie de l'entreprise est une bonne chose.

Vous-mêmes, vous êtes DRH d'un groupe international. Comment estimez-vous la qualité du dialogue social au sein des entreprises ?
Pendant la crise de 2008/2009, en Allemagne et en Grande Bretagne, des réductions momentanées des salaires ont été négociées. Elles ont pu atteindre 10 % sans baisse du temps de travail. Dans les deux cas, la baisse de salaires était limitée dans le temps, pour s'adapter à la conjoncture. La France fait vraiment figure d'exception.

Faut-il assortir cette possibilité de contraintes, comme, par exemple, l'engagement de ne pas licencier pendant la période où les salaires sont baissés ?
Cela me semble normal. Si les salariés acceptent une baisse de leurs salaires, il faut qu'ils aient en échange des garanties. Ce sacrifice ne peut pas être inconditionnel. De toute façon, quelle que soit la solution apportée par le sommet du 18, les négociations sur ces sujets avec les partenaires sociaux resteront difficiles en France : ils seront très vigilants sur les contreparties.

Pour vous, à quel signe pourra-t-on dire que le sommet est réussi ?
Si à l'issue du sommet, les partenaires sociaux décident de se revoir pour négocier sur les différents points. Tout ce qui contribue à améliorer le dialogue social est une bonne chose.

Partagez-vous l'analyse de l'Institut de l'entreprise qui estime qu'un bon dialogue social est un facteur de compétitivité ?
Oui. Un dialogue social de qualité est un facteur de compétitivité. Je vous le redis : au-delà des mesures qui seront prises le 18 janvier, ce qui compte c'est d'avancer sur cette question. En France, il faut dépasser certains blocages qui handicapent les entreprises. L'ANDRH a fait des propositions en ce domaine : nous souhaitons que le dialogue social évolue, qu'on revoit le nombre des institutions représentatives du personnel. Des simplifications sont indispensables. Le "mille feuilles" actuel des Instances représentatives du personnel ne favorise personne et sûrement pas la qualité et l'efficacité du dialogue social.

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