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L'Usine Maroc

Ce que François Hollande va faire à Tanger

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Le Président de la République doit se rendre en voyage officiel dans la cité du détroit ce week-end. Un séjour devant être marqué par plusieurs entretiens approfondis avec Mohammed VI. Et la visite de plusieurs chantiers structurants de Tanger, dont le TGV ou le port TangerMed. Les deux chefs d'Etat doivent lancer un appel à la réussite des négociations climatiques qui se déroulent à Paris cette fin d'année et à Marrakech l'an prochain.

Ce que François Hollande va faire à Tanger
François Hollande et Mohammed VI le 3 avril 2013 à Rabat
© elysee.fr

Une "visite de travail et d'amitié". C'est en ces termes peu "habituels" que se déroulera la visite de François Hollande au Maroc ce week-end, entre deux pays marqués, selon le terme consacré d'une relation forte et "particulière à tous les niveaux" fait-on valoir dans l'entourage de l’Élysée.

sur deux jours presque complets à Tanger

Ce déplacement fait toutefois suite à une année 2014 marquée par des tensions diplomatiques entre les deux pays suite à la tentative de convocation par la Justice française  d'Abdellatif Hammouchi chef de la sécurité marocaine en 2014 à l’occasion d'un séjour à Paris.

Une crise qui a trouvé une issue par la signature d'un nouvel accord de coopération judiciaire conclu en début d'année et ratifié par les deux parlements.

Autre singularité, ce voyage officiel se déroulera sur deux jours presque complets à Tanger. L'occasion de marquer les liens économiques forts entre les deux pays.

Tanger, ville emblématique du développement économique du royaume, a été ces dernières années le réceptacle de très importants investissements français à commencer par l'usine Renault de Melloussa. Le groupe Bouygues a participé pour sa part à la construction du port TangerMed et de nombreux équipementiers (Valeo, Snop, Mecachrome...) qui sont installés sur la zone franche TFZ.

La visite de l'usine Renault ne figure pourtant pas au programme officiel, pour des raisons pratiques semble-t-il.

Au plan diplomatique, ce voyage, le deuxième et sans doute le dernier de François Hollande au Maroc avant la fin de son quinquennat, sera l'occasion de plusieurs rencontres en tête à tête avec son homologue marocain.

Après la reprise de la coopération judiciaire entre les deux pays cette année, les sujets de sécurité, de lutte contre le terrorisme et la situation au Proche et Moyen-Orient constituent la toile de fond de ce déplacement.

François Hollande ne sera cependant pas accompagné de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, absorbé par la crise des réfugiés en Europe.

une forte composante économique

En revanche, quatre ministres doivent être du voyage : Laurent Fabius ministre des Affaires étrangères, Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, Myriam El Khomri, ministre du Travail, Najat Vallaud Belkacem, ministre de l'Education nationale. Ces deux dernières ayant, on le sait des racines marocaines. Elizabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale et native de Marrakech sera du voyage tout comme Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe (IMA).

Outre Mohammed VI, François Hollande sera reçu au Palais des hôtes royaux par Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement et les présidents des deux chambres.

Après la "rencontre de haut niveau" de mai dernier entre les chefs de gouvernement à Paris (occasion de signature de nombreux accords économiques) et un colloque CGEM Medef a cette occasion, le déplacement du président de la République sera marqué par une forte composante économique.

La France, on le sait, est de loin le premier investisseur au Maroc avec un stock d'IDE de plus de 8 milliards d'euros, soit la moitié de l'ensemble des investissements européens dans le royaume. Presque toutes les grandes entreprises françaises sont implantées au Maroc qui compte 750 filiales d'entreprises françaises. Ces échanges nourris se sont encore renforcés en juin avec la concrétisation du projet d'une implantation d'une usine PSA à Kénitra à 200 km au sud de Tanger.

En matière d'échanges, fait nouveau, la France accuse désormais un léger déficit commercial vis à vis du Maroc, conséquence notamment de la montée en puissance de l'usine Renault et de ses exportations de véhicules Dacia vers l'Hexagone.

Les deux chefs d’État doivent inaugurer samedi après-midi le centre de maintenance du futur TGV marocain situé à Tanger, un projet conduit par l'ONCF avec la SNCF et sa filiale commune d'ingénierie avec la Ratp, Systra.

Pour rappel, Alstom titulaire du contrat a déjà livré au Maroc deux des douze rames du futur TGV marocain, dont la dernière est réceptionnée début septembre.

François Hollande doit aussi rencontrer les chefs d'entreprises français dimanche matin ainsi que la communauté française de Tanger (celle-ci est estimée à 3 000 sur 50 000 résidents français au Maroc) au consulat général de France de Tanger situé près la médina.

l'appel de Tanger

Ce dimanche les deux chefs d'État poseront par ailleurs la première pierre du futur Institut de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (IFMEREE) de Tanger. Un projet en partie financé par l'Agence française de développement (AFD) qui s'inscrit dans le fort développement des énergies renouvelables (éolien et solaire) au Maroc.

À cette occasion, François Hollande et Mohammed VI devraient lancer "l'appel de Tanger"  pour la réussite des négociations climatiques à l'approche du sommet de la COP 21 à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochains.

Un appel qui aura une résonance particulière. Alors que la France assurera la présidence de la COP21, le Maroc prendra la suite avec celle de la COP22 dont la réunion plénière doit se dérouler du 7 au 18 novembre 2016 à Marrakech.

François Hollande terminera son voyage dimanche par une visite du port de TangerMed en compagnie du roi, initiateur de cette infrastructure majeure pour le royaume qui a radicalement transformé l’économie nord du pays, une région longtemps délaissée.

L'occasion, promet-on d'une "photo de famille" sur le belvédère. Sous le soleil. Il ne devrait pas pleuvoir à Tanger ce week-end.

Pierre-Olivier Rouaud

Quelques patrons du voyage
Cette visite de François Hollande à Tanger ne sera pas l’occasion d'un programme dédié ou d'un colloque entre les patronats des deux pays comme en 2013 lors de la première visite du président français.
Néanmoins, des dirigeants de grandes entreprises françaises seront du voyage dont des représentants de Veolia, Suez, Egis ou Renault. Guillaume Pepy président de la SNCF sera pour sa part présent. Egalement du voyage, Xavier Beulin, co-président du groupe des chefs d'entreprises France-Maroc et patron du groupe Avril, implanté au Maroc avec sa filiale Lesieur Cristal.
En matière de coopération économique, il n'est pas à attendre d’orientation nouvelle de ce voyage. Celui-ci devrait simplement conforter les directions évoquées ces dernières années : la colocalisation ou le développement conjoint vers l'Afrique subsaharienne.

 

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