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Ce qu’il y a sous la première pierre de l’Alliance solaire posée par Hollande et le Premier ministre indien

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Le président français François Hollande et le Premier Ministre indien, Narendra Modi, posent ce lundi 25 janvier la première pierre du futur siège de l’Alliance solaire internationale lancée par l’Inde à l’ouverture de la COP21. Un outil au service de la massification du solaire.

Un organisme international sans grand intérêt  de plus ? La visite en Inde du président français François Hollande est l’occasion pour Narendra Modi, le Premier Ministre indien, de célébrer ce 25 janvier la pose de la première pierre du futur siège de l’Alliance solaire internationale (ISA), dans la banlieue de New Delhi.

Une manière de poursuivre sur la lancée franco-indienne de l’ISA, qui a été créée officiellement le 30 novembre dernier en marge de l’ouverture de la COP21 par Narendra Modi et François Hollande. Au-delà des belles déclarations et sous les ors de la diplomatie internationale se trouvent les ingrédients d’un déploiement massif du solaire dans les pays du Sud.

La paternité de l’ISA revient à Narendra Modi, qui semble miser sur l’énergie solaire pour concilier croissance économique et limitation des émissions de CO2. Le Premier Ministre a ainsi fixé le cap de 100 gigawatts d’installations photovoltaïques en Inde d’ici à 2020. Seul moyen de s’en approcher : attirer d’énormes quantités de capitaux étrangers et favoriser la baisse du coût de cette énergie.

L’ISA en est le moyen. L’Alliance doit fédérer les efforts d’une centaine de pays en développement situés entre les tropiques du Cancer et du Capricorne pour créer un marché gigantesque – 1 000 gigawatts visés d’ici à 2030 -, transparent et homogène en matière de conditions de construction de parcs solaires. A la clé : la venue en masse d’énergéticiens, d’industriels et de financeurs du photovoltaïque dans les pays de l’Alliance.

Une autre alliance, d’industriels et de financiers

La démarche est d’autant plus prometteuse que ces acteurs internationaux du solaire y sont associés. Parallèlement à la genèse de l’ISA, et avec le discret mais efficace lobbying d’une ex-PME française, Solairedirect, rachetée l’été dernier par Engie, s’est construite une autre alliance, d’industriels et de financiers : l’initiative Terrawatt.

Lancée conjointement à l’ISA lors de la COP21 par Gérard Mestrallet, le PDG d’Engie en présence notamment de Blackrock, premier gestionnaire d'actifs au monde, l’initiative vise à aider l’ISA à élaborer ses outils et ses plans d’action. C’est aussi un engagement : celui d’apporter l’essentiel des quelque 1 000 milliards de dollars qui seront nécessaires à l’installation des 1000 gigawatts (soit 1 térawatt) visés par l’ISA.

Gérard Mestrallet, aussi présent à l’inauguration du chantier du siège de l’ISA , a signé ce lundi au nom de l’initiative Terrawat un memorandum d’entente avec le "Medef" indien – la Federation of Indian Chambers of Commerce and Industry -  en vue d’un  "marché global commun de l’énergie solaire abordable", selon un communiqué de Terrawatt. Engie vient de remporter avec Solairedirect 140 MW de projets solaires en Inde et en vise 2 000 d'ici à 2019. L’ISA aura du mal à se borner à un "sous-machin".

Manuel Moragues

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1 commentaire

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02/02/2016 - 14h16 -

Ces déclarations de bonnes intentions et promesses surdimensionnées correspondent à l'illusion que nos dirigeants politiques et économiques voudraient nous donner d'une relance de l'économie.

Une question indélicate: à quelles économies vont bénéficier ces appels d'offres massifs dans les pays du Sud?
Indice 1: plus de 80% des capacités de production de cellules/modules solaire PV sont localisées en Chine et à Taiwan.
Indice 2: l'installation de modules PV bénéficie principalement à l'économie locale (ce qui est une très bonne chose pour l'Inde et les pays partenaires de l'ISA).

Celà dit, cette initiative louable s'apparente à un outil effectif de mise en application des promesses de financement de la transition énergétique des pays du Sud par les pays du Nord. Ce qui est un point positif en regard de l'incapacité de réguler les marchés de permis d'émissions de CO2 ou de mettre en place une taxe carbone au niveau international.
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