Economie

"Ce nouvel impôt anéantit la compétitivité", selon Alain Lacour, DG d’une société innovante dans le monde du paiement

Publié le , mis à jour le 02/10/2013 À 16H35

Sommaire du dossier

"Je suis le DG d'une société de 60 salariés en France pour un chiffre d'affaires de 36 millions d'euros. J'ai payé 4 millions d'euros d’IS en 2012. Autant que Google France qui réalise 1,2 milliards de CA sur la France. 11% de l’impôt de Google+Amazon+Microsoft+Facebook. Trouvez l’erreur ! et que dire de Paypal installé au Luxembourg. Je me bats tous les jours contre des américains installés en France qui évadent via l’Irlande.

J’ai fait le calcul : l’impôt sur l’EBE c’est 130 000 euros par an à notre niveau. [ndlr : en fait cette société ne paiera pas de taxe EBE puisque son CA est inférieur à 50 millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle va même voir sa fiscalité baisser cette année (hors CICE) puisqu'elle ne paiera désormais plus l'IFA. Cependant, ses donneurs d'ordres pourront faire pression pour répercuter leur hausse d'impôt sur ses marges]

Soit le salaire de 2 ingénieurs que j’irai embaucher dans un autre pays ou que je n’embaucherai pas et je perdrai de ma compétitivité.

C3S = 58 000 euros. Là encore un ingénieur en moins.

CST : 244 000 euros

Taxe d’apprentissage : 16 000 euros dont une misère arrive à l’école que j’ai choisie. Et mes vœux sur la partie apprenti n’ont pas été respectés. L’école a été flouée. J’ai du réclamer mais je ne sais pas si je serai entendu. Une chose est sûre : ils ne seront plus dans les vœux 2014.

Plan d’intéressement : 20% de cotisation employeur au lieu des 2% il y a peu (et en passant de 8 à 20 brutalement). Où est l’incentive sur la performance ? J’ai distribué 580 000 euros en 2013. Je compte réduire le montant de l’enveloppe lors de la prochaine négociation en durcissant les règles de calcul. Les salariés seront perdants.

L’entreprise ne peut indéfiniment tout supporter. Ce nouvel impôt est synonyme de compétitivité anéantie face à des étrangers qui trichent légalement dans une Europe qui se laisse dépouiller. Nous mourrons à petit feu. Nos élus n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise. Je n’ai jamais mis les pieds à l’ENA et j’en suis heureux. C’est triste de voir ce gâchis."

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