Casil Europe veut vendre ses parts dans l'aéroport de Toulouse

TOULOUSE (Reuters) - La société de droit français Casil Europe, issue du consortium chinois Symbiose, souhaite vendre sa participation de 49,99% au sein de la société Aéroport de Toulouse-Blagnac en réaction à la décision de l’État français de conserver ses 10,01% au capital d’ATB, l'empêchant ainsi de devenir majoritaire, a-t-on appris mardi de source proche du dossier.
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Casil Europe veut vendre ses parts dans l'aéroport de Toulouse
La société de droit français Casil Europe, issue du consortium chinois Symbiose, souhaite vendre sa participation de 49,99% au sein de la société Aéroport de Toulouse-Blagnac en réaction à la décision de l’État français de conserver ses 10,01% au capital d’ATB, l'empêchant ainsi de devenir majoritaire. /Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau

Selon le quotidien régional La Dépêche du Midi, qui a révélé l'information, la valorisation demandée atteindrait 500 millions d'euros, alors que Symbiose avait mis sur la table 308 millions lors du rachat en 2015, et la banque d’affaires Lazard a été mandatée pour trouver un acquéreur.

Un porte-parole de Casil Europe a refusé de confirmer l'information, parlant de "rumeur", sans cacher que la politique de distribution de dividende soit une source de tensions entre l’actionnaire privé et les actionnaires publics locaux.

Un accord a été conclu en décembre pour y remédier, a-t-il toutefois expliqué.

"La question des dividendes a été source d'incompréhension dans le passé entre les actionnaires. Cet accord voté par 100% des actionnaires va apporter l'harmonie au bénéfice de l'aéroport et de sa région", a dit le porte-parole.

Depuis le rachat de 49,99% des parts de la société ATB en avril 2015, les dividendes se sont élevés à 20 millions d'euros en 2016 (dont 15 puisés dans les réserves) et à 7,85 millions d'euros en 2017, ce qui a soulevé la colère de plusieurs élus et associations opposés à cette privatisation partielle.

Casil Europe vise un retour sur investissement de 3 % par an et s'est fixé d’atteindre un résultat net annuel de minimum 20 millions.

Cet accord sur les dividendes a été adopté à l’unanimité par les membres du conseil de surveillance, représentants de Casil Europe et des actionnaires publics, la chambre de commerce et d’industrie de Toulouse, Toulouse Métropole, la région Occitanie et le département de Haute-Garonne qui détiennent toujours 40 % du capital d’ATB.

TRAFIC RECORD EN 2018

L’État français conserve les 10,01% restants après avoir renoncé en février 2018 à exercer son option de vente.

"Cet accord consiste à définir une politique, une doctrine, sur la base du plan d’affaires sur les cinq prochaines années. On considère qu’on peut distribuer le résultat net, normes françaises, aux actionnaires sous réserve d’approbation chaque année, au vu des comptes", a déclaré à Reuters Charles Champion, président du conseil de surveillance d’ATB qui a succédé l’été dernier à Anne-Marie Idrac. "L’ordre de grandeur est l’intégralité du résultat net."

"En fonction des résultats, on pourra prélever jusqu’à 100 % mais l'accord prévoit en revanche que l’on ne puise plus dans les réserves et que l’on préserve la capacité d’autofinancement de la société", a confirmé Bernard Keller, représentant de Toulouse Métropole au conseil de surveillance.

L’aéroport de Toulouse-Blagnac a également annoncé mardi un trafic record de 9,6 millions de passagers en 2018.

"Avec un trafic de 9,6 millions de passagers, en hausse de 3,9%, l'aéroport de Toulouse a réalisé en 2018 une année exceptionnelle et historique en matière de performance, de nouveautés, de changements. Jamais nous n'avons transporté autant de passagers", a déclaré mardi Philippe Crébassa, président du directoire de la société Aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), gestionnaire de la plate-forme.

Troisième aéroport régional depuis 2017 derrière Lyon et Nice, Toulouse-Blagnac a vu son trafic international croître de 7,1 %, dopé par les compagnies low cost qui représentent actuellement 42 % de sa fréquentation.

Pour la première année, Easyjet s’est imposée comme la première compagnie de la plate-forme devant Air France avec 2,5 millions de passagers contre 2,4 pour l'opérateur français.

Engagé dans un programme de grands travaux depuis 2017 pour répondre aux normes européennes, l’aéroport devrait boucler son dernier exercice avec un chiffre d’affaires de plus de 150 millions d’euros, en hausse de 5 % avec une augmentation du même ordre pour le résultat d’exploitation.

(Johanna Decorse, édité par Yves Clarisse)

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