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L'Usine Maroc

"Casablanca Finance City, c'est déjà 101 entreprises labellisées", selon son DG Saïd Ibrahimi

Publié le

Entretien A l'occasion du passage à Paris de Said Ibrahimi, directeur général de Casablanca Finance City (CFC),  L'Usine Nouvelle fait le point avec lui sur les développements de de la Cité financière. Ce cadre juridique ad hoc assorti de facilités en terme de changes, de fiscalité ou de visas de travail, vise à attirer à Casablanca les entreprises financières et les sièges sociaux des entreprises internationales opérant sur le grand nord ouest africain. Du BCG à Clifford Change en passant par AIG, Société générale, Ford, Wendel ou MasterCard, des dizaines d'entreprises ont répondu présent.  Vont-elles réellement développer leurs affaires à partir Casablanca ? Saïd Ibrahimi répond.

Casablanca Finance City, c'est déjà 101 entreprises labellisées, selon son DG Saïd Ibrahimi
Said Ibrahimi, DG de Casablanca Finances City
© FlickR CC

L'Usine Nouvelle : Où en est Casablanca finance City en ce début 2016 ?

Said Ibrahimi : Nous avons terminé l'année 2015 à 101 entreprises adhérentes labellisées CFC. Ce résultat est conforme au plan de développement. La bonne réponse que nous rencontrons au niveau du marché nous ravit. D'autant plus que nous avons désormais parmi nous les premiers grands groupes asiatiques comme le chinois Huawei. Comme vous le savez aussi, Casablanca a été choisi mi-2014 par la BAD pour accueillir son important fonds en infrastructure Africa50. C'est une grande marque de confiance car la compétition avec d'autres places comme Johannesburg a été rude.

Quels sont les enjeux pour 2016 ?

Nous n'avons pas encore atteint la phase de maturité mais sommes en pleine croissance. CFC a comme impératif de densifier son écosystème et faire en sorte que celui-ci s'inscrive dans un cercle vertueux autoalimenté. Un fonds d'investissement a besoin d'une banque d'affaires qui elle-même a besoin d'un service professionnel jurdique et ainsi de suite. Un siège de multinationale regarde des opportunités de développement d'acquisitions par exemple et nécessite une banque d'affaires et aussi de consultants etc. Les briques sont là. Il faut les densifier.  

Quels vont être pour vous les moteurs de la croissance ?

C'est un mix entre les apporteurs de capitaux, les sièges sociaux et les services professionnels. En "legal services", les plus grands sont presque tous là et ceux qui n'y étaient pas commencent à nous approcher.

La montée en puissance de CFC devrait souffrir du contexte financier mondial très incertain ?

Il est de fait très perturbé. A ce stade, on note un impact fort du prix des matières premières sur l'Afrique. Mais ce continent reste malgré tout à moyen et long terme une terre d'opportunités. Les acteurs ayant cette vision ne vont pas être freinés par les soubresauts à court terme.   

Concrètement, diriez-vous que les affaires ont été peu actives au cours du dernier semestre à Casablanca ?

Non, Pas vraiment, je vous assure.

Pourtant ,a bourse de Casablanca ne parvient pas à décoller... quel impact sur CFC ?

Le marché boursier marocain ne se porte pas bien contrairement au secteur financier au Maroc. Mais écoutez, notre bourse est dans une phase de refonte totale. Démutualisation, nouveaux textes, nouvelles entreprises cotées, partenariats pour avoir des entreprises africaines cotées en simultané avec les places africaines, voilà ce qui est devant nous. Ce sont les premières briques élémentaires à poser pour dynamiser le marché. Mais il faut travailler sur l'offre, la demande, la liquidité, l'infrastructure de marché etc. Tous ces éléments de base sont nécessaires pour avoir une bourse performante en 2016, 2017, 2018 et au dela.

La série de problèmes de gouvernance en termes de droit et conduite des affaires qu'a connu le Maroc l'an dernier comme la non exécution de l'arbitrage opposant Fives à Ynna, la Samir n'honorant pas ses engagements, la CGI retirée inopinément de la cote, ne créent-elles de la défiance de la part des investisseurs ?

Votre question comprend deux volets. Le cas des entreprises qui ne tiennent pas leurs engagements est du ressort de la vigilance du régulateur de la bourse en amont et de la fermeté des sanctions devant les dérapages. Je note que l'esprit de la nouvelle loi qui va créer l'Autorité marocaine des marchés de capitaux est un point fort du futur dispositif à travers même l'existence d'un collège dédié à la gestion des sanctions. Ceci n'exonère pas des accidents de parcours passés ou à venir mais ces accidents ne remettent pas en cause toute l'infrastructure juridique et financière du Maroc.

Ne sentez vous pas une défiance vis-à-vis de la sécurité juridique au Maroc  ?

C'est un point qui peut être évoqué par certains, mais tout est à l'oeuvre pour démontrer le contraire. En ce qui concerne les entreprises labellisées CFC en particulier, nous avons créé les moyens pour cela avec au tribunal de commerce de Casablanca, une chambre dédiée à CFC. Certains juges ont été formés à ces mécanismes financiers. Nous avons mis en place un centre d'arbitrage avec une loi qui est en train d'être revue. Le principe d''exéquatur étant inscrit dans la loi.

Quant aux cas actuels que vous évoquez, avec même les dispositifs juridiques existants, même les plus grosses affaires vont finir par être inévitablement exécutées ou solutionnées. La loi existe. Elle donne des droits aux uns et aux autres. Si les affaires se déroulent dans le cadre de la loi, elles finiront par aboutir sans que cela ne traine indéfiniment. C'est la force du droit. Cependant, vous le savez bien, dans des litiges importants, les arguties juridiques sont utilisées partout. Et cela n'est pas spécifique au Maroc.

Enfin, où en est le projet immobilier de cité financière?

Il prend forme, mais vous savez CFC est un cadre juridique qui est distinct de ce projet, même si nous nous y retrouverons in fine avec la bourse notamment. La finalisation des travaux est prévue je pense vers 2018-2019.

Propos recueillis par Pierre-Olivier Rouaud

 

 

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