[Cas d'école] Circuits courts, les producteurs de saumons s'y mettent aussi

La société AMP Saumon de France parie sur les circuits courts. A terme, elle entend même vendre directement au consommateur 50% de son poisson. En matière d’aquaculture, un tel objectif nécessite cependant des investissements, du temps et une dose de bonne volonté. Démonstration.

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[Cas d'école] Circuits courts, les producteurs de saumons s'y mettent aussi

Un saumon naturel peut traverser 1000 kilomètres de cours d’eau pour se rendre à ses frayères. Celui élevé en Norvège ou en Ecosse parcourt aujourd’hui autant de distance pour arriver dans nos assiettes mais … en bateau ou en camion. "Quelque 85% des poissons consommés en France sont importés. C’est aberrant !", soulignait Pascal Goumain, président d’AMP Saumon de France, en décembre devant des scientifiques, des consultants et des étudiants réunis par l’Ecole de Paris du Management. Ce patron est bien décidé à développer le "Made in France" et les circuits courts. Pour réduire les distances, il compte sur la vente directe aux particuliers, destinée à représenter la moitié de ses ventes !

Digue artificielle

Tout commence sur les bords de la Manche, à Cherbourg. Une ferme marine de 15 hectares, capable de recevoir 3 000 tonnes de saumons, se plie en quatre pour recréer l’impression des cours d’eau tantôt calme, tantôt tempétueux grâce à un courant naturel généré par la mer et une grande digue artificielle pour protéger l’élevage des mauvaises conditions météorologiques. Les particuliers viennent faire le plein, les restaurants haut de gamme aussi. "Les valeurs nutritionnelles de ce saumon premium sont comparables aux poissons sauvages avec un taux de graisse similaire", insiste Pascal Goumain. Mais le circuit court ne tient pas seulement à la proximité de la ferme marine mais à tout un procédé de développement durable appelé aquaponie. Derrière ce néologisme se cache une technique insolite et innovante de production de poissons qui fonctionne en circuit circulaire. Elle unit la culture des végétaux et l’élevage des poissons dans d’immenses bacs. Les déjections des poissons fournissant les minéraux aux plantes. "Le hors-sol est peut-être la réelle voie pour l’aquaculture de demain", affirme Pascal Goumain. "Avec la même quantité d’eau, nous produisons des fruits, des poissons, des légumes, et les déjections créent un engrais 100% naturel à mes plantes", ajoute le président d’APM. Pas besoin de terre, c’est un système très bien adapté à la ville. Elever des saumons en ville, c’est désormais possible !

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Bon pour la planète, pour l'entreprise et pour l'acheteur

Mais pour l’heure, AMP mise sur le B to C, Business to Consumer en application du fameux win-win-win, bon pour la planète, pour l’entreprise et pour l’acheteur. Il s’agit pour Pascal Goumain de diminuer les coûts de distribution et d’être au plus proche du consommateur final. Dont acte à Asnières-Sur-Seine avec l’ouverture d’un concept Store Les Jardins du Saumonier au marché Flachat, où AMP vend lui-même son poisson élevé en aquaponie. Environ 50 projets sont à l’étude et récemment AMP a été sélectionnée, dans le cadre de l’appel à projets Les Parisculteurs de la Mairie de Paris, pour transformer un centre sportif du 18ème arrondissement en ferme urbaine en aquaponie ! Situé rue des Poissonniers, ce gymnase était prédestiné !

Virginie Gattino et Audrey Taillandier, IPAG Business School

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