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Carton plein pour le terroir marocain à Paris

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Le Maroc s'en tire haut la main au Salon international de l'agriculture de Paris (SIAP) qui se tient à la porte de Versailles du 21 février au 1er mars. La labellisation des produits, la présence de producteurs agricoles, les dégustations, les animations diverses mises en place par l'Agence pour le développement agricole (ADA) ont permis au Maroc d'atteindre largement ses objectifs commerciaux.

Carton plein pour le terroir marocain à Paris
Pour la troisième fois un stand du Maroc est présent sur le salon international de l'Agriculture de Paris. Logé à des fortunes diverses, les 26 exposants marocains tentent de se frayer une place sur un marché des spécialités du terroir.
© linka

Pour la troisième fois, un stand du Maroc est présent sur le salon international de l'Agriculture de Paris. Les 26 exposants marocains bien épaulés par l'agence de développement agricole ont su se frayer une place sur le marché exigeant des spécialités du terroir.

Premier bilan à mi-parcours du salon, les stocks probablement sous-dimensionnés sont pratiquement tous épuisés. "Nous avons déjà atteints nos objectifs au bout de quelques jours de présence sur le salon. Nous avons même demandé à nos exposants de stopper leurs ventes aux particuliers pour réserver leurs produits aux 150 rencontres BtoB réservées pour eux dès ce week-end. Nous ciblons particulièrement les responsables des centrales d’achat de la grande distribution, ceux de l’épicerie fine, des magasins spécialisés bio ainsi que dans la restauration, les chefs cuisiniers" nous confie Khadija Bendriss, directrice de développement de la commercialisation des produits du Terroir marocain.

Il faut dire aussi qu"avant de lancer les exposants dans le grand bain du salon de Paris où ils exposent tous pour la première fois, l'Agence pour le Développement Agricole (ADA) les a encadré avec des formations commerciales et marketing pour les aider à appréhender les attentes de la distribution et des consommateurs européens", explique Mohamed El Guerrouj, directeur général de l'ADA qui a mené la même démarche pour la semaine verte de Berlin en janvier.

Dans le parc de la Porte de Versailles, l'aile dédiée aux "Délices du monde" grouille de monde. Une vingtaine de pays notamment méditerranéens sont représentés avec des stands imposants et attirant autant de monde que les 320 m² réservés à l'espace marocain. Sur une allée proche, l'Afrique subsaharienne est également bien présente. Sur le stand du Sénégal par exemple, les couleurs se confondent avec les odeurs relevées de mafés, cette sauce onctueuse à base de pâte d'arachide qui métamorphose toute viande ou poisson.

Une stratégie de valorisation et de protection des produits PAYANTE

Le stand du Maroc fait recette. Des hôtesses en habit traditionnel tout sourire tentent d'orienter les visiteurs vers les spécialités marocaines : huile d'olive et d'argane, safran, cactus et autres dattes. Les dégustations des chefs marocains arrivent à générer quelques files d'attente pour goûter un couscous marocain de haute facture. Un orchestre folklorique aux sonorités de l'Atlas provoque parmi les visiteurs des photos prises sur le vif.

A deux pas, la société Souss Saffron expose notamment le safran de Taliouine. "Nous avons une coopérative familiale de plus d'une centaine de personnes dans les montagnes du Siroua, entre le Haut-Atlas et l'Anti-Atlas, perchée à 3300 mètres d'altitude. Nous respectons un cahier des charges rigoureux pour utiliser les certifications Appellation d'Origine. Ce positionnement nous permet aujourd'hui de développer notre marché en nouant sur le salon des contacts BtoB", témoigne la gérante de cette société.

Depuis 2008, le Maroc s'est en effet doté d'une loi relative aux Signes distinctifs d'origine et de qualité (SDOQ) qui lui permet de distinguer l'Indication géographique (IG), l'Appellation d'Origine (AO) et le label agricole (LA). Un argument supplémentaire pour les marchés européens.

La présence au salon de l'agriculture à Paris des produits dotés de signes de qualité prend, de plus, cette année un relief particulier. En effet, le Maroc est en passe de conclure avec l’Union européenne un accord de reconnaissance mutuelle en matière d’identification géographique protégée.

Autre produit emblématique du Maroc, l'huile d'argane. Fabriquée, parmi d'autres, par la société familiale privée "Les huiles d'Essaouira" exposante à Paris. cette PME vient de décrocher un prix en Allemagne le 13 février et un autre au Maroc il y a trois mois. Pour se développer, sa gérante est à la "recherche de PME distributrices françaises".

En attente de nouveaux marchés

L'originalité est aussi une arme marketing pour séduire les clients européens. C'est le cas du cactus proposé notamment par la coopérative Sabbar R'hamna qui exploite depuis 2009 le cactus sur 8000 ha dans la région de Marrakech

Les actions de l'ADA
L’Agence pour le Développement Agricole (ADA) a lancé plusieurs initiatives dans le cadre du "pilier II" concernant l'agriculture paysanne du Plan Maroc Vert. Il s’agit notamment de la mise à niveau des coopératives en matière des plans d’affaires et de la modernisation des outils de valorisation et de commercialisation au niveau national  et international. Au total, le Maroc compte 1,5 million d'exploitations agricoles dont la part dans les exportations du pays varie entre 15 et 20% et y contribue à hauteur de 19% du PIB national.

Elle décline ce produit en confiture, filets de raquettes pour des entrées salades et tajines, poudre à fleur, savons, produits cosmétiques divers et même des tisanes à base de fleurs séchées de figue de barbarie . "Nous sommes prêts à exporter nos produits partout dans le monde... dès que de nouveaux contrats seront signés", note le représentant de cette coopérative.

En attente elle aussi de nouveaux contrats, la coopérative Nour de la région de Meknès, expose câpres et caprons, connus pour leurs vertus médicinales et leur exigence en main d'œuvre spécialisée. "Nous sommes déjà en contact avec des importateurs et des grossistes distributeurs français. Nous souhaitons passer à la vitesse supérieure avec des contrats en gros volumes", note le gérant présent sur le stand.

Quant à la Coopérative Drissia, elle exploite depuis 2012 de la menthe verte, pouliot, du géranium, de la sauge, de l'eucalyptus et des huiles essentielles dans la commune de Bni Yagrine, province de Settat dans la région de Casablanca. Elle compte 54 producteurs travaillant sur 750 ha.

Malgré le fait qu'il ne soit pas toujours facile de convaincre les 700 000 visiteurs attendus du salon de Paris, les exposants marocains sont cependant arrivés à tirer leur épingle du jeu.

"En deux jours, j'ai vendu tout mon stock de bouteilles d'huile d'olive et il ne me reste que des produits d'exposition" se félicite le responsable commercial de la société "La ferme rouge" tout surpris par ce résultat. Spécialisée dans la viticulture, cette société venue des plateaux des Zaërs près de Rommani à 60 km au sud-est de Rabat, s'est diversifiée avec succès dans l'huile d'olive avec la marque Zeïna. Manifestement, le voyage valait le détour.

Nasser Djama

Pour valoriser et protéger ses produits du terroir, le Maroc a voté la loi 25-06 relative aux Signes distinctifs d'origine et de qualité (SDOQ) en mai 2008 qui lui permet de distinguer l'Indication géographique (IG), l'Appellation d'Origine (AO) et le label agricole (LA).
Aujourd'hui, les autorités marocaines se targuent d'avoir labellisés 29 produits. Parmi les plus emblématiques,  l'Indication géographique protégée (IGP) "Argane", l'Appelation d'origine protégée (AOP) "Safran de Taliouine" ou encore l'IGP "figues de barbarie d'Aït Baâmrane".

 

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