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Carton jaune pour la centrale nucléaire de Civaux

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L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) surveille avec une vigilance accrue la centrale de Civaux (Vienne) où les règles de sécurité sont observées avec une "souplesse" incompatible avec les exigences de l'activité.

Carton jaune pour la centrale nucléaire de Civaux © EDF

Avertissement pour la centrale nucléaire de Civaux (Vienne). Une responsable de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a indiqué ce jeudi 23 mai que la centrale faisait l'objet d'une suveillance accrue depuis qu'une "souplesse" incompatible avec les exigences de l'activité a été constatée en termes de respect des règles de sécurité.

Une "souplesse avec l'application des règles qui n'est pas acceptable"

Cette "souplesse" n'a pas eu de conséquence sur la sécurité du public et se traduit par une mauvaise application des procédures ou une tolérance trop grande pour les écarts constatés avec les normes en vigueur, a dit à la presse Anne-Cécile Rigail, chef de l'ASN pour Midi-Pyrénées, Aquitaine et Poitou-Charentes, dans des propos rapportés par l'AFP.

Mais depuis des années, l'ASN, autorité administrative indépendante dont une des missions est de contrôler les centrales, a dit à EDF "que le niveau de culture et de rigueur des personnels nous paraissait insuffisant", a-t-elle indiqué en présentant le bilan du travail de l'ASN dans le sud-ouest en 2012. "Le fait est qu'à Civaux, il y a culturellement, parfois, une certaine souplesse avec l'application des règles qui n'est pas acceptable pour un exploitant nucléaire", a-t-elle dit.

Avertissement transmis à EDF

Exemple cité par Anne-Cécile Rigail : une fuite de tritium décelée en janvier 2012. Si l'impact sur l'environnement a été minime, cet incident "illustrait une remontée d'alerte insuffisamment rapide, un traitement inadéquat" de la maintenance des installations, comme le bac de béton censé contenir une telle fuite, a souligné la responsable de l'ASN. En conséquence, l'Autorité a pris la décision relativement rare de sommer EDF de mettre ses installations en conformité et elle a aussi informé la justice.

La centrale de Civaux, au sud-est de Poitiers, se compose de deux réacteurs à eau pressurisée de 1 450 mégawatts chacun. Ils ont été mis en service respectivement en 1997 et en 1999. Comme ailleurs en France, l'ASN devra remettre son avis au gouvernement sur la poursuite d'activité pendant dix ans de Civaux ainsi que pour les réacteurs 1 de la centrale de Blayais et de celle Golfech (Tarn-et-Garonne). Ces avis, consultatifs mais publics, devraient être rendus fin 2013, début 2014, a précisé Anne-Cécile Rigail.

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