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L'Usine Matières premières

[CARTE] Cinq alchimistes français relocalisent le traitement des déchets électroniques

Myrtille Delamarche , ,

Publié le

La filière française de traitement des déchets électroniques présente des lacunes. Quelques PME organisent la résistance à l’exportation en vrac de ces déchets qui valent de l’or.

[CARTE] Cinq alchimistes français relocalisent le traitement des déchets électroniques

Sur le territoire national, un peu moins de 200 sites sont habilités à traiter les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Les grands groupes (Sita, Veolia, Paprec) trient et broient les tonnages les plus importants. Sur ce volume globalement bien géré, les téléphones portables, matériels informatiques, tablettes et leurs cartes électroniques sont le gisement le plus riche, le moins bien valorisé et le plus exporté. Ce sont, résolument, des PME qui innovent pour faire revenir en France les opérations les plus complexes (dépollution, séparation et affinage des métaux précieux et rares), avec pour objectif le traitement local et le réemploi des matières. Tour d’horizon des capacités françaises de valorisation des DEEE, en quatre PME et un réseau d’économie sociale et solidaire.

Les Ateliers du Bocage

Créés en 1992 au sein d’une communauté Emmaüs, les Ateliers du Bocage (ADB) ont développé un savoir-faire sans équivalent en France dans la réparation des téléphones portables. Après une forte croissance entre?2006 et?2010 grâce à des contrats de sous-traitance avec Bouygues Télécom et Orange pour le tri et la réparation de portables, les ADB ont été délaissés par les opérateurs au profit de deux entreprises roumaine (Celltech Mobile Services) et philippine (Eco Asia Tech). À la clé, une perte de chiffre d’affaires de 2?millions d’euros par an et un plan de sauvegarde de l’emploi en février 2016. Un partenariat subsiste avec Orange, qui confie aux ADB, pour recyclage, les mobiles hors d’usage collectés en magasins en France et en Afrique. Mais l’avenir de l’entreprise est « plutôt dans la réparation et la remise en état pour réemploi » en France, pour améliorer les taux de réutilisation des déchets qui nous arrivent, affirme son directeur, Antoine Drouet.

Fédération Envie

Le réseau Envie est né, en 1984, d’une idée simple, celle de faire réparer des appareils électroménagers par des personnes éloignées de l’emploi et de les revendre à bas prix. Mêlant économie sociale et solidaire et économie circulaire, le réseau a élargi ses activités à d’autres métiers, dont le recyclage des DEEE en 2006, à l’entrée en vigueur de la responsabilité élargie du producteur (REP), jusqu’à traiter un tiers des appareils français collectés en fin de vie. Grâce à des partenariats à la fois avec les éco-organismes (Éco-systèmes, Recylum et Ecologic), mais également avec des distributeurs comme Darty et des fabricants comme Philips, la fédération Envie répare ou recycle 100 000 tonnes de DEEE par an.

Weee Metallica

Créée en 2006 à Isbergues (Pas-de-Calais) sous le nom de Terra Nova, cette usine a connu une période de redressement judiciaire après l’effondrement des cours des métaux non ferreux. Rachetée en 2014 par MCC Non Ferrous Trading, filiale du groupe new-yorkais Metallica Commodities qui l’a renommée Weee Metallica, elle est en redéveloppement. Le site traite des cartes électroniques achetées « principalement à l’étranger, faute de gisement en France », reconnaît son directeur, Frédérik Hoedts. Celles-ci sont broyées, déferraillées, puis l’aluminium est isolé. Les broyats sont ensuite introduits dans des fours pour en extraire par pyrolyse tous les métaux d’intérêt, en éliminant les plastiques et les résines. Le pyrolysé, un concentré proche du minerai de cuivre contenant d’autres métaux précieux, est vendu surtout en Asie, faute de capacités d’affinage en France. Weee Metallica vise 16000 tonnes de cartes électroniques pyrolysées en 2017, malgré un arrêt technique pour maintenance d’un coût de 1 million d’euros autofinancé après une année 2016 difficile.

Morphosis

Bénéficiaire du programme Jeune entreprise innovante de Bpifrance, vainqueur du concours mondial de l’innovation 2030 dans la catégorie recyclage des métaux, coup de cœur des Trophées de l’économie circulaire de Pollutec en 2016, la société de Serge Kimbel collectionne les distinctions. Cet ancien de Suez a créé Morphosis en 2008, alors qu’il n’existait aucune capacité française d’affinage des métaux précieux issus des déchets. Il professe un traitement propre, pour contrer les « méthodes de sauvages » de certains concurrents. L’affineur s’appuie sur un réseau de collecte et de prétraitement des déchets électroniques. Il a développé des chaînes mécaniques de broyage, de séparation densimétrique et magnétique et une table de tri, qui précèdent la concentration par traitement thermique (fusion) et la séparation par traitement chimique (hydrométallurgie). Un traitement électrochimique permet, en bout de chaîne, d’obtenir des métaux purs (à plus de 99,9%). Le site a traité, en 2016, plus de 8000 tonnes de déchets informatiques, électroniques et télécoms.

Bigarren Bizi

En pleine augmentation de ses capacités, avec deux tranches d’investissement cette année, la société basque de Stéphane Peys est le dernier-né des sites de traitement des cartes électroniques en France. Bigarren Bizi opère un broyage ultra-fin pour obtenir des poudres aux grains dix fois plus fins que de la farine. Ceux-ci sont ensuite séparés « sans chimie et sans thermie », par gravimétrie (en fonction de leur densité), précise son fondateur. La capacité du site devrait atteindre à terme 10 tonnes par jour. Stéphane Peys espère ensuite répliquer ce process à bas coût (un investissement de 1,5 million d’euros) au plus près des gisements. Il a reçu plusieurs manifestations d’intérêt à l’international.

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