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[Carrières] Jeunes ingénieurs, ne loupez pas votre premier job !

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Chouchous des entreprises, les jeunes ingénieurs ne connaissent pas le chômage. Ils reçoivent souvent plusieurs offres avant la fin de leurs études. Difficile de faire un choix…

[Carrières] Jeunes ingénieurs, ne loupez pas votre premier job !
Grâce à sa première expérience chez un équipementier automobile, Léna Haclin vient de rejoindre Forsee Power, un spécialiste des batteries intelligentes.

Diplômé de l’École centrale de Lille en 2015, Vincent Tsao, 25 ans, a intégré la prestigieuse firme automobile Rolls-Royce, au Royaume-Uni, pour son premier job. « J’y avais réalisé mon second stage de césure en 2014, après avoir postulé en ligne sur le site de recrutement de l’entreprise », explique-t-il. Même s’il souhaitait, à l’origine, intégrer un secteur industriel à haute technologie et s’investir dans la conception et la production de produits complexes, Vincent confie que la rencontre avec le constructeur a relevé du hasard. Son bilan ? « Je suis comblé. J’aimerais revenir en France dans trois à cinq ans après avoir accumulé deux ou trois expériences en Angleterre », dit-il en souriant.

Après la crise financière de 2008 qui n’a pas épargné les jeunes ingénieurs fraîchement diplômés, l’heure est à l’optimisme. Selon la dernière étude annuelle « Insertion » de la Conférence des grandes écoles, trois ans à peine après la fin de leurs études, les ingénieurs ne sont plus que 3,8 % à se déclarer à la recherche d’un emploi. Raison de plus pour prendre le temps nécessaire pour choisir son premier poste dans des conditions optimales. « Tout employeur reconnaît volontiers le droit à l’erreur pour une première expérience. Mais, pour un jeune diplômé, il est important d’entamer sa carrière sous les meilleurs auspices afin de renforcer sa confiance en lui », souligne Romain Doutre, senior manager au sein du cabinet Robert Walters.

Pierre-Alexandre Levy, 25 ans (Insa Lyon), a rejoint Schneider Electric il y a deux ans après un stage de fin d’études chez le géant de la gestion de l’énergie. « J’avais choisi à dessein ce stage et cette entreprise après un large benchmark de firmes travaillant dans des secteurs similaires. Je savais qu’à la clé, il y avait un job correspondant parfaitement à mes attentes, explique-t-il. Certains de mes homologues ne se montrent pas assez sélectifs dans le choix de leur stage de fin d’études. Par conséquent, ils sont décalés et peinent à trouver le bon stage et donc le bon emploi, poursuit-il. Le résultat est qu’ils doivent revoir leurs prétentions à la baisse en termes de responsabilité ou de rémunération. »

Se préparer dès le stage

Selon les spécialistes, le premier prérequis pour un jeune diplômé, quelle que soit sa discipline, consiste à bien définir son projet professionnel et à évaluer ses forces et ses faiblesses (langues, compétences techniques…). « Cela permet de se projeter dans un futur métier et de mieux se vendre en entretien », confirme Romain Doutre. Un CV faisant état d’expériences nombreuses et variées est un avantage non négligeable. «Mon employeur a été sensible au fait que, dans le cadre de mon cursus, outre mes stages obligatoires, j’ai multiplié les interactions avec les entreprises lors des forums et des séminaires organisés dans mon école », témoigne ­Pierre-Alexandre Levy, qui évoque un concours sur les réseaux électriques au cours duquel il s’est forgé un réseau dans le monde industriel.

Diplômée de l’École supérieure des technologies industrielles avancées (Estia), une école d’ingénieurs située à Bidart (Pyrénées-Atlantiques), Léna Haclin, 24 ans, vient de rejoindre Forsee Power, une start-up francilienne en pleine expansion spécialisée dans les batteries intelligentes. «Il s’agit de mon deuxième emploi. Le premier s’est déroulé chez un gros équipementier automobile chez qui j’avais réalisé mon stage de deuxième année et chez qui je suis resté quinze mois. J’y ai eu la chance de traiter des sujets pointus. Cette première expérience en bureau d’études m’a permis d’intégrer Forsee Power, où je travaille à nouveau sur le développement de produits technologiques complexes. »

Responsable carrières et diplômés chez IMT Atlantique (­ex-Mines Nantes - Télécom Bretagne), Nathalie Chelin confie que les anciens diplômés « abordent le choix du premier emploi selon, dans l’ordre, l’intérêt de la mission, les conditions de travail, la rémunération, le secteur et la localisation géographique ». Pour Baptiste Legry, 24 ans, architecte cloud chez AntemetA, un fournisseur de services cloud, et diplômé de Télécom Lille, « un jeune ingénieur doit s’accrocher à ses envies, ne pas prétendre à trop haut avant d’avoir démontré ses capacités ».

Utiliser la force de son réseau

Pour décrocher le premier job de ses rêves, les jeunes ingénieurs ont bien intégré l’impérieuse nécessité de se rendre visibles sur les réseaux sociaux professionnels comme Viadeo et LinkedIn, qui sont de plus en plus utilisés par les entreprises. « Le CV classique et la lettre de motivation sont ”has been”, assure Romain Doutre. Privilégiez LinkedIn, où se trouvent tous les recruteurs, participez à des groupes de discussion. Mieux vaut être actif sur 10 forums de discussion que de répondre à 50 annonces. » Autre moyen efficace, l’utilisation du réseau des anciens. Baptiste Legry a trouvé son bonheur en s’adressant à plusieurs anciens diplômés. « Je souhaitais travailler dans le secteur des services cloud, mais je ne savais pas dans quel domaine précis. Ce premier poste est un mélange d’envie et d’opportunisme. Mon employeur, en acceptant de me mettre le pied à l’étrier, m’a donné un signe de confiance. Si cette “rencontre” est concluante, cela me poussera à m’investir et à continuer à m’améliorer ». ??

« Vous devrez faire vos preuves »


Fatine Dallet,

directrice de la division ingénieurs, achats et supply chain de Michael Page

« Le marché a changé. On trouve moins d’ingénieurs restant quinze ans au même poste dans une société. Ce n’est pas une raison pour changer tous les deux ans. Le salarié passé dans cinq entreprises en dix ans aura du mal à le justifier. Je conseille au jeune ingénieur dans son premier poste de valoriser cette expérience en évoluant dans la structure qui l’emploie. Au bout de cinq ans, il pourra commencer à prospecter à l’extérieur. En France, les recruteurs ont besoin d’être rassurés sur la capacité du candidat à tenir le poste. Il est donc difficile de changer simultanément d’entreprise, de secteur et de fonction. Et cela risque d’être une perte de temps pour le candidat. Dans 80 % des cas, votre nouvel employeur vous proposera un poste équivalent à celui que vous occupiez auparavant. Vous devrez faire vos preuves avant que l’on vous confie des fonctions de management ou des projets plus importants. Mieux vaut utiliser ce temps à soigner votre réseau, en ligne, sur des salons ou lors de rendez-vous avec les fournisseurs et les sous-traitants. Les jeunes ingénieurs ne font pas toujours ça très bien. C’est pourtant le meilleur moyen de décrocher un deuxième poste qui les satisfasse vraiment. » ??

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