Carrefour confie les pleins pouvoirs à Lars Olofsson

par Pascale Denis

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PARIS (Reuters) - Carrefour a donné mardi les pleins pouvoirs à son directeur général, Lars Olofsson, lors d'une assemblée générale tendue, où salariés et petits actionnaires ont exprimé leur mécontentement face à la stratégie du groupe de distribution.

La scission de Dia, la filiale de hard discount du distributeur, qui avait cristallisé l'opposition des syndicats, a été quant à elle approuvée sans difficulté.

"Je suis président du conseil depuis trois ans. Je vais proposer au conseil d'administration que soient réunies les fonctions de président et de directeur général", a simplement déclaré Amaury de Seze, président du conseil, sans plus de précision.

Lars Olofsson aura donc désormais les pleins pouvoirs pour mener à bien son plan de redressement, une décision diversement interprétée par les analystes financiers.

"Cela montre qu'il a le soutien de Blue Capital (le véhicule d'investissement de Groupe Arnault et de Colony Capital)", commente l'un d'entre eux, pour qui cette décision est aussi à double tranchant : "Lars Olofsson sera aussi le seul fusible en cas d'échec".

Un autre analyste estime lui aussi qu'il s'agit là d'un signe de confiance envers le directeur général", tout en soulignant qu'"Amaury de Seze était un président très controversé".

Le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest avait appelé à ne pas renouveler le mandat d'Amaury de Seze, estimant qu'il n'était pas en position de s'opposer aux décisions de Blue Capital, qui détient 14% du capital et 20% des droits de vote du groupe.

Le directeur général a défendu quant à lui son plan de transformation. "Je réaffirme ma détermination envers l'exécution de notre plan stratégique, malgré un environnement difficile", a déclaré Lars Olofsson, défendant son programme qui vise 4,5 milliards d'euros d'économies sur trois ans et la relance commerciale de la marque en Europe grâce à Carrefour Planet.

Il a cependant reconnu que la situation de Carrefour n'était pas satisfaisante, évoquant le changement de patron des opérations en France, les tensions sociales, la suspension du projet de cotation de Carrefour Property et la baisse du cours de Bourse.

"Je comprends les inquiétudes car Carrefour est dans un changement profond", a déclaré Lars Olofsson.

Après trois 'profit warnings' en l'espace de neuf mois, le cours de Bourse de Carrefour accuse une chute de 35% depuis fin septembre.

En Bourse, l'action Carrefour prenait 0,8% à 27,08 euros vers 15h40, tandis que l'indice CAC 40 gagnait 1,2%.

Poussé par les deux grands actionnaires de Carrefour, Groupe Arnault, holding du PDG de LVMH Bernard Arnault, et le fonds Colony Capital, le projet de cotation de Dia avait cependant reçu le feu vert des principaux cabinets de conseil aux actionnaires.

Aux abords du Caroussel du Louvre, quelque 700 salariés de Carrefour étaient venus manifester à l'appel des organisations syndicales pour exprimer leur opposition à la mise en Bourse de Dia et, d'une façon plus générale, à la stratégie et la gouvernance du groupe.

Pascale Denis, avec Marie Mawad et Dominique Vidalon, édité par Jean-Michel Bélot

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