Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Auto

Carlos Tavares attendu au tournant par les syndicats de PSA... et de Renault

Frédéric Parisot , , , ,

Publié le

L’arrivée de Carlos Tavares pourrait s’avérer positive pour PSA Peugeot-Citroën, d’après les représentants des salariés du groupe. Mais l’annonce n’est pas sans susciter des inquiétudes, notamment sur la question de l’emploi en France. Chez Renault aussi, cette nomination inquiète, mais pour d’autres raisons...

Carlos Tavares attendu au tournant par les syndicats de PSA... et de Renault © Nissan

Les salariés de PSA Peugeot-Citroën ont appris ce lundi 25 novembre que Carlos Tavares prendra la tête du groupe à partir de juin 2014. Dans l’intervalle, l’ex numéro deux de Renault deviendra membre du conseil de surveillance aux côtés de l’actuel président Philippe Varin. L’annonce, si elle ne manque pas de susciter des interrogations, est perçue comme un signal plutôt positif par les représentants des salariés de PSA. "Avoir un pilotage à deux têtes, le temps que la question des alliances soit réglée, c’est plutôt rassurant", estime Laurent Gautherat, responsable de la section CFE-CGC du site de Mulhouse (Haut-Rhin).

Carlos Tavares devrait être chargé de la gestion opérationnelle du groupe, pendant que Philippe Varin poursuivra les actions qu’il a engagées dans le but de le recapitaliser. Une prise de fonction progressive qui devrait lui permettre de se familiariser avec cette grosse machine qu’est PSA. "C’est ce qu’avait fait Jean-Martin Folz à son arrivée, et c’est ce qui avait manqué lorsque Philippe Varin a remplacé Christian Streiff", note Franck-Xavier Don, le délégué syndical central CFTC de PSA, pour qui ce remplacement par étapes est facteur de stabilité. "Il est temps d’avoir un patron qui s’inscrive dans la durée, poursuit-il, car nous avons tout de même eu trois patrons en six ans. Aujourd’hui il y a énormément de tension chez les salariés, et pour retrouver une certaine sérénité il nous faut de la stabilité dans la gouvernance, avec une vision claire à moyen et long terme."

Groupe chargé d’inertie recherche stabilité

De la stabilité, c’est en tout cas ce que promet la direction de PSA. "On peut bien sûr se demander, pourquoi changer à nouveau de dirigeant ? Philippe Varin était-il las, désabusé, voire dépassé ?", s’interroge Christian Lafaye, délégué syndical central de Force Ouvrière. Mais le syndicaliste fonde tout de même de l’espoir en Carlos Tavares : "C’était certainement le meilleur candidat, en raison de ses 27 ans d’expérience de l’automobile. Il ne faut pas le condamner d’office, mais nous attendons de voir."

Reste une interrogation : comment un Carlos Tavares imprégné de plus de 25 ans de culture Renault voudra-t-il imposer sa patte chez le groupe concurrent ? "Car c’est ce qui va se passer : même si on nous parle de continuité, on sait bien que chaque nouveau patron veut toujours apporter sa vision personnelle de l’organisation", glisse Franck-Xavier Don. Une chose est sûre, l’ex numéro deux de Renault aura peu de temps pour conduire son analyse du groupe et définir sa stratégie, car il sera attendu au tournant : "Dès son arrivée, nous allons le questionner sur sa stratégie et sur sa vision du groupe à cinq ans et à dix ans", promet le représentant CFTC. Parmi les questions qui lui seront posées : quelle politique salariale voudra-t-il mener ? Quelles activités compte-t-il externaliser ? Quel sera l’avenir des modèles au positionnement Premium ? Et bien sûr, quid de l’emploi en France ?

Manque de “conscience sociale” ?

Chez Renault, Carlos Tavares s’est forgé une réputation de fonceur, capable de lancer de nombreux projets et avec qui tout va très vite... Carlos Tavares. "Toutefois, nos collègues de chez Renault nous disent aussi que c’est quelqu’un qui est prêt à tout pour mener à bien ses projets, sans toujours se préoccuper des aspects sociaux, assure Laurent Gautherat. Si nous lui faisons confiance en ce qui concerne les projets de développement pour l’entreprise, notamment pour tout ce qui touche aux nouveaux programmes véhicules, nos ouvriers ont un grand besoin d’être rassurés sur l’avenir de leurs emplois." Les salariés de PSA ont vu les conséquences de la politique de la marque au losange sur l’emploi local. "Ils savent qu’ils sont encore 74 000, alors qu’il n’y a plus que 40 000 salariés chez Renault en France", rappelle Franck-Xavier Don.

Inquiétudes partagées chez les deux constructeurs

En filigrane perce l’inquiétude que Carlos Tavares applique des recettes apprises chez Renault en matière de low-cost et de délocalisation. Et si les employés de PSA s’inquiètent pour leurs emplois, les salariés de chez Renault s’inquiètent eux pour le positionnement de leur marque. "S’il était parti chez Aston Martin, cela n’aurait posé aucun problème, mais là il part chez un concurrent et il emporte toutes les connaissances du modèle économique de l’entreprise, prévient Bruno Mathiez, représentant CFE-CGC chez Renault. Jusqu’à présent nous étions le seul constructeur à réussir dans le low-cost. Carlos Tavares connaît tout de Dacia…"

La CFE-CGC a d’ailleurs fait récemment une déclaration à la direction de Renault, demandant à ce que soit conduite une évaluation précise des risques pour l’entreprise. Et pas uniquement des risques liés à des questions de confidentialité. "Nous voulons savoir combien le départ de Carlos Tavares va coûter à l’entreprise, poursuit le syndicaliste, d’autant plus qu’à ce jour il fait toujours partie des effectifs et que la question de ses indemnités n’a pas encore été réglée." Renoncera-t-il à ses indemnités comme l'a fait Philippe Varin ?

Frédéric Parisot

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle